Open USD, un stablecoin lancé le 30 juin avec l’ambition de redistribuer les revenus de ses réserves à ses utilisateurs, voit son socle de crédibilité s’effriter après 72 heures d’existence. Samsung Electronics et trois autres grandes entreprises sud-coréennes ont démenti tout partenariat officiel, alors même que le projet revendiquait plus de 140 membres fondateurs dans son consortium. Simultanément, l’enquêteur on-chain ZachXBT a publiquement mis en cause Circle pour un gel tardif de 280 millions de dollars d’USDC liés à des fonds illicites nord-coréens.

Le lancement d’Open USD visait à créer un écosystème de partage des bénéfices sur les réserves en dollars, en attirant des géants comme Visa, Mastercard, Stripe, BlackRock et Coinbase. Cependant, en moins de 72 heures, quatre grands noms coréens de la liste des 140 partenaires ont publiquement démenti leur participation. L’action de Circle a par ailleurs chuté de 17 % le jour de l’annonce. Ce mouvement intervient alors que l’USDC et l’USDT contrôlent toujours plus de 80 % d’un marché des stablecoins estimé à 311 milliards de dollars, selon les données de DefiLlama. La question de la confiance dans la gouvernance centralisée des stablecoins est posée avec une acuité nouvelle.

Pourquoi Samsung et d’autres géants coréens nient-ils leur participation ?

Selon plusieurs sources locales, ni Samsung Electronics, ni Shinhan Financial Group, ni Dunamu, ni K Bank n’avaient finalisé leur entrée dans le consortium Open USD. Un responsable de Samsung cité par le média coréen Chosun Biz indique qu’il n’y a eu « aucune consultation officielle » et que l’entreprise ignorait le rôle qu’elle était censée y jouer.

D’autres entités ont décrit une situation similaire : une simple sollicitation préliminaire de la part d’Open Standard, la société derrière le projet, aurait suffi à faire apparaître leur nom sur la liste des 140 partenaires. L’un des responsables d’une entreprise mentionnée a déclaré sa surprise de découvrir son affiliation « par le biais des médias nationaux ». Ce cafouillage rappelle le précédent Libra de Facebook, abandonné après la défection de ses principaux soutiens, dont Visa et Mastercard.

ZachXBT épingle Circle : 280 millions de dollars gelés trop tard

La polémique naissante autour d’Open USD a ravivé les critiques concernant la gestion des fonds illicites par Circle, l’émetteur de l’USDC. L’enquêteur ZachXBT, connu pour ses investigations on-chain, reproche publiquement à Circle un gel tardif de 280 millions de dollars d’USDC. Il dénonce des réponses incohérentes ou trop lentes face à des flux financiers qu’il attribue à des acteurs étatiques nord-coréens.

Ce n’est pas la première fois que le pouvoir de gel de Circle est contesté. La capacité d’un émetteur centralisé à intervenir sur son stablecoin est une arme à double tranchant : indispensable pour la conformité réglementaire, elle fragilise la promesse d’un actif inaltérable. Pour les utilisateurs, la question est de savoir si l’USDC peut à la fois servir de rempart contre la criminalité financière et de pilier inébranlable pour la finance décentralisée.

Quel avenir pour l’USDC face à la concurrence ?

L’irruption d’Open USD, malgré ses ratés initiaux, introduit une pression nouvelle. Son modèle redistribue les revenus des réserves aux membres du consortium plutôt qu’à l’émetteur. Une approche qui, si elle gagne en crédibilité, pourrait menacer les marges de Circle. La société a d’ailleurs vu son action chuter de 17 % lors de l’annonce du projet.

Pour se renforcer, Circle multiplie les initiatives. L’entreprise s’appuie sur des partenariats bancaires, comme celui avec Standard Chartered pour élargir l’accès institutionnel au USDC à Dubaï, et continue d’étendre son réseau à de nouvelles blockchains. La question de la confiance devient centrale. Après les critiques de ZachXBT, le rôle des auditeurs comme Deloitte, nouvel auditeur des réserves de Circle, est scruté de près pour garantir que l’USDC reste un actif sûr, quel que soit l’avenir d’Open USD.

Lecture CryptoActu L’épisode Open USD révèle une fébrilité du marché des stablecoins. D’un côté, un nouveau modèle économique menace l’hégémonie de l’USDC. De l’autre, chaque gel controversé, comme celui pointé par ZachXBT, érode le pilier central de ces actifs : la confiance. La crédibilité est en train de devenir le principal champ de bataille de cette industrie, bien avant les parts de marché.

À retenir

Open USD perd des partenaires clés avant même son lancement opérationnel, tandis que Circle est mis en cause pour la gestion de ses gels d’actifs. Les deux évènements illustrent un même défi structurel pour les stablecoins centralisés : la nécessité de prouver en permanence leur légitimité et leur fiabilité. La pression s’accentue sur Circle, qui doit désormais défendre sa position dominante face à un nouvel entrant certes maladroit, mais qui a introduit une idée susceptible de redéfinir les standards économiques du secteur.

Sources

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