L’influente banque d’investissement Goldman Sachs, qui a longtemps dénigré le bitcoin, est passée, comme nombre d’institutions, de l’autre côté de la barrière. En mars 2022, elle en fait une promotion active, aux côtés du métavers et du Web3, dès la page d’accueil de son site Web redesigné.

Crypto, métavers et Web3 en page d’accueil du site de Goldman Sachs

La section « numérisation » est le bandeau qui saute aux yeux quand on se rend, en mars 2022, sur le site Web de Goldman Sachs. Il s’affiche en premier, invitant les visiteurs à explorer « les mégatendances qui remodèlent les économies », puis redirige le curieux vers des pages consacrées aux cryptomonnaies, au métavers et au Web3.

!Image

Une anomalie dans la finance traditionnelle ? Une tendance plutôt : de plus en plus d’acteurs de Wall Street s’emparent de ces sujets. Loin de la note aux clients de mai 2020, dans laquelle la banque affirmait que les cryptomonnaies, bitcoin compris, ne constituaient pas une classe d’actifs et pointait leur usage à des fins illicites ; loin des revirements, j’ouvre un bureau de trading de dérivés crypto (2018), je le referme, puis je le rouvre début 2021, le Goldman Sachs 2022 semble avoir succombé aux sortilèges de l’écosystème crypto et à son potentiel dans le Web3.

2021, l’année de l’engagement crypto pour Goldman Sachs

La banque en a pris le chemin tout au long de 2021. Certes, elle ne s’est pas engagée dans le trading de crypto au comptant, faute de cadre réglementaire clair, mais elle a multiplié les propositions de produits dérivés. D’abord sur les cryptos majeures, Bitcoin et Ether, mais également en déposant un projet d’ETF DeFi en juillet 2021, un fonds investi en actions de sociétés liées à la blockchain et non en cryptomonnaies. Et tout dernièrement, le 21 mars 2022, en opérant une première transaction OTC : une option bitcoin non livrable, réglée en cash, traitée de gré à gré via Galaxy Digital.

Une opération jugée « historique » par certains observateurs, susceptible selon eux de changer le statut du bitcoin aux États-Unis. L’arrivée d’acteurs de cette envergure pourrait en effet rassurer les régulateurs, à commencer par la SEC alors dirigée par Gary Gensler, et peser sur les textes à venir.

Un Goldman Sachs qui ne veut plus rater le train

Une orientation espérée par le géant de Wall Street qui a désigné en début d’année, bitcoin comme l’actif le plus performant de 2021.

Néanmoins, en ce printemps 2022 et en dépit d’une promotion offensive des cryptos, du métavers et du Web3, Goldman Sachs ne propose rien de concret quant à l’offre qu’elle pourrait développer. Les institutionnels manifestent pourtant un intérêt croissant pour ce nouvel environnement financier. Mais le mastodonte est en butte à des pesanteurs qui le rendent moins réactif que d’autres structures plus petites et plus souples.

La suite a surtout désavoué le volet métavers. Dès 2023, les volumes échangés sur les principales plateformes de terrains virtuels se sont effondrés, passant de 49,2 millions de dollars en janvier à environ 2 millions en novembre. Chez Meta, la division Reality Labs a dépassé les 80 milliards de dollars de pertes d’exploitation cumulées depuis fin 2020, selon ses comptes du premier trimestre 2026.

Goldman Sachs a, de son côté, déplacé son effort vers deux chantiers plus concrets : la tokenisation d’actifs financiers, avec l’annonce en novembre 2024 du projet de sortie de sa plateforme GS DAP vers une structure détenue par l’industrie, et l’exposition indirecte au bitcoin. Ses déclarations 13F en font l’un des tout premiers détenteurs institutionnels d’ETF bitcoin au comptant, pour 2,36 milliards de dollars d’ETF crypto déclarés au quatrième trimestre 2025. Le métavers, lui, a disparu du discours.

Nous ajouter à vos sources préférées sur Google