Riot Platforms (NASDAQ : RIOT) est l’une des plus grandes sociétés américaines de minage de Bitcoin, cotée au Nasdaq depuis 2017. En 2025, la société a enregistré 647 M$ de revenus, produit 5 686 BTC et détient 1,7 GW de capacité électrique approuvée dans l’État du Texas. Née de la reconversion d’un laboratoire de biotechnologie, elle opère aujourd’hui 2 sites industriels majeurs et amorce un virage vers les centres de données hyperscale pour l’intelligence artificielle.

Au programme

  • Riot Platforms a produit 5 686 BTC en 2025 pour 576 M$ de revenus miniers, selon ses filings SEC du 2 mars 2026.
  • La société a signé en janvier 2026 un bail de 10 ans avec AMD à Rockdale, Texas, valorisé à 311 M$ pour 25 MW, extensible à 50 MW.
  • Le site de Corsicana vise 1 GW de capacité totale, repositionnant Riot comme opérateur d’infrastructure numérique au-delà du seul minage.

D’où vient Riot Platforms ?

Riot Platforms n’a pas démarré dans la crypto. La société est fondée en 2000 sous le nom Bioptix, Inc., spécialisée dans le diagnostic vétérinaire. En octobre 2017, lors de l’envolée du Bitcoin, elle pivote vers le minage de blockchain et se renomme Riot Blockchain. Jason Les prend la direction en 2021, concentre les activités sur le Bitcoin et cède les actifs non stratégiques.

En 2022, la société adopte son nom actuel, Riot Platforms, pour refléter une ambition plus large : l’infrastructure numérique. Le siège social est établi à Castle Rock, Colorado, mais les opérations industrielles sont ancrées au Texas.

L’acquisition du site Whinstone à Rockdale (Texas) constitue le jalon fondateur : les revenus de 376,7 M$ en 2024 proviennent principalement de l’installation de Rockdale, considérée comme l’une des plus grandes mines de Bitcoin en Amérique du Nord en termes de capacité développée.

Quel est le modèle économique de Riot ?

Le coût net de l’électricité de Riot est tombé à 0,03 $/kWh au premier trimestre 2026, un niveau parmi les plus bas du secteur minier coté, selon les filings SEC. C’est ce levier énergétique qui structure toute la rentabilité de la société. Riot opère selon 2 segments déclarés auprès de la SEC : le minage de Bitcoin et l’ingénierie électrique.

La société dispose d’infrastructures de minage à grande échelle dans les comtés de Rockdale et Navarro (Texas) ainsi que 2 sites au Kentucky, et fabrique également des équipements de distribution électrique pour les marchés industriels, les centres de données et les utilities. Le minage repose sur des puces ASIC dédiées au proof of work de Bitcoin.

La propriété du site de Rockdale permet à Riot de maîtriser ses coûts énergétiques, de participer aux programmes texans de réponse à la demande et de marchés de gros pour optimiser ses marges. En pratique, quand le réseau électrique est sous tension, Riot vend sa consommation au réseau et perçoit des crédits. Au premier trimestre 2026, ces crédits de délestage ont atteint 21 M$.

La filiale ESS Metron, rachetée en décembre 2021, fournit les équipements électriques en interne : Riot a réalisé 23,2 M$ d’économies cumulées en dépenses d’investissement depuis cette acquisition.

Quel est le poids de Riot dans l’écosystème Bitcoin ?

Riot a miné 5 686 BTC en 2025, soit une hausse d’environ 17,8 % par rapport aux 4 828 BTC produits en 2024, générant 576,3 M$ de revenus miniers. La société figure parmi les rares mineurs cotés aux États-Unis à opérer à l’échelle industrielle, aux côtés de Marathon Digital, son principal concurrent direct sur le marché américain.

À fin 2025, Riot détenait 18 005 BTC valorisés à environ 1,58 Md$, avec une puissance de hachage déployée à 38,5 EH/s contre 31,5 EH/s’un an plus tôt, soutenue par des commandes de mineurs MicroBT totalisant 49,2 EH/s pour environ 779,5 M$. Cette trésorerie en Bitcoin rapproche le profil de Riot de celui de Strategy, même si le minage reste son cœur de métier alors que Strategy se limite à l’accumulation.

Au premier trimestre 2026, le groupe a poursuivi son expansion : la puissance déployée a atteint 42,5 EH/s, en hausse de 26 % sur un an, pour un coût de production à 0,03 $/kWh. La société reste cependant exposée à la pression structurelle du halving d’avril 2024 et à la hausse du hashrate mondial, qui a progressé de 47 % en 2025 selon les filings SEC.

Le virage vers les centres de données

En janvier 2026, Riot a annoncé l’acquisition en pleine propriété de 200 acres à Rockdale et la signature d’un bail data center avec AMD, pour un portefeuille de 1,7 GW de capacité électrique approuvée.

Le contrat AMD représente environ 311 M$ de valeur contractuelle sur 10 ans pour 25 MW de charge IT, avec possibilité d’extension jusqu’à 200 MW. AMD a rapidement exercé une première option : au T1 2026, AMD a porté sa capacité contractée à 50 MW en exerçant une option d’extension de 25 MW supplémentaires.

Ce pivot comporte un risque de concentration. AMD est à ce jour le premier et quasi unique locataire data center de Riot, ce qui rend le repositionnement stratégique dépendant d’un seul client de référence. Tant que le portefeuille de locataires hyperscale ne se diversifie pas, l’exposition à une renégociation ou à un retrait d’AMD pèse sur la visibilité des revenus futurs.

