En août 2022, la Banque centrale du Portugal (Banco de Portugal) examinait simultanément 12 demandes de licence d’opérateur de crypto-actifs. À cette date, cinq entités détenaient déjà cette licence dans le pays : Criptoloja, Mind the Coin, Digital Luso, Utrust et Bison Digital Assets. Ce chiffre illustrait l’attractivité du Portugal comme hub crypto européen, tout en révélant les tensions entre régulation formelle et pratiques bancaires.

En bref

  • En 2022, le Portugal examinait 12 demandes de licence crypto, avec Binance parmi les candidats.
  • Cinq entreprises détenaient déjà une licence à cette date : Criptoloja, Mind the Coin, Digital Luso, Utrust et Bison Digital Assets.
  • Plusieurs banques commerciales refusaient d’ouvrir des comptes aux opérateurs crypto malgré leur autorisation réglementaire.
  • Le règlement MiCA, en application depuis décembre 2024, a remplacé les régimes nationaux par un passeport européen unique.
  • En 2026, les opérateurs crypto au Portugal opèrent sous le cadre MiCA comme dans les 26 autres États membres de l’UE.

[IMAGE: Vue de Lisbonne avec le Tage en arrière-plan, représentant le Portugal comme hub financier européen pour les crypto-actifs - lisbon portugal crypto hub financial district]

Régulation crypto au Portugal : chronologie 2022 5 licences actives 12 en attente 2023 Binance obtient licence provisoire Dec. 2024 MiCA pleine application UE 2026 Passeport CASP valable 27 États UE Sources : Banco de Portugal, ESMA MiCA, 2022-2026
Chronologie de la régulation crypto au Portugal : des premières licences nationales en 2022 au passeport européen unique sous MiCA depuis décembre 2024.

Quel était le cadre de licence crypto au Portugal en 2022 ?

La licence d’opérateur de crypto-actifs au Portugal, délivrée par la Banque centrale (Banco de Portugal), permettait à une entreprise d’exercer légalement des services sur actifs numériques dans le pays. Ce régime était comparable au statut PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques) en France, avec des exigences de conformité anti-blanchiment (LCB-FT), de vérification d’identité des clients et de ségrégation des actifs.

À l’été 2022, cinq entreprises détenaient cette licence : Criptoloja, Mind the Coin, Digital Luso, Utrust et Bison Digital Assets. La Banque centrale annonçait simultanément l’examen de 12 nouveaux dossiers, parmi lesquels figurait Binance, la plus grande plateforme d’échange de crypto-actifs au monde à cette époque.

Citation capsule : En août 2022, la Banque centrale du Portugal examinait 12 demandes de licence crypto. Cinq entités détenaient déjà l’autorisation : Criptoloja, Mind the Coin, Digital Luso, Utrust et Bison Digital Assets. Binance figurait parmi les 12 candidats. En cas d’approbation de tous les dossiers, le Portugal aurait compté 17 opérateurs crypto enregistrés (Banco de Portugal, Bitcoin.com News, 2022).

[INTERNAL-LINK: régulation crypto Europe → guide complet MiCA et réglementation des crypto-actifs dans l’UE]

Pourquoi les banques refusaient-elles les opérateurs crypto autorisés ?

Le paradoxe portugais de 2022 était frappant : des entreprises légalement autorisées par la Banque centrale se voyaient refuser des comptes bancaires par les établissements commerciaux. Les grandes banques du pays - Caixa Geral de Depósitos, BCP, Santander, Abanca et BiGE - avaient pris la décision de fermer les comptes des opérateurs crypto ou de refuser d’en ouvrir de nouveaux.

La Banque centrale se déclarait impuissante face à cette situation, car la décision relevait des politiques internes de gestion du risque de chaque établissement, hors de sa compétence réglementaire directe. Ce phénomène n’était pas spécifique au Portugal : en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, des opérateurs régulés avaient rencontré des difficultés similaires à maintenir des relations bancaires.

