David Solomon, PDG de Goldman Sachs, a officiellement apporté son soutien au CLARITY Act, le projet de loi américain sur la structure du marché des crypto-actifs. Cette prise de position intervient alors que le Sénat est profondément divisé sur plusieurs dispositions du texte, notamment celles concernant les rendements des stablecoins, à quelques semaines de la pause estivale du Congrès.

Au programme

  • Goldman Sachs rompt avec le lobby bancaire et soutient ouvertement le texte (Bitcoin.com News, 24 juillet 2026)
  • Jamie Dimon (JPMorgan) et les associations bancaires s’opposent aux rendements sur stablecoins
  • Le calendrier parlementaire se resserre : un vote avant la pause estivale est compromis

Pourquoi Goldman Sachs soutient-elle le CLARITY Act ?

David Solomon a plaidé pour l’adoption rapide d’un cadre fédéral pour les actifs numériques. Dans une interview, il a déclaré être « très favorable à l’avancement du CLARITY Act », soulignant que l’objectif est d’établir une structure de marché pour promouvoir l’innovation. Depuis plusieurs mois, la banque multiplie les initiatives dans ce secteur, qu’il s’agisse de la tokenisation immobilière ou de son ETF sectoriel DeFi.

Le PDG a reconnu que le projet de loi n’est « pas parfait », mais a insisté sur sa valeur fondamentale : créer des règles du jeu équitables pour renforcer la stabilité du marché. Cette position marque une nette divergence avec le reste du secteur bancaire. JPMorgan Chase et les associations professionnelles du secteur s’opposent au texte depuis des mois, en particulier aux clauses autorisant les émetteurs de stablecoins à offrir des rendements à des taux supérieurs à ceux des banques, craignant une fuite des dépôts. Ce virage stratégique s’inscrit dans une série de décisions récentes : Goldman Sachs reprend goût aux cryptos après avoir opéré un pivot vers Bitcoin en sortant de XRP et Solana.

Quels sont les points de blocage au Sénat ?

Le CLARITY Act se heurte à une double opposition. Côté bancaire, les dispositions sur les stablecoins cristallisent les tensions : permettre aux sociétés crypto de proposer des récompenses sur ces actifs revient, selon les détracteurs, à leur accorder un avantage concurrentiel direct sur les dépôts bancaires traditionnels. Un débat que les lecteurs de Goldman Sachs et sa stratégie de stabilisation du Bitcoin connaissent bien.

Côté politique, la situation est encore plus tendue. Les démocrates ont vertement critiqué le contre-projet républicain sur les clauses éthiques. Selon nos informations, le sénateur Ruben Gallego a qualifié la proposition républicaine de « torchon » lors d’échanges internes relayés par Politico, signe que les négociations sont dans l’impasse. Le texte actuel prévoit pourtant de classer la plupart des crypto-actifs hors du périmètre des valeurs mobilières, les excluant de la supervision de la SEC, tout en protégeant les développeurs de protocoles décentralisés. L’issue des débats dépend désormais de la pression exercée par les acteurs de l’industrie : plus de 200 firmes crypto ont déjà pressé le Sénat de trancher ce dossier.

Le calendrier parlementaire compromet-il une adoption en 2026 ?

Le timing est défavorable. Le leader de la majorité au Sénat, John Thune, a indiqué que le texte ne serait probablement pas soumis au vote avant la suspension estivale des travaux parlementaires. Le Sénat espère encore lancer la procédure d’examen avant la pause, mais les chances d’un vote immédiat sont minces.

Un report à septembre poserait un problème supplémentaire : la session d’automne est écourtée par les élections de mi-mandat. Avec seulement quelques semaines effectives de travail législatif, le calendrier du Sénat fait pression et la probabilité d’une adoption en 2026 diminue significativement. C’est dans ce contexte tendu que la Maison-Blanche avait réuni les forces de l’ordre pour coordonner les positions avant les débats. Le soutien de David Solomon à un cadre qui favorise l’innovation rappelle d’ailleurs les efforts antérieurs de la banque, qui promouvait déjà le métavers et le Web3 en une de son site.

À retenir

Le soutien de David Solomon isolé Goldman Sachs de ses pairs de Wall Street mais renforce la légitimité du CLARITY Act. Le blocage au Sénat reste entier, et le temps presse. Si le texte n’est pas adopté avant la suspension estivale, son avenir en 2026 devient incertain, laissant l’industrie crypto américaine sans cadre réglementaire fédéral pour une année supplémentaire.

Questions fréquentes

Pourquoi le CLARITY Act divise-t-il les banques américaines ?

Les clauses autorisant les émetteurs de stablecoins à offrir des rendements concurrentiels créent une ligne de fracture. Goldman Sachs, via David Solomon, voit une opportunité d’innovation, tandis que JPMorgan et les associations bancaires redoutent une fuite massive des dépôts bancaires traditionnels au profit de ces instruments réglementés.

Quel est le rôle exact de David Solomon dans ce débat ?

Le PDG de la banque a publiquement exhorté le Sénat à adopter le texte pour établir des règles du jeu équitables. Son intervention, à quelques semaines de la pause estivale, vise à peser sur un calendrier législatif très serré et à isoler les opposants historiques de Wall Street.

Le CLARITY Act peut-il être adopté avant la fin de l’année ?

Les chances sont minces. Le Sénat n’aura probablement pas le temps de voter avant la suspension estivale, et la session d’automne sera écourtée par les élections de mi-mandat. Un report à 2027 est de plus en plus probable, sauf percée politique inattendue en septembre.

Signal Haussier
Impact Majeur
Nous ajouter à vos sources préférées sur Google