Le CLARITY Act franchit une étape décisive. Le Sénat américain pourrait organiser le markup en commission bancaire dès la semaine du 12 mai 2026, après qu’un accord bipartisan a été trouvé entre les sénateurs Thom Tillis et Angela Alsobrooks sur la question des récompenses de stablecoins. L’action Circle a bondi de 20 % à 119,53 $ le 4 mai, signal que les marchés anticipent une adoption rapide du texte.

En bref

Le compromis Tillis-Alsobrooks distingue les récompenses passives sur stablecoins (interdites, assimilées à des intérêts bancaires) des récompenses actives liées à l’utilisation des plateformes (maintenues). La Maison-Blanche a fixé le 4 juillet comme cible politique. Paul Grewal, directeur juridique de Coinbase, se dit « très confiant » dans une adoption avant la fin de l’été.

Quel est le compromis sur les récompenses de stablecoins ?

Le principal point de blocage portait sur la rémunération des détenteurs de stablecoins. L’accord du 4 mai distingue 2 catégories : les récompenses passives basées sur le solde, interdites car assimilées à des intérêts bancaires, et les récompenses actives liées à l’utilisation effective de la plateforme, maintenues.

Paul Grewal, directeur juridique de Coinbase, a apporté son soutien explicite à cet accord selon The Block. Il a aussi interpellé les associations bancaires, estimant qu’elles n’ont fourni « aucune preuve substantielle » que les récompenses sur stablecoins entraîneraient une fuite des dépôts. Cette prise de position tranche avec la prudence des lobbies bancaires traditionnels, qui restaient le principal obstacle depuis plusieurs semaines. Ce texte s’inscrit dans une dynamique que plus de 100 firmes crypto avaient soutenu publiquement au printemps.

Pourquoi la deadline du 4 juillet est-elle crédible ?

Patrick Witt, conseiller crypto de la Maison-Blanche, a qualifié un vote avant le 4 juillet de « cadeau d’anniversaire formidable pour l’Amérique » selon Crypto Times. La date n’est pas anodine : elle marque les 250 ans des États-Unis, et l’administration cherche à capitaliser politiquement sur un vote perçu comme favorable aux entreprises technologiques.

Le calendrier est serré. Si le markup en commission bancaire se tient cette semaine sans amendements bloquants, un vote en séance plénière peut intervenir en juin. Coinbase, Circle et leurs alliés maintiennent une pression soutenue sur les sénateurs indécis. Rien n’est acquis, mais le momentum législatif reste inédit depuis les premières tentatives avortées de 2022.

Comment Circle profite-t-elle directement du texte ?

Circle, émetteur de l’USDC, est l’entreprise la plus directement exposée à l’issue du vote. Son action a clôturé à 119,53 $ le 4 mai, soit +20 % sur la séance selon Bitcoin.com News. Le CLARITY Act encadrerait légalement l’émission de stablecoins aux États-Unis, donnant un avantage concurrentiel aux acteurs conformes face aux émetteurs non réglementés.

Le texte interdit aussi les stablecoins adossés à d’autres cryptomonnaies, ce qui renforce mécaniquement la position d’opérateurs comme Circle ou Paxos, qui opèrent avec des réserves en dollars ou en bons du Trésor. Cette trajectoire réglementaire rappelle celle de MiCA en Europe, dont Christine Lagarde a évoqué un possible approfondissement. Nouveau record historique pour Circle en bourse. Pas un hasard.

Décryptage La hausse de 20 % de l’action Circle en une seule séance illustre à quel point les marchés considèrent ce texte comme quasi acquis. Mais les associations bancaires n’ont pas dit leur dernier mot : leur capacité à ralentir le processus au Sénat reste entière, comme l’ont montré les précédentes tentatives législatives depuis 2022.

Quels risques subsistent avant le vote final ?

Le soutien bipartisan est réel mais fragile. Plusieurs sénateurs républicains conservateurs restent méfiants vis-à-vis d’un cadre qui légitimerait les stablecoins privés à grande échelle. L’autre variable est le calendrier législatif global : le Congrès jongle avec plusieurs priorités concurrentes en mai et juin.

Un retard en commission suffirait à repousser le vote au-delà de l’été, invalidant la cible du 4 juillet. La situation rappelle les difficultés rencontrées par le régulateur sud-coréen face à son propre agenda de réforme crypto, où les délais institutionnels avaient freiné des décisions pourtant largement anticipées. Le risque n’est pas l’échec du texte, mais son report.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le CLARITY Act ?

Le CLARITY Act est un projet de loi américain visant à encadrer légalement l’émission et la circulation des stablecoins aux États-Unis. Il interdit les stablecoins algorithmiques et les récompenses passives assimilées à des intérêts bancaires, tout en maintenant les récompenses actives liées à l’usage des plateformes.

Pourquoi l’action Circle a-t-elle bondi de 20 % ?

L’accord bipartisan du 4 mai 2026 entre les sénateurs Tillis et Alsobrooks a levé le principal obstacle au vote du CLARITY Act. Circle, émetteur de l’USDC, est directement bénéficiaire d’un cadre légal qui consolide sa position face aux émetteurs non conformes. Les marchés ont réagi immédiatement avec une hausse de 119,53 $ en clôture.

Quand le CLARITY Act pourrait-il être adopté définitivement ?

La Maison-Blanche cible le 4 juillet 2026. Le markup en commission bancaire du Sénat est attendu dès la semaine du 12 mai. Si ce premier filtre est passé sans blocage, un vote en séance plénière est possible en juin. Pour approfondir le calendrier réglementaire américain, lire notre suivi de la législation crypto au Congrès.

À retenir

Le CLARITY Act entre dans sa phase décisive avec un accord bipartisan solide, un calendrier politique fort et le soutien affiché des principaux acteurs du secteur. Le markup en commission bancaire cette semaine constitue le prochain test réel : c’est là que se jouera la crédibilité de la deadline du 4 juillet.

Sources

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