Larry Fink est le cofondateur et PDG de BlackRock, premier gestionnaire d’actifs au monde avec 15 300 Md$ d’encours au deuxième trimestre 2026, selon Bloomberg. Longtemps sceptique vis-à-vis des cryptomonnaies, il a lancé en janvier 2024 l’ETF spot bitcoin IBIT, devenu le fonds indiciel à la croissance la plus rapide de l’histoire. Son revirement a fait de lui la principale force d’adoption institutionnelle du bitcoin, et le premier avocat de la tokenisation des actifs financiers.
Au programme
- Larry Fink cofonde BlackRock en 1988 après une perte de 100 M$ chez First Boston ; la société franchit 15 300 Md$ d’encours mi-2026 (source : Bloomberg).
- En 2017, il qualifiait le bitcoin d’« index du blanchiment d’argent » ; en janvier 2024, son ETF IBIT ouvre le bitcoin aux investisseurs traditionnels.
- Son fonds tokenisé BUIDL, lancé en mars 2024, gère environ 2,5 Md$ en 2026 et incarne son pari : tokeniser actions, obligations et fonds.
Quel parcours avant de fonder BlackRock ?
Laurence Douglas Fink naît en 1952 à Van Nuys, en Californie, dans une famille modeste : père vendeur de chaussures, mère professeure d’anglais. Diplômé de UCLA en sciences politiques, puis titulaire d’un MBA de la même université, il rejoint la banque First Boston en 1976. Il y négocie des titres adossés à des créances hypothécaires et devient l’un des plus jeunes managing directors de l’histoire de l’établissement, selon Britannica.
En 1986, une chute inattendue des taux d’intérêt fait perdre environ 100 M$ à son département : ses couvertures de risque ont échoué. L’épisode le marque durablement. Il en tire la conviction que la gestion du risque doit être le socle de toute stratégie d’investissement, philosophie qui donnera naissance à Aladdin, la plateforme d’analyse de risque de BlackRock.
En 1988, il cofonde avec sept associés, dont Robert Kapito, une société de gestion obligataire sous l’aile du groupe Blackstone, qui apporte une ligne de crédit de 5 M$ contre 50 % du capital. L’entité adopte le nom BlackRock en 1992, prend son indépendance en 1994, entre en Bourse en 1999, puis change de dimension en 2009 en rachetant Barclays Global Investors, qui lui apporte la plateforme d’ETF iShares.
Comment le sceptique du bitcoin a lancé l’ETF IBIT ?
En octobre 2017, en pleine flambée du bitcoin, Fink balaie l’actif d’une phrase restée célèbre, rapportée par CNBC.
« Le bitcoin montre simplement l’ampleur de la demande de blanchiment d’argent dans le monde. C’est tout ce que c’est. » : Larry Fink, conférence de l’Institute of International Finance, 2017
Six ans plus tard, le 15 juin 2023, BlackRock dépose auprès de la SEC le dossier S-1 de l’iShares Bitcoin Trust. Le signal change tout : la SEC, fragilisée par sa défaite judiciaire face à Grayscale en août 2023, approuve les ETF spot bitcoin le 10 janvier 2024. IBIT est coté dès le lendemain.
Le succès est immédiat et sans précédent. En juillet 2025, IBIT franchit 80 Md$ d’encours en seulement 374 jours de cotation, cinq fois plus vite que le précédent record détenu par le Vanguard S&P 500, selon The Block et CoinDesk. Le fonds capte à lui seul environ 25 Md$ de collecte nette sur l’année 2025, écrasant la concurrence des autres ETF bitcoin.
Le repli du marché en 2026 ramène ensuite l’encours à 43,4 Md$ au 30 juin 2026, d’après le rapport trimestriel déposé auprès de la SEC. Le fonctionnement du produit est détaillé dans notre guide de l’ETF IBIT de BlackRock.
Fink assume publiquement son revirement. Dès janvier 2024, il se déclare « croyant » dans le bitcoin, qu’il décrit comme un or numérique protégeant contre la dévaluation des monnaies, une position répétée en octobre 2024 puis tout au long de 2025, selon Kitco et Yahoo Finance.
Quel rôle joue-t-il dans la tokenisation en 2025-2026 ?
Le bitcoin n’est que la première étape de sa thèse. Dans sa lettre annuelle 2025 aux investisseurs, Fink écrit que chaque action, chaque obligation, chaque fonds peut être tokenisé, et que la tokenisation révolutionnera l’investissement : marchés ouverts en continu, règlement en quelques secondes, capitaux immobilisés réinjectés dans l’économie.
