Éric Larchevêque est un entrepreneur français, cofondateur de Ledger en 2014, le fabricant de portefeuilles physiques devenu licorne avec une valorisation de 1,5 milliard de dollars en 2021. Pionnier du bitcoin en France via La Maison du Bitcoin, il est aussi connu du grand public comme investisseur de « Qui veut être mon associé ? » sur M6 depuis 2020. En 2026, Ledger visait une entrée à Wall Street à plus de 4 milliards de dollars, un projet depuis suspendu.
Au programme
- Serial entrepreneur avant la crypto : sa société Montorgueil est revendue 22 millions d’euros en 2007, puis il fonde Prixing et La Maison du Bitcoin, devenue Coinhouse.
- Ledger, cofondée en 2014, devient la 15e licorne française en juin 2021 après une levée de 380 millions de dollars ; plus de 8 millions d’appareils vendus depuis.
- Investisseur dans « Qui veut être mon associé ? » sur M6 depuis 2020, il pèse une fortune estimée à 340 millions d’euros selon Challenges (2024).
Quel parcours avant Ledger et la crypto ?
Éric Larchevêque naît le 30 septembre 1973 à Boulogne-Billancourt et grandit à Vierzon, dans le Cher. Diplômé ingénieur de l’ESIEE Paris en 1996, il lance sa première société dès 1998 : Montorgueil, un éditeur de sites de rencontre et de divertissement pour adultes. Il la revend en 2007 à Rentabiliweb pour 22 millions d’euros, selon Wikipédia et la presse économique française.
Suivent des années atypiques. Joueur de poker professionnel jusqu’en 2009, il revient à la tech en 2011 avec Prixing, une application de comparaison de prix qui lève 1,75 million d’euros avant d’être cédée au groupe HighCo en 2014. À cette date, il a déjà découvert le bitcoin et décidé d’en faire son prochain terrain de jeu.
En mai 2014, il ouvre avec Thomas France La Maison du Bitcoin, rue du Caire à Paris : un lieu physique dédié à la formation et à l’achat de cryptomonnaies. La structure prend son indépendance en 2018 et devient Coinhouse, dirigée par Nicolas Louvet, selon l’historique officiel de l’entreprise. Ce guichet parisien a servi de porte d’entrée crypto à toute une génération d’investisseurs français.
Comment Ledger est devenue une licorne française ?
La même année 2014, Larchevêque cofonde Ledger, l’un des huit cofondateurs venus de la cybersécurité et des cartes à puce. L’idée : protéger les clés privées des détenteurs de cryptomonnaies dans un boîtier sécurisé hors ligne, un cold wallet. Le Ledger Nano S impose rapidement la société comme référence mondiale du portefeuille matériel.
Larchevêque dirige l’entreprise comme PDG jusqu’en avril 2019, puis passe la main à Pascal Gauthier et devient président du conseil d’administration, selon l’annonce officielle de Ledger. La croissance continue sans lui aux commandes opérationnelles : en juin 2021, Ledger lève 380 millions de dollars en série C auprès de 10T Holdings, Tekne Capital ou encore la Financière Agache, sur une valorisation supérieure à 1,5 milliard de dollars. La société devient la 15e licorne française, selon Maddyness et Cathay Capital.
Depuis, Ledger revendique plus de 8 millions d’appareils vendus, dont le Ledger Nano X, et la sécurisation de plus de 20 % des crypto-actifs mondiaux, selon les chiffres communiqués par l’entreprise et relayés par Maddyness en janvier 2026. Début 2026, Ledger mandate Goldman Sachs, Jefferies et Barclays pour préparer une entrée à Wall Street sur une valorisation visée à plus de 4 milliards de dollars, avant de geler le projet face au retournement du marché crypto, selon la presse financière.
Que fait Éric Larchevêque en 2025-2026 ?
Retiré de l’opérationnel chez Ledger, Larchevêque cultive sa notoriété grand public. Depuis février 2020, il siège parmi les investisseurs de « Qui veut être mon associé ? », l’émission entrepreneuriale de M6, où il finance des start-up sur ses fonds propres. En 2024, il publie le livre « Entreprendre pour être libre », qui synthétise sa philosophie d’entrepreneur autodidacte.
