Owen Simonin, connu sous le pseudonyme Hasheur, est le vulgarisateur blockchain le plus suivi de l’espace francophone. Sa chaîne YouTube, lancée en 2016, a franchi le cap des 800 000 abonnés, et sa société Meria revendique environ 350 millions d’euros d’actifs confiés par 150 000 utilisateurs. En 2026, il incarne une trajectoire rare : celle d’un influenceur devenu patron d’une plateforme régulée, désormais courtisée par le Crédit Agricole.
Au programme
- Owen Simonin lance la chaîne Hasheur en 2016, puis fonde Just Mining en mai 2017, rebaptisée Meria en décembre 2022.
- Meria obtient l’agrément MiCA de l’AMF le 22 juin 2026 (numéro PSCA-AGR-2026-020), couvrant l’ensemble des services d’investissement en crypto-actifs.
- En juillet 2026, CACEIS, filiale du Crédit Agricole, entre en discussions exclusives pour racheter la plateforme.
Un gamin de Bastia devenu entrepreneur avant la crypto
Owen Simonin naît le 10 mai 1997 à Bastia, en Corse. L’entrepreneuriat le saisit tôt : adolescent, il lance le serveur Minecraft MVWild, qui réunira jusqu’à 120 000 joueurs avant sa fermeture fin 2023. Cette première aventure numérique lui apprend à fédérer une communauté en ligne, bien avant de parler de Bitcoin.
Après son baccalauréat, il poursuit des études de commerce, notamment à l’étranger. C’est pendant ses études qu’il découvre les cryptomonnaies et constate un vide : personne ne les explique simplement en français.
En 2016, il crée la chaîne YouTube Hasheur, un pseudonyme dérivé du hachage cryptographique, l’opération au cœur du minage. Son format, des explications posées et accessibles, tranche avec les promesses de gains rapides qui pullulent alors. La chaîne devient la première référence pédagogique crypto de l’espace francophone, avec plus de 800 000 abonnés selon les annonces officielles du créateur.
Comment Just Mining est devenue Meria ?
En mai 2017, Owen Simonin fonde Just Mining à Metz avec deux associés, Thibaut Boutrou et Laurent Graziani. L’activité initiale : vendre des machines clés en main pour miner de l’Ethereum. La société élargit ensuite son offre aux masternodes, puis au staking, à mesure que les réseaux abandonnent la preuve de travail.
En parallèle, l’entrepreneur multiplie les structures. En 2018, il cofonde Deskoin, une plateforme d’achat-vente de crypto-actifs. En 2019, il lance HashConsulting, une agence de conseil qui accompagne des entreprises sur leurs projets blockchain. Just Mining et Deskoin obtiennent chacune leur enregistrement PSAN auprès de l’AMF en 2021, un choix de conformité précoce dans un secteur alors peu régulé.
En décembre 2022, Just Mining devient Meria. Le changement de nom accompagne un pivot assumé : l’abandon progressif du minage au profit de l’investissement et du staking. Selon The Big Whale, la société, longtemps autofinancée, lève plus de 1 million d’euros en 2023 auprès d’investisseurs proches du fondateur, sur la base d’une valorisation estimée à plusieurs dizaines de millions d’euros. En 2024, elle emploie 41 salariés, d’après ses comptes publiés. Owen Simonin en reste l’actionnaire de référence et le dirigeant, tout en poursuivant sa production de contenus pédagogiques sur YouTube.
Licence MiCA puis Crédit Agricole : où en est Meria en 2026 ?
Le 22 juin 2026, Meria obtient son agrément PSCA auprès de l’AMF, sous le numéro PSCA-AGR-2026-020, dans le cadre du règlement européen MiCA. La licence couvre l’ensemble des services d’investissement en crypto-actifs : conservation, exécution d’ordres, conseil, gestion de portefeuille, transfert et échange. Meria devient ainsi l’acteur français le plus complet du nouveau régime, devant Paymium, agréé sur un périmètre plus restreint.
