Le blocage prolongé du Digital Asset Market Clarity Act au Congrès américain pousse désormais plus de 40 % des entreprises crypto à accélérer leurs plans de relocalisation hors des États-Unis, selon une récente note de Grayscale. Le gestionnaire d’actifs, qui supervise plus de 25 milliards de dollars d’encours, avertit que l’absence de cadre réglementaire clair transforme l’Amérique en simple spectateur de l’innovation blockchain.
L’impasse législative autour du Digital Asset Market Clarity Act aux États-Unis déclenche une alerte sérieuse chez Grayscale. Le géant de la gestion d’actifs numériques prévient que sans adoption rapide de ce texte, l’écosystème crypto américain risque un exode des talents et des capitaux vers des juridictions plus accueillantes, comme l’Union européenne sous MiCA ou les Émirats arabes unis.
Au programme :
- Plus de 40 % des sociétés crypto américaines envisagent désormais une délocalisation totale ou partielle de leurs activités
- Le coût de la fragmentation réglementaire est estimé à plus de 3 milliards de dollars en investissements non réalisés depuis janvier 2026
- Le Sénat dispose d’une fenêtre de trois mois avant les élections de mi-mandat pour débloquer un texte déjà adopté par la Chambre
Zach Pandl, directeur de la recherche chez Grayscale, a précisé que l’impact ne serait pas immédiat sur l’écosystème actuel, mais que les futures activités d’investissement aux États-Unis seraient les premières touchées. Le blocage du texte pourrait rediriger les flux d’innovation vers l’étranger, un scénario déjà observé avec l’adoption du règlement européen MiCA, qui a provoqué une première vague de délocalisations hors d’Europe.
« Si le Clarity Act n’est pas adopté, l’activité des acteurs du secteur se déplacera progressivement vers des juridictions plus favorables, ce qui affectera les nouveaux investissements aux États-Unis. » : Zach Pandl, Head of Research chez Grayscale
Pourquoi le Clarity Act inquiète-t-il Grayscale ?
Le Clarity Act vise à définir les rôles de la SEC et de la CFTC pour les actifs numériques, mettant fin à l’insécurité juridique actuelle. Sans ce cadre, les entreprises restent exposées à des actions de régulation par application, freinant l’innovation. Grayscale avait déjà souligné en 2025 que l’absence de règles claires profitait à certaines blockchains comme Ethereum et Solana au détriment d’autres, mais le retard global commence à peser sur tout le secteur.
La situation contraste avec l’Union européenne, où le cadre MiCA offre une sécurité juridique depuis 2024. Plusieurs entreprises ont déjà annoncé leur intention de s’installer à Dubaï, dont le cadre réglementaire est également jugé plus prévisible. Ce double mouvement : régulation aux États-Unis et attractivité des Émirats : crée une pression concurrentielle inédite sur les législateurs américains.
Combien d’entreprises crypto pourraient quitter les États-Unis ?
Le chiffre précis est difficile à estimer, mais les signaux sont préoccupants. Grayscale elle-même cherche activement à étendre son offre crypto à l’Europe, un mouvement stratégique qui en dit long sur la perception des opportunités hors États-Unis. D’autres sociétés de gestion ont déposé des demandes d’agrément en France et au Luxembourg, selon plusieurs observateurs du secteur.
Le portefeuille diversifié des institutionnels américains intègre déjà de plus en plus d’actifs émis sous des juridictions étrangères, ce qui réduit mécaniquement l’assiette fiscale et réglementaire américaine. Les régulateurs américains sont conscients du phénomène mais restent paralysés par les divisions au Congrès, entre la Chambre qui a adopté le texte et le Sénat qui bloque.
Quel calendrier pour le Clarity Act ?
Le texte a été adopté par la Chambre des représentants en 2025 mais reste bloqué au Sénat, où il n’a pas encore été soumis au vote. La fenêtre législative se réduit à mesure que l’élection de mi-mandat de 2026 approche, rendant tout compromis bipartisan plus difficile. Grayscale a déjà identifié les blockchains gagnantes dans un scénario d’adoption du Clarity Act, mais l’incertitude actuelle pénalise l’ensemble des actifs numériques.
Zach Pandl a également souligné que la gestion du risque devient plus complexe pour les investisseurs institutionnels qui doivent naviguer entre les régimes américain, européen et émirati sans cadre unifié. Le coût de cette fragmentation réglementaire est estimé à plusieurs milliards de dollars en investissements non réalisés, un chiffre qui devrait alerter les législateurs américains.
À retenir
Grayscale tire la sonnette d’alarme : sans adoption rapide du Clarity Act, l’innovation crypto américaine risque de s’éroder au profit de juridictions mieux régulées. Les prochains mois seront décisifs pour le Sénat, qui doit choisir entre encadrer le secteur ou assister passivement à l’exode des talents et des capitaux vers l’Europe et les Émirats.
Questions fréquentes
Combien d’entreprises crypto envisagent de quitter les États-Unis à cause du blocage du Clarity Act ?
Selon la note de Grayscale publiée en août 2026, plus de 40 % des entreprises crypto américaines accélèrent leurs plans de relocalisation. Ce mouvement concerne principalement les jeunes pousses et les gestionnaires d’actifs cherchant une stabilité réglementaire que le Congrès ne leur garantit plus à court terme.
En quoi le Clarity Act changerait-il la donne pour l’industrie crypto américaine ?
Le Clarity Act définirait précisément les périmètres de la SEC et de la CFTC pour les actifs numériques, mettant fin à l’insécurité juridique qui freine l’investissement institutionnel depuis 2023. Adopté par la Chambre, il offrirait enfin aux entreprises une feuille de route claire au lieu d’une régulation par application.
Quelles juridictions attirent les entreprises crypto qui quittent les États-Unis ?
L’Union européenne, grâce au cadre MiCA en vigueur depuis 2024, et les Émirats arabes unis, avec une régulation jugée très prévisible, sont les principales destinations. La France et le Luxembourg concentrent les demandes d’agrément des sociétés de gestion américaines désireuses d’opérer sur le marché unique européen.
Sources
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