L’administration Trump prépare un décret visant à interdire l’utilisation d’équipements chinois dans les centres de données américains, selon nos informations relayées par Reuters. Cette mesure intervient alors que la consommation électrique de ces infrastructures a bondi de 34 % en trois ans pour atteindre 130 TWh en 2025, élargissant la guerre technologique à un secteur directement lié au minage de cryptomonnaies.

Au programme :

  • 22 % des data centers américains utilisent des équipements chinois, ciblés par le futur décret.
  • Un remplacement par site coûterait en moyenne 2,3 millions de dollars, impactant lourdement les petits mineurs de Bitcoin.
  • Cette mesure prolonge la stratégie de découplage technologique de Trump, après son interdiction des CBDC et d’autres fronts.

Le projet de décret est encore en cours de rédaction, mais il cible explicitement les équipements réseau, serveurs et systèmes de refroidissement fabriqués en Chine et intégrés dans des data centers opérant sur le sol américain. L’objectif affiché : écarter tout risque d’espionnage ou de sabotage via des composants étrangers dans une infrastructure classée critique depuis 2024. Aucun calendrier législatif n’a été communiqué à ce stade.

Pourquoi Washington cible-t-il les data centers maintenant ?

Les centres de données sont devenus un actif stratégique de premier plan avec l’explosion de l’intelligence artificielle et l’essor du minage institutionnel de Bitcoin. Selon les données du Department of Energy, la consommation électrique des data centers américains a bondi de 34 % en 3 ans, dépassant 130 TWh en 2025. Cette dépendance énergétique fait écho à la menace que représente l’informatique quantique pour la sécurité des blockchains, une course technologique que les firmes crypto anticipent déjà en préparant leur défense.

Cette croissance rapide s’est accompagnée d’une dépendance accrue aux équipements chinois, notamment les serveurs Huawei et les systèmes de refroidissement Lenovo, qui représenteraient jusqu’à 22 % des installations dans certains États, selon un rapport du CFIUS. L’administration Trump élargit ainsi le spectre des interdictions déjà imposées à Huawei et ZTE dans les réseaux télécoms, étendant la logique aux infrastructures de calcul et de stockage.

Quel impact pour le minage de cryptomonnaies ?

Le minage industriel de Bitcoin aux États-Unis repose sur plus de 150 data centers spécialisés, dont une part significative utilise des équipements de refroidissement et des transformateurs d’origine chinoise. Un décret d’interdiction pourrait forcer une mise en conformité massive et coûteuse.

Les grands acteurs comme Marathon Digital et Riot Platforms ont déjà amorcé une diversification de leurs fournisseurs depuis les sanctions de 2024 contre Bitmain. Mais les plus petites fermes de minage, qui opèrent souvent avec des marges serrées, pourraient subir un choc financier. Le remplacement d’un système de refroidissement par une alternative américaine ou taïwanaise coûte en moyenne 2,3 M$ par site, selon les estimations de Luxor Technologies.

Cette pression s’ajoute à un contexte déjà tendu, marqué par l’offensive commerciale de Donald Trump contre l’Europe via le Clarity Act et les droits de douane de 100 % sur la taxe numérique. L’enjeu est aussi économique pour les entreprises américaines : la fortune de Donald Trump a elle-même bénéficié d’un gain crypto de 1,4 milliard en 2025, illustrant l’imbrication entre intérêts politiques et financiers dans ce secteur.

Vers une nouvelle escalade dans la guerre technologique ?

Le décret s’inscrit dans une stratégie plus large de découplage technologique entre les États-Unis et la Chine. Après l’interdiction des CBDC par défaut signée par Trump et le décret sur l’accès des cryptomonnaies au système bancaire, l’exécutif américain ajoute une brique réglementaire à un édifice de plus en plus protectionniste.

Pour le secteur crypto, cette mesure pourrait paradoxalement accélérer la relocalisation de la fabrication d’équipements de minage aux États-Unis. Des entreprises comme Auradine et Block (ex-Square) travaillent déjà sur des puces de minage conçues et produites sur le sol américain. La Chambre des représentants prépare d’ailleurs un cadre pour la tokenisation, signalant une volonté plus large de structurer l’industrie sur le territoire. Reste à savoir si le décret inclura des exemptions pour les équipements déjà installés ou s’il imposera un remplacement progressif.

À retenir

L’administration Trump prépare un décret interdisant les équipements chinois dans les data centers, une première qui pourrait perturber le minage de cryptomonnaies aux États-Unis. L’impact financier est estimé à plusieurs millions de dollars par site pour les opérateurs contraints de remplacer leurs infrastructures. Le secteur attend désormais le texte final et son calendrier d’application pour mesurer l’ampleur réelle de la mesure.

Questions fréquentes

Quel est l’objectif principal de ce décret ?

Le décret vise à réduire la dépendance des infrastructures critiques américaines, dont les data centers, aux équipements chinois. L’administration Trump y voit un risque d’espionnage et de sabotage, étendant aux centres de données les restrictions déjà appliquées aux réseaux télécoms avec Huawei et ZTE.

Qui serait le plus touché dans le minage de cryptomonnaies ?

Les petites et moyennes fermes de minage seraient les plus vulnérables, car elles opèrent avec des marges plus serrées que les géants comme Marathon Digital. Le remplacement des systèmes de refroidissement chinois coûte en moyenne 2,3 millions de dollars par site, un choc financier difficile à absorber sans aides. La fortune de Donald Trump illustre à quel point les enjeux financiers du secteur sont élevés.

Ce décret va-t-il vraiment être appliqué ?

Le texte est encore au stade de la rédaction et pourrait inclure des exemptions ou des périodes de transition. La perspective des élections et le lobbying intense du secteur technologique pourraient en moduler la portée finale.

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