Le Sénat américain repousse le vote sur le CLARITY Act à septembre 2026. Le chef de la majorité John Thune (Républicain du Dakota du Sud) a confirmé le 6 août que la chambre « botte en touche » jusqu’à la rentrée parlementaire, les démocrates refusant un vote avant la pause estivale. Le texte phare de régulation des marchés crypto nécessite 60 voix pour passer, un seuil impossible à atteindre sans soutien bipartisan.
Au programme :
- Le CLARITY Act bloqué jusqu’à la mi-septembre faute de compromis éthique et stablecoin, avec un seuil de 60 voix à atteindre.
- La pression des géants financiers comme Fidelity et Charles Schwab s’intensifie pour un vote rapide avant la dérive électorale de novembre.
- Les participations crypto de Donald Trump, estimées à plusieurs millions de dollars, compliquent l’adoption d’un cadre réglementaire promis « à l’épreuve du temps ».
Pourquoi le vote du CLARITY Act est-il repoussé ?
La principale raison est l’obstruction démocrate, que Thune a reconnue sans détour. « Les démocrates insistent pour qu’il n’y ait pas de vote sur le CLARITY Act », a-t-il déclaré. Le Sénat entame une pause d’un mois le 8 août et ne reprendra ses travaux qu’à la mi-septembre. La période de travail sera alors réduite à quelques semaines avant que l’attention ne bascule vers les élections de mi-mandat de novembre.
Cette fenêtre de septembre devient donc le moment pivot pour faire adopter le texte, dans un contexte où Donald Trump a promis un cadre crypto à l’épreuve du temps. Selon une source proche du dossier, la pression des poids lourds financiers comme Fidelity et Charles Schwab pourrait accélérer les discussions durant l’été.
Quels sont les points de blocage persistants ?
Le CLARITY Act achoppe sur plusieurs sujets sensibles depuis plus d’un an. La régulation des récompenses sur stablecoins, qui permettent aux détenteurs de percevoir des intérêts, a cristallisé l’affrontement entre l’industrie crypto et le secteur bancaire. En mai, Jamie Dimon, PDG de JPMorgan Chase, avait qualifié Brian Armstrong, le patron de Coinbase, de « plein de m : » dans une interview sur Fox Business.
Les préoccupations éthiques se sont également intensifiées, alors que le Wall Street Journal avait déjà tiré à boulets rouges avant un vote crucial. Les participations de Donald Trump dans les cryptomonnaies, de son memecoin aux liens familiaux avec World Liberty Financial, sont désormais estimées à plusieurs millions de dollars. Le président examine actuellement une proposition bipartisane des sénateurs Ruben Gallego (Démocrate de l’Arizona) et Thom Tillis (Républicain de Caroline du Nord) qui inclut une clause obligeant les responsables publics et leurs conjoints à se dessaisir d’actifs numériques émis ou sponsorisés. Le volet « finance illicite » reste aussi en discussion, certains parlementaires estimant que le texte n’arme pas suffisamment les agences comme le département de la Justice.
Que peut encore produire la session de septembre ?
Cody Carbone, PDG de la Chambre du commerce numérique, a prévenu que « le combat est loin d’être terminé ». La période estivale va être mise à profit pour trouver les derniers compromis nécessaires à l’obtention des 60 voix, sur fond d’offensive commerciale menée par Trump contre l’UE. Si le Sénat adopte le CLARITY Act, le texte devra retourner à la Chambre des représentants pour un vote conforme avant d’atterrir sur le bureau de Donald Trump.
Le soutien républicain a lui-même montré des signes de flottement. Le texte doit encore convaincre une partie du camp démocrate, ce qui suppose de régler les questions éthiques et de finance illicite d’ici à la mi-septembre. Le calendrier est serré, mais les partisans du texte misent sur la pression de grands acteurs financiers comme BlackRock pour débloquer la situation.
À retenir
Le CLARITY Act ne passera pas avant l’été. La rentrée de septembre et ses quelques semaines utiles avant la dérive électorale de novembre constituent une fenêtre unique. Sans accord sur les volets éthique et stablecoin, le texte risque l’enlisement jusqu’en 2027.
Questions fréquentes
Quel est ce seuil de 60 voix nécessaire au Sénat pour le CLARITY Act ?
Le CLARITY Act est soumis à la règle du filibuster au Sénat américain, qui exige 60 voix pour clore les débats et passer au vote final. Avec une majorité républicaine trop étroite, le texte doit convaincre au moins sept sénateurs démocrates. Sans ce soutien bipartisan, même l’appui total des républicains ne suffirait pas.
En quoi les participations crypto de Trump compliquent-elles le vote ?
Les liens financiers de Donald Trump avec des actifs numériques, dont son propre memecoin et World Liberty Financial, créent un conflit d’intérêts potentiel. La proposition Gallego-Tillis exige le dessaisissement des responsables publics. Résoudre cette question éthique est un prérequis que plusieurs sénateurs démocrates ont posé avant d’envisager leur vote.
Le Sénat peut-il encore adopter le CLARITY Act en 2026 ?
Oui, mais la fenêtre est étroite. Le Sénat reprend ses travaux mi-septembre pour quelques semaines seulement avant que la campagne des élections de mi-mandat ne monopolise l’agenda. Si le texte n’est pas adopté avant la fin octobre, il sera probablement reporté au prochain Congrès en janvier 2027, avec un paysage politique totalement redessiné.
Sources
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