Le secteur bancaire américain monte au créneau : 79 associations, dont l’American Bankers Association (ABA) et l’Independent Community Bankers of America (ICBA), ont adressé une lettre conjointe aux dirigeants du Sénat pour réclamer un cadre plus strict sur les stablecoins dans le CLARITY Act. Les banques redoutent une fuite massive des dépôts vers ces jetons si la législation reste inchangée, selon un document consulté par The Block ce 14 juillet 2026.
Au programme
- 79 associations bancaires et 76 fédérations d’États exigent un durcissement du CLARITY Act
- Les banques communautaires craignent une substitution directe des dépôts bancaires par les stablecoins
- Cette offensive coïncide avec un appel de Trump à voter la loi en l’honneur du sénateur Lindsey Graham, décédé samedi
Pourquoi les banques attaquent-elles les stablecoins dans le CLARITY Act ?
Le texte actuel du CLARITY Act ne protège pas suffisamment le système bancaire contre une substitution des dépôts, alertent les signataires. La crainte centrale : que les stablecoins deviennent un équivalent fonctionnel des comptes courants sans les mêmes exigences prudentielles. Les 76 associations d’État fédérées redoutent une hémorragie des liquidités des banques communautaires, qui financent l’économie locale.
La menace sur les banques n’est pas théorique. Les volumes de stablecoins ont déjà connu des épisodes de ruée, avec 328 millions de dollars de pertes enregistrées en 2026 suite à des incidents de désancrage. Pour les associations, le risque est systémique : si un stablecoin non bancaire capte 15 ou 20 % des dépôts de détail, les banques communautaires perdraient leur principale source de financement.
Quel calendrier politique pour le CLARITY Act ?
L’offensive bancaire intervient dans un moment de fragilité politique inédite. Le sénateur Lindsey Graham, soutien de longue date de la cause crypto, est décédé samedi à 71 ans. Sa disparition prive la majorité républicaine d’une voix critique : le seuil des 60 votes nécessaire pour passer le Sénat n’est plus garanti.
Donald Trump a saisi l’occasion en appelant sur Truth Social à « voter le CLARITY Act en hommage à Lindsey ». La manœuvre vise à rallier des démocrates modérés en jouant sur l’héritage bipartisan du sénateur défunt. Selon nos informations, les chances d’adoption restent toutefois à un plus bas annuel.
La bataille des stablecoins s’accélère de tous côtés. L’exécutif américain a déjà réuni les forces de l’ordre pour préparer le terrain réglementaire. Et les banques ne sont pas les seules à peser : plus de 200 firmes crypto ont également pressé le Sénat d’agir plus tôt cette année.
Que veulent concrètement les banques dans le texte final ?
L’ABA et l’ICBA formulent 3 exigences principales. Premièrement, imposer aux émetteurs de stablecoins des réserves obligatoires comparables à celles des banques. Deuxièmement, limiter strictement les activités de prêt adossées à ces jetons. Troisièmement, soumettre les émetteurs non bancaires à une supervision fédérale directe.
L’enjeu est de taille : les règles stablecoins de la Fed montrent que les régulateurs veulent étendre leur contrôle. La Banque d’Angleterre a même exprimé une préférence pour les dépôts tokenisés plutôt que les stablecoins privés.
Les associations redoutent que des acteurs comme Circle profitent d’un vide réglementaire pour se positionner en banque de fait. Le GENIUS Act, texte antérieur, avait déjà vu Circle réclamer des règles strictes pour les stablecoins. L’issue des négociations au Sénat déterminera si les banques obtiennent gain de cause, ou si les fintechs crypto parviennent à maintenir leur avantage concurrentiel. Le vote est désormais suspendu à une recomposition politique que la mort de Lindsey Graham rend plus incertaine que jamais.
À retenir
Les 79 associations bancaires américaines placent le Sénat face à un dilemme : adopter un CLARITY Act favorable aux stablecoins non bancaires au risque d’une fuite des dépôts, ou durcir le texte pour protéger les banques. La mort de Lindsey Graham complique l’équation politique alors que Trump tente un coup de poker mémoriel. Le calendrier législatif est désormais suspendu aux tractations entre républicains affaiblis et démocrates divisés.
Sources
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