Mark Esper, ancien secrétaire à la Défense des États-Unis, a qualifié le CLARITY Act de « loi de sécurité nationale », dépassant le seul cadre des services financiers. La loi vise explicitement à colmater les brèches utilisées par le groupe nord-coréen Lazarus pour contourner les contrôles financiers américains, selon nos sources.

Au programme

  • Le CLARITY Act cible le financement d’États voyous via des failles crypto (PANews)
  • Mark Esper, ex-Pentagone, relie directement régulation crypto et sécurité nationale
  • Le vote au Sénat est repoussé au 15 septembre, la SEC avance ses propres règles en parallèle

Pourquoi un ancien secrétaire à la Défense s’empare-t-il d’une loi sur les cryptomonnaies ?

Le discours de Mark Esper marque un tournant dans la perception politique du CLARITY Act. Il ne s’agit plus seulement de définir si un token est une marchandise ou un titre financier. Selon ses déclarations, relayées par PANews le 10 août, la loi fournirait aux États-Unis des « outils pour combler les lacunes dans l’espace des cryptomonnaies ».

L’objectif affiché : empêcher des organisations comme le Lazarus Group, lié à la Corée du Nord, d’exploiter le flou réglementaire actuel. Ce groupe est accusé d’avoir dérobé plus de 1,5 milliard de dollars lors du piratage de Bybit en 2025, une somme ensuite utilisée pour financer des programmes d’armement. Pour Esper, l’absence de cadre clair est une vulnérabilité stratégique exploitée par des puissances hostiles.

Comment le CLARITY Act peut-il servir d’outil géopolitique ?

La thèse défendue par Esper repose sur un constat simple : les transferts de valeur non tracés financent la prolifération d’armes. La blockchain ne ment pas, mais sans obligation légale de transparence pour les intermédiaires, les transactions illicites se fondent dans le flux du trading décentralisé.

« Cette loi n’est pas qu’un texte sur les services financiers, c’est un texte de sécurité nationale. » : Mark Esper, ancien secrétaire à la Défense

Le CLARITY Act impose des normes de conformité aux émetteurs et plateformes, rendant les opérations offshore plus difficiles. L’idée est également soutenue par des figures politiques comme la sénatrice Lummis, qui voit dans ce texte un bouclier contre l’évasion des sanctions. La Maison-Blanche elle-même insiste sur la nécessité d’un cadre moderne pour ne pas laisser le terrain aux acteurs malveillants.

Le calendrier législatif met-il le texte en danger ?

Le Sénat américain n’a pas tenu son calendrier initial. Le vote procédural sur le CLARITY Act, initialement espéré en août, est désormais fixé au 15 septembre, rapporte Bitcoin.com News. Ce report place le texte dans ce que Bitwise décrit comme un état de « zombie ambulant » : pas mort, mais en train de perdre son élan politique.

Pendant ce temps, la SEC avance sur son propre agenda réglementaire parallèle. Si l’agence publie des règles définitives sur la classification des actifs numériques avant le vote du Congrès, le CLARITY Act risque de perdre sa raison d’être aux yeux de certains législateurs. Plus de 100 firmes du secteur pressent pourtant le Sénat d’agir vite, craignant un patchwork réglementaire moins protecteur qu’une loi-cadre.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le CLARITY Act exactement ?

Le CLARITY Act est un projet de loi américain visant à créer un cadre fédéral complet pour les actifs numériques. Il définit les rôles respectifs de la SEC et de la CFTC, et impose des obligations de transparence aux émetteurs de tokens pour clarifier le statut juridique des cryptomonnaies.

Pourquoi le Lazarus Group est-il mentionné ?

Le groupe Lazarus, lié à la Corée du Nord, a dérobé plus de 3 milliards de dollars en cryptomonnaies depuis 2017, selon Chainalysis. Ces fonds alimenteraient le programme balistique de Pyongyang. Bloquer ces flux est un argument central pour faire passer la loi sous l’angle de la défense nationale.

Quel est le lien avec la régulation européenne ?

Les États-Unis cherchent un standard comparable à MiCA, déjà en vigueur en Europe. Sans loi fédérale, les entreprises crypto américaines restent dans une zone grise, tandis que des hubs comme le Portugal ou le Japon avancent sur leurs propres cadres.

À retenir

Le CLARITY Act a trouvé un allié de poids en Mark Esper, qui déplace le débat du terrain financier vers celui de la sécurité nationale. Le vote repoussé au 15 septembre constitue une fenêtre étroite pour transformer ce soutien en avancée législative, alors que la SEC pourrait couper l’herbe sous le pied du Congrès avec ses propres règles.

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