[UNIQUE INSIGHT] Ce paradoxe - autorisés par le régulateur mais exclus par les banques - illustre une tension structurelle dans la régulation crypto pré-MiCA. Les régulateurs prudentiels (banques centrales) et les établissements bancaires appliquaient des grilles de risque opposées. La mise en application de MiCA en 2024 a partiellement résolu ce problème en créant un cadre harmonisé à l’échelle européenne, rendant plus difficile pour une banque de justifier un refus catégorique envers un CASP agréé.

Comment MiCA a-t-il changé la régulation crypto au Portugal ?

Le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) est entré en pleine application le 30 décembre 2024 dans les 27 États membres de l’Union européenne, remplaçant les régimes nationaux comme la licence portugaise. Désormais, un opérateur crypto agréé dans n’importe quel État membre obtient un “passeport” valable dans l’ensemble de l’UE.

Les opérateurs précédemment licenciés au Portugal ont dû faire migrer leur autorisation vers le nouveau statut CASP (Crypto-Asset Service Provider) prévu par MiCA. Les exigences se sont renforcées sur les points de gouvernance, de capital minimum, de ségrégation des actifs clients et de publication d’un whitepaper pour les émetteurs. Les stablecoins (USDT, USDC) font l’objet d’une réglementation distincte sous les titres III et IV de MiCA.

[INTERNAL-LINK: MiCA → guide détaillé du règlement MiCA et ses implications pour les investisseurs]

La fiscalité crypto au Portugal a-t-elle évolué ?

En 2022, le Portugal bénéficiait d’une réputation de “paradis fiscal crypto” en Europe : les plus-values sur crypto-actifs des particuliers n’étaient pas taxées. Cette situation a changé en 2023 avec l’introduction d’une fiscalité sur les plus-values crypto, fixée à 28 % pour les actifs détenus moins d’un an. Les actifs conservés plus d’un an restent exonérés.

Cette évolution a tempéré l’enthousiasme de certains expatriés crypto qui s’étaient installés au Portugal pour des raisons fiscales. Combiné aux hausses de l’immobilier à Lisbonne et Porto, ce changement a rendu la destination moins radicalement attractive qu’elle ne l’était à l’époque des premières discussions PICS, même si le régime reste favorable par rapport à la France ou l’Allemagne.

[PERSONAL EXPERIENCE] La période 2020-2022 a vu une vague d’entrepreneurs crypto francophones s’installer à Lisbonne, attirés par la fiscalité favorable et la qualité de vie. Le changement de 2023 a refroidi certains projets d’installation, mais la communauté crypto lusophone reste active et bien ancrée dans le tissu entrepreneurial local.

Questions fréquentes

Comment obtenir une licence crypto au Portugal en 2026 ?

Depuis le 30 décembre 2024, le régime national portugais est remplacé par le cadre européen MiCA. Un opérateur souhaitant exercer au Portugal doit demander un agrément CASP (Crypto-Asset Service Provider) auprès de la Banco de Portugal, valable dans les 27 États membres de l’UE. Les exigences portent sur le capital minimum, la gouvernance, la protection des clients et la lutte anti-blanchiment. La Banque centrale publie la liste des entités agréées sur son site.

Quelles entreprises crypto sont agréées au Portugal ?

Les cinq premières licences historiques (Criptoloja, Mind the Coin, Digital Luso, Utrust et Bison Digital Assets) ont évolué sous le nouveau cadre MiCA. D’autres opérateurs, dont Binance, ont obtenu des autorisations dans les années suivantes. La liste complète et à jour est publiée par la Banco de Portugal et l’ESMA tient un registre européen centralisé des CASP agréés.

La fiscalité crypto est-elle toujours avantageuse au Portugal ?

Depuis 2023, les plus-values sur crypto-actifs sont taxées à 28 % pour les actifs détenus moins d’un an au Portugal. Les actifs conservés plus d’un an restent exonérés. Ce régime reste favorable par rapport à certains pays européens (France : 30 %, Allemagne : taux marginal), mais représente un changement significatif par rapport à l’exonération totale qui avait fait la réputation crypto du pays jusqu’en 2022.

Sources

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