L’avantage énergétique reste néanmoins le socle du modèle. Le coût net de 0,03 $/kWh affiché par Riot se compare favorablement aux 0,05 à 0,07 $/kWh payés en moyenne par les mineurs américains, un écart qui se transpose directement dans l’économie d’un centre de données IA, où l’électricité représente le premier poste opérationnel.

Le pari de fond consiste à transformer 1,7 GW de capacité pensée pour le minage en hébergement hyperscale. La bascule n’est toutefois pas acquise : au premier trimestre 2026, le minage générait encore 111,9 M$ de revenus contre 33,2 M$ pour le data center, soit l’essentiel du chiffre d’affaires toujours adossé au Bitcoin.

Le site de Corsicana, près de Dallas, représente l’ambition à long terme : Riot possède et gère plus de 1 100 acres et 1,7 GW de capacité dans ses 2 installations texanes, avec un potentiel d’expansion de Corsicana jusqu’à 1 GW.

L’épisode Bitfarms (2024)

En 2024, Riot a tenté une prise de contrôle hostile sur le mineur canadien Bitfarms. L’offre non sollicitée a été rendue publique en mai 2024 à 2,30 $ par action, rejetée rapidement, et abandonnée le mois suivant. Riot a conservé une participation de 19,9 % dans Bitfarms mais a renoncé à une acquisition immédiate dans le cadre d’un accord de règlement signé le 23 septembre 2024.

Riot Platforms : croissance 2024-2025 Tableau comparatif des principaux indicateurs opérationnels de Riot Platforms entre l'exercice 2024 et l'exercice 2025, incluant les revenus totaux, la production de Bitcoin et le hashrate déployé. Riot Platforms : croissance 2024-2025 Exercice 2024 Résultats annuels 376,7 M$ Revenus totaux 4 828 BTC Bitcoin produits 31,5 EH/s Hashrate déployé Exercice 2025 Résultats annuels 647,4 M$ Revenus totaux (+72 %) 5 686 BTC Bitcoin produits (+18 %) 38,5 EH/s Hashrate déployé (+22 %) Source : Riot Platforms, filings SEC 8-K, mars 2026

Quels sont les chiffres clés de Riot Platforms en 2026 ?

Riot a enregistré 647,4 M$ de revenus en 2025 contre 376,7 M$ en 2024, soit l’exercice le plus solide de l’histoire de la société, selon ses filings SEC. À la date de publication de cette fiche (juin 2026), les données les plus récentes permettent d’établir le portrait financier suivant.

Cette progression de 72 % s’explique principalement par la hausse du cours du Bitcoin et l’augmentation du hashrate opérationnel. La croissance du parc de machines a permis de capter une part plus large du hashrate mondial malgré la pression du halving.

Au premier trimestre 2026, le groupe a produit 1 473 BTC pour un revenu minier de 111,9 M$. Riot a également enregistré son premier trimestre complet de revenus Data Center, à hauteur de 33,2 M$, dont 32,2 M$ de services d’aménagement pour locataires.

La trésorerie Bitcoin a été partiellement mobilisée pour financer le pivot data center : en mars 2026, Riot détenait 15 680 BTC, dont 5 802 en garantie, après avoir vendu 3 778 BTC à un prix moyen de 76 626 $ au T1 2026, soit 289,5 M$ de produits de cession.

L’objectif stratégique à horizon 2027 est clair. Riot vise plus de 1 GW de capacité IT louable, avec un revenu net opérationnel de portefeuille entre 1,6 Md$ et 2,1 Md$. Pour y parvenir, la société construit à Corsicana un bâtiment data center de 168 MW, configurable en refroidissement liquide à 100 %, prévu livré en 2027.

Les investisseurs institutionnels, dont BlackRock et Vanguard, figurent parmi les principaux actionnaires. La capitalisation boursière tourne autour de 6 Md$ à mi-2025, selon les données SEC. L’action RIOT s’échange au Nasdaq comme un instrument à haute corrélation avec le cours du Bitcoin : la heatmap des actifs crypto montre régulièrement RIOT parmi les valeurs les plus réactives aux variations quotidiennes du BTC.

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Questions fréquentes

Qu’est-ce que Riot Platforms exactement ?

Riot Platforms (NASDAQ : RIOT) est une société américaine fondée en 2000, reconvertie dans le minage de Bitcoin en 2017. Elle exploite des infrastructures industrielles au Texas et au Kentucky, produit du BTC via des puces ASIC, et développe des centres de données hyperscale pour l’IA. En 2025, elle a enregistré 647 M$ de revenus et détient plus de 1,7 GW de capacité électrique approuvée.

Combien de Bitcoin Riot Platforms détient-elle ?

Fin 2025, Riot détenait 18 005 BTC valorisés à environ 1,58 Md$ selon le filing SEC du 2 mars 2026. Au 31 mars 2026, ce stock avait été ramené à 15 680 BTC après des cessions destinées à financer le développement data center. La gestion de cette trésorerie en Bitcoin constitue un levier financier central pour la société. Consultez les analyses fondamentales Bitcoin pour le contexte de marché.

Riot Platforms est-elle uniquement une société de minage ?

Non. Riot opère officiellement 2 segments : le minage de Bitcoin et l’ingénierie électrique via sa filiale ESS Metron. Depuis janvier 2026, elle génère aussi des revenus de location de centres de données, avec AMD comme premier locataire sur 50 MW à Rockdale, Texas. L’objectif est de convertir l’essentiel de ses 1,7 GW de capacité en hébergement hyperscale d’ici 2027.

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