Le stablecoin Open USD, soutenu par plus de 140 institutions dont BlackRock, Coinbase, Mastercard et Visa, est identifié par CoinShares comme la menace la plus sérieuse pour la position de l’USDC de Circle. Selon le gestionnaire d’actifs, le modèle de redistribution des revenus de réserves aux partenaires écosystémiques pourrait fragiliser le cœur de rentabilité de Circle, recentré sur l’agrément bancaire fédéral obtenu en 2026.

Open USD ambitionne de casser le modèle économique traditionnel des stablecoins en distribuant les intérêts générés par ses réserves aux partenaires, ne prélevant qu’une commission de gestion. Circle conserve l’intégralité des revenus obligataires de ses 73,2 milliards de dollars d’actifs en réserve. Selon CoinShares, ce différentiel structurel pourrait contraindre Circle à réduire ses marges ou à augmenter ses coûts de distribution pour maintenir son réseau, un risque que l’accord stratégique Coinbase-Circle renouvelé à vie tente justement de verrouiller.

Pourquoi Open USD menace-t-il Circle ?

Le modèle d’Open USD repose sur un partage des revenus de réserve. Là où Circle capte la totalité des intérêts obligataires issus des dépôts en dollars : un portefeuille qui inclut des bons du Trésor américain, des liquidités et des accords de rachat : Open USD propose de restituer ces revenus aux acteurs qui intègrent et distribuent le stablecoin.

Ce mécanisme transforme les partenaires en bénéficiaires directs. Pour un émetteur comme Circle, chaque dollar d’USDC en circulation génère un rendement captif. Selon CoinShares, l’arrivée d’un concurrent qui partage ce rendement risque d’éroder les marges et de renchérir la fidélisation des plateformes distributrices. La banque Mizuho a d’ailleurs dégradé l’action Circle de « neutre » à « sous-performance » le 15 juillet, abaissant son objectif de cours de 85 à 50 dollars, en invoquant précisément cette pression concurrentielle.

La coalition Open USD, prévue pour le second semestre 2026, compte parmi ses membres fondateurs des poids lourds comme Coinbase, déjà déployeur officiel d’USDC sur Hyperliquid, et Mastercard, qui intègre déjà USDC dans ses règlements 24/7.

Un réseau de 140 partenaires déjà structuré

L’ampleur du consortium est inédite dans l’histoire des stablecoins. Plus de 140 sociétés : banques, processeurs de paiement, fintechs, exchanges : préparent le lancement d’Open USD. Visa et Stripe apportent l’infrastructure de paiement, BlackRock la caution institutionnelle. Cette densité de réseau vise à garantir une adoption massive dès le jour du lancement.

Pour Circle, le risque est double : perdre des volumes de transaction, mais aussi voir ses propres partenaires historiques rejoindre l’alliance. Coinbase, à la fois actionnaire de Circle et membre du consortium Open USD, illustre cette dualité. Le contrat renouvelé à vie entre les deux entités lie leurs intérêts sur la durée, mais n’empêche pas la plateforme d’explorer des alternatives.

Quels sont les freins au lancement d’Open USD ?

Deux inconnues majeures subsistent. La première concerne la structure de réserves : le détail des actifs sous-jacents (bons du Trésor, liquidités ou autres instruments) n’a pas été publié, un élément central pour évaluer la solvabilité et le rendement redistribuable. La seconde porte sur la grille de frais : le niveau exact de la commission de gestion prélevée par l’alliance déterminera l’attractivité réelle du modèle face aux plateformes d’analyse on-chain qui scrutent les flux.

La date de lancement : second semestre 2026 : laisse peu de temps pour clarifier ces paramètres. Circle, de son côté, a déjà gelé 12,6 millions de dollars d’USDC par le passé, démontrant un levier de contrôle centralisé qu’Open USD pourrait ne pas répliquer s’il opte pour une gouvernance répartie.

À retenir

CoinShares identifie Open USD comme une menace structurelle pour l’USDC, avec un lancement attendu au second semestre 2026. Le partage des revenus de réserves change la donne concurrentielle, même si les détails opérationnels restent à publier. La dégradation boursière de Circle par Mizuho confirme la matérialité du risque pour les investisseurs actions.

Sources

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