Au programme : le dépôt de 2021 par Goldman Sachs d’un ETF labellisé DeFi, ce que contenait réellement son indice, et le positionnement crypto de la banque en 2026.

Il y a des actualités qui amusent autant qu’elles agacent. Et lorsque cela concerne le rapprochement des grandes banques avec l’univers des cryptomonnaies, les avis divergent. D’un côté un intérêt croissant qui ressemble à une adoption en cours. De l’autre un bénéfice pour le secteur qui reste difficile à estimer. Car la raison d’être de ce marché n’est-elle pas d’échapper à la finance traditionnelle ? Une question théorique, puisque cet espace est par nature ouvert à tous, y compris aux structures classiques comme la banque d’investissement Goldman Sachs.

S’il y a une banque d’affaires qui aime se frotter à l’univers des cryptos, c’est sans conteste Goldman Sachs. Une position que l’on pourrait qualifier de retrait actif, attentive et curieuse, mais à distance de sécurité. Ce qui lui avait valu de rater le train de Bitcoin un an plus tôt. Les erreurs servant de leçons, la firme s’était mise, en 2021, à s’intéresser de très près à la DeFi.

Rien de surprenant lorsque l’on observe que cette finance décentralisée attire alors tous les regards. Un domaine au développement explosif, oscillant entre milliards de dollars et positionnement idéologique. Et qui irrite autant les régulateurs qu’il attise les convoitises des amateurs de rendements élevés. Raison pour laquelle Goldman Sachs tentait une percée avec un ETF appliqué à ce secteur, sous le contrôle de la Securities and Exchange Commission (SEC).

Goldman Sachs développe un ETF DeFi

La procédure d’enregistrement de cet ETF était officiellement lancée auprès de la SEC. Le but : rendre ce Goldman Sachs Innovate DeFi and Blockchain Equity ETF parfaitement réglementaire. Objectif affiché, offrir une exposition aux entreprises liées à la blockchain dans le monde entier. Plus précisément en Australie, au Canada, en France, en Allemagne, à Hong Kong, au Japon, en Corée du Sud, en Suisse, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et bien sûr aux États-Unis.

Selon le prospectus déposé, le fonds cherchait à répliquer, avant frais, la performance de l’indice Solactive Decentralized Finance and Blockchain. Un indice construit sur le modèle du Solactive Blockchain Technology Performance Index, fourni par la société allemande Solactive. Le dossier s’inscrivait dans la stratégie d’ouverture de Goldman Sachs au marché des produits liés aux actifs numériques.

Le fonds devait investir au moins 80 % de ses actifs dans des sociétés faisant progresser la technologie blockchain et la numérisation de la finance. Une enveloppe large, qui ouvrait la porte à de nombreuses interprétations sur le contenu réel du produit.

Un ETF DeFi… sans le moindre token DeFi

C’est précisément ce qui a nourri la controverse. Sous le terme générique de DeFi, Goldman Sachs intégrait tout ce qui touche à la numérisation de la finance. À savoir la transformation numérique des services financiers traditionnels, des paiements aux prêts en passant par les assurances.

Dans les faits, l’indice Solactive associé au projet ne contenait aucun token de finance décentralisée. À l’été 2021, ses principales lignes étaient des valeurs technologiques classiques comme Nokia, Facebook (Meta), Google (Alphabet), Accenture ou Fujitsu. Plusieurs médias spécialisés avaient alors relevé qu’un produit présenté comme un fonds DeFi ne donnait, en réalité, aucune exposition directe aux protocoles natifs du secteur.

Cette approche faisait écho à une étude publiée la même année par la banque. Elle pointait une forte volonté d’exposition aux cryptomonnaies de la part des ultra-riches, via les family offices qui gèrent leurs milliards en toute discrétion. Une clientèle de choix pour ce type de produits, à condition d’en clarifier le contenu.

Depuis : où en est Goldman Sachs en 2026

Le projet d’ETF DeFi de 2021 n’a jamais débouché sur un produit emblématique, mais il a marqué un point de bascule. Les ETF crypto au comptant ont depuis été approuvés aux États-Unis, à commencer par les ETF Bitcoin spot début 2024, puis les fonds adossés à Ethereum. Le terrain réglementaire que la banque tâtait prudemment s’est largement ouvert.

Goldman Sachs s’est positionnée non comme émetteur grand public, mais comme investisseur institutionnel dans ces produits. Selon son dépôt réglementaire 13F au premier trimestre 2026, la banque détenait environ 690 millions de dollars d’iShares Bitcoin Trust (IBIT) de BlackRock et près de 25 millions de dollars de Wise Origin Bitcoin Fund (FBTC) de Fidelity.

Ce même trimestre a confirmé un net recentrage. Goldman Sachs a soldé ses positions sur les ETF adossés à XRP et à Solana, tout en allégeant d’environ 10 % son exposition aux fonds Bitcoin et Ether. Un message clair, privilégier les actifs majeurs plutôt que la diversification altcoin.

Ce qu’il faut retenir

Le dépôt de 2021 illustre la manière dont la finance traditionnelle a abordé la DeFi, par le prisme rassurant d’actions cotées plutôt que par les smart contracts eux-mêmes. Cinq ans plus tard, le débat a évolué, mais la prudence demeure. Goldman Sachs reste exposée à la crypto via des produits régulés et liquides, sans détenir d’actifs en direct.

Pour suivre l’appétit institutionnel au quotidien, le convertisseur crypto, l’indice Fear and Greed et la heatmap du marché restent des repères utiles. Les investisseurs particuliers souhaitant s’exposer sans passer par un ETF peuvent, eux, comparer les plateformes comme Coinhouse. L’avis d’un professionnel reste recommandé avant toute décision d’investissement.

Sources

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