Donald Trump a réaffirmé son soutien à l’industrie crypto cette semaine, promettant de codifier une structure de marché des actifs numériques « à l’épreuve du temps ». Sur Truth Social, il a visé Gary Gensler et ce qu’il appelle l’« armée anti-crypto » pour avoir, selon lui, « quasiment détruit » le secteur. Le CLARITY Act a franchi la commission bancaire du Sénat début mai, mais son chemin vers la promulgation reste incertain.
Au programme
- Trump revendique d’avoir « sauvé » l’industrie crypto et fait des États-Unis la « capitale mondiale de la cryptomonnaie » (Truth Social, mai 2026)
- Le CLARITY Act a passé la commission bancaire du Sénat, mais les analystes jugent son parcours législatif complexe
- L’administration s’engage à bâtir un cadre réglementaire robuste pour éviter une nouvelle ère de répression
Comment Trump justifie-t-il son soutien à la crypto ?
Le président américain a publié un message détaillé sur Truth Social, s’attribuant le mérite du redressement du secteur. Il accuse son prédécesseur réglementaire de l’ère Biden, l’ex-président de la SEC Gary Gensler, d’avoir chassé Bitcoin, les perpetuels crypto et d’autres innovations hors des États-Unis. Trump affirme que son arrivée au pouvoir a inversé cette tendance, présentant l’Amérique comme « la nouvelle frontière de la finance ».
Cette prise de parole n’est pas anodine. Elle intervient alors que le Congrès débat du CLARITY Act, un texte qui vise à clarifier la répartition des compétences entre la SEC et la CFTC sur les marchés d’actifs numériques. Le calendrier législatif est serré : plusieurs projets de loi crypto se disputent l’agenda parlementaire dans un Congrès divisé, et les analystes cités par The Block soulignent que le texte affronte un « parcours complexe » malgré son passage en commission.
« Les constructeurs et les entrepreneurs reviennent aux États-Unis, où ils bénéficieront du cadre le plus solide et le plus innovant au monde. » : Donald Trump, Truth Social, mai 2026 (traduit de l’anglais)
Qu’est-ce que le CLARITY Act, et pourquoi est-il décisif ?
Le CLARITY Act est la tentative la plus aboutie du Congrès américain pour établir des règles claires sur la classification des actifs numériques. Le texte tranche une question qui paralyse le secteur depuis des années : un token est-il une valeur mobilière sous juridiction de la SEC, ou une matière première relevant de la CFTC ? Cette ambiguïté a nourri des années de poursuites judiciaires, notamment contre Coinbase, Ripple ou Binance.
Le projet a franchi la commission bancaire du Sénat au cours de la première quinzaine de mai 2026. C’est un signal politique fort, mais pas une victoire définitive. Le texte doit encore passer par le vote du Sénat en session plénière, puis par la Chambre des représentants, avant d’atteindre le bureau du président. Plusieurs sénateurs républicains expriment des réserves sur certaines dispositions, notamment concernant la protection des investisseurs particuliers, ce qui complique les négociations.
Pour l’industrie, l’enjeu dépasse la simple clarification juridique. Un cadre stable attirerait les capitaux institutionnels hésitant à s’exposer en raison du risque réglementaire. Des entreprises comme Square, rebaptisée Block, ou des gestionnaires d’actifs qui ont posé des dossiers ETF Bitcoin attendent ces règles depuis plusieurs années.
Quels sont les obstacles qui restent devant le CLARITY Act ?
Le parcours législatif présente 3 risques identifiés. D’abord, la concurrence des textes : le GENIUS Act sur les stablecoins mobilise aussi du temps parlementaire, et les deux projets de loi se chevauchent partiellement sur les stablecoins adossés à des actifs.
Ensuite, les désaccords internes au parti républicain sur le périmètre de la CFTC. Certains élus estiment que la commission des matières premières n’a pas les ressources humaines pour superviser un secteur aussi vaste que celui des actifs numériques.
Enfin, le calendrier : le Congrès entre en intersession estivale en août, ce qui réduirait la fenêtre législative effective à quelques semaines. Des fonds comme Ark Invest surveillent de près ces délais pour calibrer leur exposition sectorielle.
La mise à niveau technique compte aussi. La mise à jour Taproot de Bitcoin avait montré que la technologie pouvait évoluer sans attendre la réglementation ; mais les capitaux institutionnels, eux, ont besoin de sécurité juridique pour s’engager à grande échelle.
Décryptage La posture de Trump sur la crypto est à la fois politique et économique. En ciblant nommément Gary Gensler et en revendiquant le « sauvetage » du secteur, il s’approprie un récit favorable à une base électorale tech-libertarienne. Mais la promesse d’un cadre « à l’épreuve du temps » ne vaut que si le Congrès vote. L’histoire récente des projets de loi crypto aux États-Unis invite à la prudence : depuis 2022, pas un seul texte de fond n’a atteint la promulgation.
À retenir
Le CLARITY Act a passé une étape clé au Sénat, et Trump amplifie le signal politique en se posant en défenseur du secteur. Le vrai test arrivera lors du vote en séance plénière, attendu avant la pause estivale. À suivre : les auditions de la CFTC et les déclarations des sénateurs républicains modérés sur les amendements en discussion.
Sources
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HACKS & SÉCURITÉPamStealer vole mots de passe, keychains et wallets crypto
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