BlackRock joint les actes à la parole. En mars 2024, la société lance avec Securitize le fonds monétaire tokenisé BUIDL, dont le token BUIDL représente des parts adossées à des bons du Trésor américain. Le fonds dépasse 1 Md$ d’encours en mars 2025, selon un communiqué officiel de Securitize, puis atteint environ 2,5 Md$ au printemps 2026, déployé sur six blockchains dont Ethereum.
En mai 2026, BlackRock dépose auprès de la SEC les dossiers de deux nouveaux fonds tokenisés, ainsi que des parts onchain pour un fonds monétaire de 7 Md$, selon CoinDesk.
Sa lettre 2026, publiée en mars, élargit encore le propos : l’intelligence artificielle crée de la richesse à grande vitesse, mais creuse le fossé entre détenteurs d’actifs et les autres. Sa réponse : démocratiser l’accès aux marchés privés et aux actifs numériques via des produits tokenisés à bas coût.
Quelle influence sur l’écosystème crypto ?
L’entrée de BlackRock a changé la nature même du marché. Là où Michael Saylor accumule du bitcoin en trésorerie d’entreprise, Fink a construit le pont réglementé entre l’épargne traditionnelle et l’actif : fonds de pension, conseillers financiers et trésoreries passent désormais par IBIT sans toucher une clé privée. Beaucoup d’analystes estiment que le seul dépôt du dossier S-1 en 2023 a inversé le cycle baissier, avant même l’approbation arrachée à la SEC de Gary Gensler.
Cette influence nourrit aussi les critiques. Une partie de la communauté bitcoin dénonce la concentration croissante de BTC entre les mains d’un gestionnaire déjà omniprésent au capital des grandes entreprises cotées. D’autres rappellent que l’engagement de Fink reste avant tout commercial : les ETF crypto et les fonds tokenisés génèrent des frais et de la collecte, dans un contexte où BlackRock enregistre 192 Md$ de flux nets au seul deuxième trimestre 2026, selon Bloomberg.
Reste que le revirement du patron du premier gestionnaire mondial a fait plus pour la légitimité du bitcoin que des années de plaidoyer militant. Quand Fink parle d’or numérique, les banques centrales, les fonds souverains et les régulateurs écoutent.
Chiffres clés
Quelques repères chiffrés sur la trajectoire de Larry Fink :
- 1952 : naissance à Van Nuys, Californie.
- 1976 : entre chez First Boston, où il négocie des titres hypothécaires.
- 1986 : son département perd environ 100 M$, l’épisode fondateur de sa doctrine du risque.
- 1988 : cofondation de BlackRock avec sept associés, sous l’aile de Blackstone.
- 1999 : introduction en Bourse de BlackRock à New York.
- 2017 : il qualifie le bitcoin d’« index du blanchiment d’argent ».
- 2024 : lancement d’IBIT en janvier, puis du fonds tokenisé BUIDL en mars.
- 2025 : IBIT franchit 80 Md$ d’encours en 374 jours, un record absolu pour un ETF.
- 2026 : BlackRock dépasse 15 300 Md$ d’encours au deuxième trimestre.
Questions fréquentes
Pourquoi Larry Fink a-t-il changé d’avis sur le bitcoin ?
Fink cite la demande de ses clients, la maturation des infrastructures de marché et l’arrivée de produits régulés. Après avoir qualifié le bitcoin d’« index du blanchiment d’argent » en 2017, il le présente depuis 2024 comme un or numérique, une protection contre la dévaluation des monnaies et l’instabilité géopolitique.
Qu’est-ce que l’ETF IBIT de BlackRock ?
L’iShares Bitcoin Trust est un ETF spot coté au Nasdaq depuis le 11 janvier 2024. Il détient directement du bitcoin et permet d’y investir via un simple compte-titres. Fonds à la croissance la plus rapide de l’histoire, il a atteint 80 Md$ d’encours en 374 jours, avant de refluer avec le marché en 2026.
Que pèse BlackRock sous la direction de Larry Fink ?
BlackRock gère 15 300 Md$ d’actifs au deuxième trimestre 2026, un record mondial, après une collecte nette de 192 Md$ sur le seul trimestre. La société domine le marché des ETF via iShares et pousse la tokenisation avec BUIDL, son fonds monétaire onchain d’environ 2,5 Md$ d’encours.
Photo : Kena Betancur / Commission européenne
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