Fin novembre 2025, il dévoile The Bitcoin Society (TBSO), présentée comme la première société de trésorerie bitcoin cotée sur Euronext Paris, via la reprise de la Société de Tayninh. Il en détient environ 62 % du capital, aux côtés de l’ancien basketteur Tony Parker (près de 9 %), selon Maddyness. Il décrit alors l’initiative comme « le projet le plus important de sa vie ». Le modèle s’inspire des sociétés de trésorerie popularisées par Michael Saylor et Strategy aux États-Unis.
L’aventure tourne court. En mai 2026, six mois après le lancement, TBSO renonce à sa stratégie d’accumulation de bitcoin : le cours a chuté de plus de 20 % et le financement des trésoreries crypto s’est tari, explique-t-il à Bloomberg. La société pivote vers des clubs d’entrepreneurs et d’investisseurs. Un revers assumé publiquement, fidèle à son discours sur le droit à l’échec.
Quelle influence sur l’écosystème crypto français ?
Larchevêque reste l’une des figures les plus écoutées du bitcoin en France. Dès 2014, La Maison du Bitcoin a joué un rôle d’évangélisation quand la classe politique française ignorait le sujet. Ledger demeure la vitrine industrielle du pays en matière de sécurisation des cryptomonnaies, avec sa technologie de puce sécurisée régulièrement citée en exemple à l’international.
Son influence dépasse la crypto. À Vierzon, sa ville d’enfance, il a cofondé en 2022 l’école d’informatique ALGOSUP, fermée en juillet 2025, puis en 2023 l’incubateur B³ Village by CA avec le Crédit Agricole Centre Loire. Le magazine Challenges estimait sa fortune à 340 millions d’euros en 2024, au 392e rang des fortunes françaises.
Sur le fond, il défend une vision du bitcoin comme outil de liberté individuelle et de protection de l’épargne, et critique régulièrement la pression fiscale française sur les entrepreneurs. Une ligne libertarienne qui nourrit sa popularité dans la communauté crypto francophone, autant qu’elle agace ses détracteurs.
Chiffres clés
Quelques repères chiffrés sur la trajectoire d’Éric Larchevêque :
- 1973 : naissance à Boulogne-Billancourt ; enfance à Vierzon.
- 2007 : vente de Montorgueil à Rentabiliweb pour 22 millions d’euros.
- 2014 : cofondation de Ledger et ouverture de La Maison du Bitcoin, future Coinhouse.
- 2019 : passage de relais à Pascal Gauthier ; présidence du conseil d’administration.
- 2021 : Ledger lève 380 millions de dollars et devient licorne à 1,5 milliard de dollars.
- 2024 : fortune estimée à 340 millions d’euros (Challenges) ; parution de son livre.
- 2025 : lancement de The Bitcoin Society sur Euronext Paris avec Tony Parker.
- 2026 : IPO de Ledger visée à plus de 4 milliards de dollars, puis suspendue ; TBSO abandonne sa trésorerie bitcoin.
Questions fréquentes
Quel est le rôle d’Éric Larchevêque chez Ledger aujourd’hui ?
Éric Larchevêque n’est plus PDG de Ledger depuis avril 2019. Il a transmis la direction générale à Pascal Gauthier et occupe depuis la présidence du conseil d’administration, un rôle centré sur la stratégie et la vision long terme. Il reste actionnaire de l’entreprise, mais n’intervient plus dans la gestion quotidienne.
Quelle est la fortune d’Éric Larchevêque ?
Le magazine Challenges estimait sa fortune à 340 millions d’euros en 2024, ce qui le plaçait au 392e rang des fortunes professionnelles françaises. L’essentiel provient de sa participation dans Ledger, complétée par la vente de Montorgueil en 2007 et ses investissements dans des dizaines de start-up, notamment via l’émission de M6.
Pourquoi Éric Larchevêque est-il connu du grand public ?
Depuis février 2020, il fait partie des investisseurs de « Qui veut être mon associé ? » sur M6, où des entrepreneurs pitchent leur projet en direct. L’émission a fait de lui l’un des visages de l’entrepreneuriat français, bien au-delà de la sphère crypto. Son franc-parler et son parcours autodidacte, du poker à la licorne Ledger, alimentent cette notoriété.
Photo : Murzika
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