Choisir une plateforme crypto autorisée en France est devenu un réflexe de base pour tout investisseur particulier. Depuis l’entrée en application complète du règlement européen MiCA le 30 décembre 2024, le statut historique PSAN de l AMF est progressivement remplacé par l’agrément CASP. La France compte une centaine de prestataires enregistrés, dont les grands exchanges internationaux et plusieurs acteurs nationaux. La période transitoire prend fin le 1er juillet 2026.
Au programme
- Différence concrète entre PSAN historique et agrément CASP MiCA
- Plus de 100 prestataires inscrits sur la liste blanche AMF en mai 2026
- Les principaux exchanges autorisés : Binance, Coinbase, Kraken, Bitpanda, Coinhouse, Paymium, Deblock
- Comment vérifier qu’une plateforme est bien enregistrée avant d’y déposer des fonds
- Risques fiscaux et juridiques d’un service non autorisé
PSAN, CASP, MiCA : ce qui change concrètement
Le statut PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques) a été créé par la loi PACTE de 2019. Il imposait un enregistrement à l’AMF pour quatre services : conservation, achat-vente contre monnaie ayant cours légal, échange entre actifs numériques, exploitation d’une plateforme de négociation.
Avec le règlement MiCA entré pleinement en vigueur le 30 décembre 2024, ce régime français est remplacé par le statut européen unique de CASP (Crypto-Asset Service Provider). Un agrément CASP délivré dans un pays de l’Union européenne permet de servir des clients dans les 26 autres via le passeport. C’est une rupture majeure : un PSAN français ne pouvait opérer qu’en France.
Les exigences CASP sont plus strictes : fonds propres minimums gradués, ségrégation stricte des actifs clients, plan de continuité, gouvernance documentée, obligations anti-blanchiment supervisées par l’ACPR, règles de meilleure exécution. L’instruction d’un dossier complet peut atteindre quatre mois.
La période transitoire de 18 mois permet aux PSAN déjà enregistrés de continuer leurs activités jusqu’au 1er juillet 2026. Au-delà, seul un agrément CASP autorisera l’offre de services en France.
Combien de plateformes autorisées en France
La liste blanche publiée par l’AMF, également disponible en données ouvertes sur data.gouv.fr, recensait plus de 100 PSAN à fin 2024, faisant de la France l’un des écosystèmes les plus matures d’Europe continentale. En mai 2026, elle évolue au rythme des bascules vers CASP, des retraits volontaires et des nouveaux entrants.
S’y ajoutent les CASP étrangers actifs en France via le passeport européen. Selon le Forum Fintech AMF / ACPR 2025, environ 36 CASP agréés dans d’autres États membres avaient notifié leur volonté d’offrir des services en France au titre de l’article 65 de MiCA. Un chiffre amené à croître après juillet 2026.
Selon des données AMF relayées en janvier 2026, environ 90 PSAN n’avaient pas encore obtenu leur agrément MiCA, et seulement 30 % avaient soumis un dossier complet : goulot d’étranglement net à l’approche de l’échéance.
Les principaux exchanges autorisés
Côté plateformes internationales servant la clientèle française, plusieurs noms dominent le marché.
Binance a obtenu son enregistrement PSAN en mai 2022, puis a réorganisé son dispositif européen autour de plusieurs entités. La filiale Binance France SAS est l’interlocuteur des résidents français pour les services spot et la fiscalité (IFU annuel transmis depuis 2024). Les produits dérivés à effet de levier restent hors périmètre PSAN et relèvent d’un cadre distinct.
Coinbase a décroché son enregistrement PSAN le 21 décembre 2023 et a choisi l’Irlande comme État d’agrément CASP. Le passeport européen lui permet de servir la France depuis Dublin tout en conservant des obligations fiscales locales.
Kraken a opté pour la même stratégie via Kraken Ireland Limited, agréée par la Banque centrale d’Irlande. La plateforme est accessible aux Français avec une interface en langue française et un support de la fiscalité européenne.
Bitpanda, acteur autrichien historique, a obtenu son agrément CASP via la FMA autrichienne et passeporte ses services dans toute l’Union européenne, France comprise. Son positionnement multi-actifs (crypto, actions fractionnées, métaux précieux) en fait un choix prisé en zone DACH et de plus en plus en France.
D’autres acteurs majeurs comme Bitget, OKX, Crypto.com ou KuCoin figurent dans des situations contrastées : certains ont obtenu un agrément européen, d’autres ont restreint leurs services aux clients français, d’autres encore sont en cours d’instruction.
Les acteurs français historiques
La France compte plusieurs pionniers du secteur, créés bien avant l’existence du statut PSAN. Paymium, fondé en 2011 par Pierre Noizat et Gonzague Grandval, est l’un des plus anciens exchanges Bitcoin au monde. Spécialisé sur la paire BTC/EUR avec règlement SEPA, il a obtenu son enregistrement PSAN dès la mise en place du dispositif.
