BlackRock, premier gestionnaire d’actifs mondial, a officiellement appuyé le CLARITY Act, une loi de restructuration du marché crypto qui pourrait être soumise au vote du Sénat dès le 3 août. Le soutien de Wall Street s’ajoute aux pertes record de 11,4 milliards de dollars liées aux escroqueries crypto en 2025, selon le FBI.

Au programme

  • BlackRock rejoint Fidelity et Schwab pour pousser le CLARITY Act
  • Coinbase anticipe un vote le 3 août, malgré les divisions
  • Letitia James s’oppose frontalement, chiffres du FBI à l’appui

Pourquoi le CLARITY Act est-il le texte crypto le plus scruté de l’été ?

Le Digital Asset Market Clarity Act vise à transférer l’essentiel de la régulation crypto sous l’autorité d’une seule agence fédérale, la CFTC. La Chambre des représentants l’a déjà adopté par 294 voix contre 134 en juillet 2025. Cet élan législatif s’inscrit dans une semaine crypto déjà marquée par une trêve géopolitique et les anticipations de la réunion de la FOMC.

Selon nos sources, BlackRock estime que cette loi renforcerait la protection des investisseurs et l’innovation. Le sujet n’est pas nouveau : en mai, Fidelity et Schwab exigeaient déjà un vote rapide sur ce même texte. L’enjeu dépasse les seuls acteurs crypto : une section protège les banques contre les risques juridiques liés aux actifs numériques, ce qui explique pourquoi plus de 200 firmes crypto ont pressé le Sénat d’agir.

Qui bloque encore le vote espéré par Coinbase ?

L’opposition la plus structurée vient de Letitia James, procureure générale de New York. Elle a transmis lundi un dossier à une commission d’enquête du Sénat. Sa ligne est simple : le texte annulerait les lois étatiques de protection des investisseurs. Une position publique qui rappelle le lobbying intense de Coinbase et Andrew Cuomo pour faire adopter la loi.

Les données du FBI pour 2025 donnent du poids à sa position. Les pertes liées aux escroqueries crypto ont bondi de 22 %, atteignant 11,4 milliards de dollars. La FTC rapporte 1,78 milliard de dollars de pertes, en hausse de 25,6 %. Le volume illicite estimé par TRM Labs atteint 158 milliards de dollars, soit environ 145 % de plus qu’en 2024. Ces chiffres alarmants surviennent alors même que le texte unifié du CLARITY Act reste bloqué sur au moins cinq combats non résolus.

« Les agences locales et étatiques représentent 99 % des forces de l’ordre aux États-Unis. Elles traitent environ 99,5 % des affaires pénales. » : Letitia James, procureure générale de New York

Wall Street en ordre dispersé : qui soutient quoi ?

Le camp du « oui » s’étoffe. BlackRock, dont les transferts massifs de Bitcoin vers Coinbase sont scrutés par le marché, rejoint Coinbase, Fidelity et Charles Schwab. Ryan VanGrack, cadre de Coinbase, a confirmé que BlackRock était désormais « à bord ». Ce ralliement fait écho à l’engagement croisé de BlackRock et Coinbase contre les menaces quantiques, un investissement commun de 15 millions de dollars. Goldman Sachs, par la voix de David Solomon, soutient le texte tout en le jugeant imparfait.

Face à eux, JPMorgan et son PDG Jamie Dimon restent opposés. Au Sénat, le chef de la majorité John Thune a reconnu le 23 juillet que les votes manquaient encore. Les sheriffs américains visent spécifiquement la section 604, qui exclurait les mixers des obligations de transmission de fonds. Une bataille parlementaire que la Maison-Blanche suit de près, ayant réuni les forces de l’ordre pour peser sur les débats.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le CLARITY Act ?

C’est une loi fédérale qui confierait la régulation des marchés crypto à la CFTC. Elle a été adoptée par la Chambre des représentants par 294 voix contre 134 en juillet 2025.

Pourquoi Coinbase pousse-t-il pour un vote le 3 août ?

Coinbase, qui a récemment renforcé sa position en devenant l’opérateur officiel de l’USDC sur Hyperliquid, estime que la Chine construit activement le prochain système financier. L’entreprise veut que Washington fixe les règles avant Pékin.

Le vote est-il garanti avant la pause du Congrès ?

Non. John Thune a déclaré le 23 juillet que les soutiens étaient insuffisants. Trois points restent en suspens : les règles éthiques, l’exemption des mixers et les intérêts sur les stablecoins.

À retenir

Le CLARITY Act entre dans sa phase décisive avec un soutien renforcé de Wall Street. BlackRock et Goldman Sachs pèsent en faveur du texte, mais les procureurs d’État et les sheriffs maintiennent une opposition fondée sur 11,4 milliards de pertes annuelles. Le calendrier se resserre : soit le Sénat vote avant la pause d’août, soit le texte repart pour plusieurs mois d’incertitude.

Sources

Signal Haussier
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