Le nom DeFi Swap recouvre deux réalités très différentes. Il désigne d’abord un protocole d’échange décentralisé lancé par Crypto.com en 2020, une entité identifiable. Il sert aussi d’accroche à des publicités en ligne qui promettent des gains automatiques sur les cryptomonnaies. Cette seconde catégorie est à éviter : la promesse d’un rendement régulier est incompatible avec le fonctionnement réel d’un swap décentralisé.

Au programme

  • La distinction entre le protocole de Crypto.com et les publicités qui reprennent son nom.
  • Ce qu’est réellement un swap DeFi et pourquoi un rendement fixe n’y existe pas.
  • Les signaux d’alerte, les réflexes en cas de dépôt et les alternatives régulées.

Qu’est-ce que DeFi Swap et que promet-il ?

Premier point à clarifier, car il conditionne tout le reste. Crypto.com DeFi Swap est un protocole d’échange décentralisé mis en ligne sur Ethereum le 11 septembre 2020, selon Cointelegraph. CryptoSlate le décrit comme un fork d’Uniswap V2, audité par l’équipe sécurité de Crypto.com et par SlowMist, avec une incitation de lancement de 14 millions de CRO. Cet acteur est identifiable et n’est pas visé par les alertes ci-dessous.

Le problème vient de l’usage publicitaire du nom. Des annonces en ligne présentent DeFi Swap comme un service générant des revenus automatiques, sans compétence requise, contre un premier versement. Ce montage ne correspond ni au fonctionnement d’un échange décentralisé, ni au protocole de Crypto.com, qui ne collecte aucun dépôt.

En août 2026, aucune entrée au nom de DeFi Swap ne figurait sur la liste noire crypto-actifs de l’AMF, ni dans les avertissements aux investisseurs publiés par l’Ontario Securities Commission. Aucun avertissement de la FCA britannique n’a pu être identifié sous ce nom. Cette absence ne vaut pas garantie : l’AMF précise que sa liste peut être incomplète, de nouveaux acteurs non autorisés apparaissant régulièrement.

Pourquoi ces promesses sont-elles irréalistes ?

Un swap DeFi n’est pas un placement. C’est l’échange de deux jetons exécuté par un contrat autonome déployé sur une blockchain, sans intermédiaire ni compte à alimenter. Chaque opération consomme des frais de gas, payés au réseau et variables selon la congestion. Le prix ne vient pas d’un carnet d’ordres mais d’un teneur de marché automatisé adossé à un pool de liquidité.

Aucun rendement n’est promis par cette mécanique. Les seuls revenus viennent du partage des frais d’échange, fixés à 0,3 % par opération sur le modèle Uniswap V2 repris par Crypto.com selon CryptoSlate. Ces frais dépendent du volume, fluctuent et ne constituent en rien un taux garanti.

Fournir de la liquidité expose en outre à l’impermanent loss. Kraken rappelle que ce phénomène survient quand le prix relatif des jetons du pool évolue, laissant le fournisseur avec davantage de l’actif qui a baissé. La perte devient définitive au retrait. Uniswap, dont DeFi Swap est un fork, suit la même règle.

Un robot de swap annonçant un rendement fixe contredit donc la mécanique qu’il prétend exploiter. Faute de contrepartie identifiable, ce type de dispositif relève du schéma de Ponzi d’interface, où un tableau de bord affiche des gains fictifs jusqu’au blocage des retraits.

« Des vidéos truquées et de faux articles de presse détournent ainsi des caractéristiques physiques de célébrités, s’appuyant parfois sur l’usage de l’intelligence artificielle (IA). » , AMF, Parquet de Paris, ACPR et DGCCRF, communiqué commun, décembre 2024

Les signaux d’alerte relevés

Les publicités qui promettent des gains automatiques sous le nom DeFi Swap cumulent les signaux décrits par l’AMF et la FCA :

  • Rendements présentés comme réguliers, quand la FCA range les promesses irréalistes parmi ses trois questions d’alerte.
  • Aucune société identifiable, donc aucune immatriculation ni adresse vérifiable.
  • Aucun agrément PSAN ou CASP rattaché à ce nom sur les registres de l’AMF.
  • Confusion avec un protocole existant, procédé que le communiqué interautorités de décembre 2024 décrit comme l’usurpation de l’identité de sociétés existantes.
  • Faux articles et célébrités utilisés comme caution, mécanisme documenté par les autorités françaises.
  • Contact non sollicité et pression à agir vite, les deux autres questions d’alerte de la FCA.
  • Dépôt d’appel réclamé avant tout accès au prétendu service.