L’agrément change la dimension de l’entreprise. Début juillet 2026, la presse financière révèle que CACEIS, la filiale de conservation d’actifs du Crédit Agricole, est entrée en discussions exclusives pour racheter Meria. La banque s’intéresse en particulier à son activité de staking, au moment où elle prépare l’extension de son offre crypto après le lancement de son stablecoin en euros. Ni le montant ni le calendrier de l’opération n’ont été officialisés à ce jour.
Pour Owen Simonin, l’issue de ces négociations dira si le pari de la régulation paie : une sortie auprès d’une grande banque française validerait dix ans de stratégie de conformité, quand nombre de plateformes concurrentes ont préféré s’installer hors d’Europe.
Quelle influence dans l’écosystème crypto français ?
L’influence d’Owen Simonin dépasse largement ses entreprises. Fin 2017, il est l’un des premiers à alerter publiquement sur BitConnect, un système Ponzi qui s’effondrera quelques semaines plus tard. En février 2018, il corrige publiquement le ministre de l’Économie Bruno Le Maire sur ses approximations concernant les cryptomonnaies, une séquence qui installe sa crédibilité au-delà de YouTube.
Depuis 2021, il co-anime l’émission Les Pros de Crypto sur BFM Business, ce qui fait de lui l’un des rares visages crypto présents à la télévision française. En 2023, il prend publiquement position dans le débat parlementaire sur la loi encadrant les influenceurs, signe que le secteur le considère comme un interlocuteur de référence plutôt que comme un simple créateur de contenu.
Son positionnement reste constant : promouvoir l’investissement de long terme, la conformité réglementaire et la pédagogie, à rebours des promesses de rendement rapide. Là où d’autres figures mondiales comme Changpeng Zhao ont bâti leur empire dans la zone grise réglementaire, Simonin a fait de l’enregistrement auprès des plateformes régulées par l’AMF son principal argument commercial. Cette ligne lui vaut aussi des critiques récurrentes sur le conflit d’intérêts entre son rôle de vulgarisateur et la promotion de ses propres services.
Chiffres clés
Quelques repères chiffrés sur la trajectoire d’Owen Simonin :
- 1997 : naissance à Bastia, le 10 mai.
- 2016 : création de la chaîne YouTube Hasheur.
- 2017 : fondation de Just Mining à Metz, en mai.
- 2018 : cofondation de la plateforme d’échange Deskoin.
- 2021 : enregistrement PSAN de Just Mining et Deskoin auprès de l’AMF ; début de l’émission Les Pros de Crypto sur BFM Business.
- 2022 : Just Mining devient Meria, en décembre.
- 2026 : agrément MiCA le 22 juin ; environ 350 M€ d’actifs confiés et 150 000 utilisateurs ; discussions exclusives avec CACEIS en juillet.
Questions fréquentes
Pourquoi Owen Simonin se fait-il appeler Hasheur ?
Le pseudonyme vient du hachage, la fonction cryptographique au cœur du minage et de la sécurité des blockchains, dont dérive aussi le terme hashrate. Un hasheur est littéralement celui qui calcule des hachages. Le nom, choisi en 2016 pour sa chaîne YouTube, revendique d’emblée une approche technique et pédagogique du sujet.
Meria est-elle une plateforme régulée ?
Oui. Enregistrée PSAN auprès de l’AMF depuis mai 2021 sous son ancien nom Just Mining, la société a obtenu le 22 juin 2026 l’agrément européen MiCA sous le numéro PSCA-AGR-2026-020. Cette licence couvre la conservation, l’échange, le conseil, la gestion de portefeuille et l’exécution d’ordres sur crypto-actifs, soit le périmètre le plus large accordé à un acteur français.
Le Crédit Agricole va-t-il racheter Meria ?
Rien n’est finalisé. Début juillet 2026, CACEIS, filiale du Crédit Agricole dédiée à la conservation d’actifs, est entrée en discussions exclusives avec Meria selon la presse financière. La banque vise notamment l’expertise staking de la plateforme. Aucun montant ni calendrier n’a été confirmé officiellement par les deux parties.
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