Coinhouse, lancé en 2014 (initialement sous le nom La Maison du Bitcoin), s’est positionné sur l’accompagnement haut de gamme : conseil patrimonial, conciergerie, services aux entreprises. Coinhouse a été parmi les premiers PSAN enregistrés en mars 2020, lors de la mise en place effective du régime PACTE.
Deblock incarne la nouvelle génération : néobanque crypto fondée par d’anciens cadres de Revolut et Ledger, lancée en 2024. Elle propose un compte bancaire SEPA classique adossé à un portefeuille auto-custody pour les cryptos, avec un enregistrement PSAN obtenu rapidement. D’autres entrants récents complètent l’écosystème français : Lugh (stablecoin EURL), Just Mining, StackinSat, Bitstack pour l’investissement programmé.
Du côté infrastructure et conservation, Ledger (wallets matériels), Kiln (staking institutionnel) ou Taurus (custody) renforcent la place de Paris sur la chaîne de valeur crypto européenne.
Comment vérifier qu’une plateforme est autorisée
La méthode officielle est simple. Le registre public est tenu par l’AMF et accessible directement depuis le site amf-france.org dans la rubrique professionnels / fintech. Le jeu de données est aussi téléchargeable au format CSV et JSON via data.gouv.fr, ce qui permet une vérification automatique pour les outils internes.
Au-delà du registre, plusieurs vérifications utiles avant d’ouvrir un compte : présence d’une vraie procédure KYC documentée, conditions générales en français, mentions légales mentionnant explicitement le numéro d’enregistrement PSAN ou l’agrément CASP, possibilité de retrait SEPA vers son compte bancaire à son nom. Une plateforme refusant tout retrait fiat, exigeant un KYC accéléré ou sollicitant l’usage de stablecoins non régulés pour les dépôts est un signal d’alerte.
Pour estimer rapidement la valeur d’un portefeuille en euros, des outils comme le convertisseur crypto ou la heatmap des marchés permettent un suivi neutre, indépendamment du choix de plateforme.
Risques d’une plateforme non autorisée
Utiliser un service non enregistré expose à des risques concrets. Sur le plan financier, aucun mécanisme européen de protection ne s’applique : pas de ségrégation des actifs clients vérifiée, pas d’obligation de fonds propres, pas de plan de résolution. Les pertes des clients de FTX, Celsius ou Voyager en 2022 illustrent ce risque à plusieurs milliards de dollars.
Côté fiscal, l’administration française considère ces plateformes comme des comptes ouverts à l’étranger : déclaration obligatoire via le formulaire 3916-bis annuel, amende de 750 euros par compte oublié (1 500 si la valeur dépasse 50 000 euros). En cas de litige (gel, refus de retrait, piratage), aucun recours pratique n’est ouvert auprès du médiateur de l’AMF.
L’avis d’un conseiller en investissements financiers ou d’un avocat fiscaliste est recommandé avant tout dépôt significatif. La rubrique Régulation de Cryptoactu suit l’actualité des sanctions et mises en garde de l’AMF.
Questions fréquentes
Quelle est la date limite pour les anciens PSAN ?
Le 1er juillet 2026. Au-delà de cette date, tout prestataire de services sur actifs numériques actif en France devra disposer d’un agrément CASP au titre du règlement MiCA, qu’il soit délivré par l’AMF française ou par une autorité d’un autre État membre de l’Union européenne via le passeport européen.
Un agrément CASP obtenu en Irlande est-il valable en France ?
Oui. C’est le principe du passeport européen prévu par MiCA. Un CASP autorisé par la Banque centrale d’Irlande (cas de Coinbase et Kraken), la BaFin allemande, la FMA autrichienne (Bitpanda) ou tout autre régulateur national peut servir des clients français sous condition de notification préalable à l’AMF.
Binance est-elle encore autorisée en France ?
Oui en mai 2026. Binance opère via Binance France SAS dans le cadre transitoire PSAN, en parallèle d’une instruction CASP active. Le détail des services autorisés, les frais et la couverture fiscale sont précisés dans l avis Binance publié sur Cryptoactu.
Comment savoir si un exchange est inscrit sur la liste blanche AMF ?
Le moyen le plus rapide est de consulter le jeu de données officiel publié sur data.gouv.fr, mis à jour régulièrement. La page recense pour chaque PSAN le nom commercial, la raison sociale, le numéro d’enregistrement et la liste des services autorisés. Une recherche directe sur amf-france.org renvoie aux mêmes informations.
Faut-il déclarer son compte sur une plateforme étrangère autorisée CASP ?
Oui. L’obligation de déclaration via le formulaire 3916-bis s’applique à tout compte d’actifs numériques ouvert auprès d’un opérateur établi hors de France, y compris dans un autre pays de l’Union européenne. La sanction du défaut de déclaration est de 750 euros par compte, portée à 1 500 euros si la valeur dépasse 50 000 euros.
Sources
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HACKS & SÉCURITÉPamStealer vole mots de passe, keychains et wallets crypto
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