Le phénomène est massif. Selon le communiqué du 19 décembre 2024, le Parquet de Paris estime le préjudice des arnaques financières à au moins 500 M€ par an en France. La perte moyenne déclarée à l’AMF atteignait 29 000 € fin novembre 2024, et 3,2 % des Français se déclaraient victimes en 2024 contre 1,2 % en 2021.

Près de 5 000 acteurs ont été inscrits sur les listes noires depuis janvier 2022, et environ 350 adresses internet bloquées. Nos constats sur les faux bots de trading promus sur les réseaux recoupent ce schéma.

L’usurpation d’un nom de projet légitime est une technique documentée. Notre dossier sur les robots de trading crypto frauduleux en détaille les variantes, tout comme les fiches Crypto Rise Pro et Meadow Venturesphere.

Que faire si vous avez déjà déposé de l’argent ?

Premier réflexe : arrêter tout versement, malgré les relances du prétendu gestionnaire de compte. Ne payez jamais de frais de déblocage ou de taxes exigés pour récupérer vos fonds. Coupez le contact et conservez chaque preuve, mails, relevés bancaires et captures d’écran.

Signalez ensuite les faits. Déposez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie, signalez le site sur la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur et informez l’AMF via Épargne Info Service. Cybermalveillance.gouv.fr oriente les victimes étape par étape. Si le versement a été fait par carte bancaire, demandez rapidement un chargeback à votre banque, c’est-à-dire une rétrofacturation.

Méfiez-vous enfin des sociétés qui démarchent les victimes en promettant de récupérer les fonds contre rémunération. Le guide récupérer ses cryptos volées détaille les démarches légitimes, et la checklist anti-arnaques aide à éviter la rechute.

Quelles alternatives régulées pour investir ?

Pour s’exposer aux cryptomonnaies depuis la France, la voie sérieuse passe par des acteurs enregistrés ou agréés. Le panorama des plateformes reconnues par l’AMF recense les sociétés contrôlées, parmi lesquelles des acteurs français historiques comme Coinhouse.

Ces plateformes ne promettent aucun gain. Elles donnent un accès au marché, avec un risque de perte affiché. Utiliser un protocole décentralisé suppose de passer par son propre portefeuille, en assumant frais de réseau et volatilité, sans intermédiaire promettant un rendement. La règle reste simple : n’investir que ce que l’on peut perdre.

Questions fréquentes

DeFi Swap est-il une arnaque ?

Le nom recouvre deux choses. Le protocole d’échange décentralisé lancé par Crypto.com en septembre 2020 est une entité identifiable, documentée par la presse spécialisée. En revanche, les publicités qui promettent des gains automatiques sous ce nom présentent les signaux classiques d’un dispositif frauduleux décrits par l’AMF et la FCA, sans société identifiable ni agrément vérifiable.

Un robot peut-il générer un rendement fixe sur un swap DeFi ?

Non. Un swap est un échange de jetons exécuté par un contrat autonome, pas un produit d’épargne. Les seuls revenus proviennent du partage des frais d’échange, qui varient avec le volume, et fournir de la liquidité expose à l’impermanent loss. Toute annonce d’un taux garanti contredit donc la mécanique invoquée.

DeFi Swap figure-t-il sur la liste noire de l’AMF ?

Aucune entrée à ce nom n’apparaissait sur la liste noire crypto-actifs de l’AMF consultée en août 2026, ni dans les avertissements de l’Ontario Securities Commission. L’AMF indique elle-même que sa liste peut être incomplète, de nouveaux acteurs apparaissant régulièrement. Une absence de mention ne remplace jamais la vérification d’un agrément sur les registres officiels.

Sources

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