Lors d’une audition devant la commission sénatoriale des finances, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a déclaré progresser « avec toute la célérité voulue » sur l’ordre exécutif de Donald Trump visant à créer une réserve stratégique Bitcoin. Il a simultanément demandé aux sénateurs d’appuyer le CLARITY Act avant la fin de l’été 2026, invoquant la nécessité de faire des États-Unis « la capitale mondiale de l’innovation ».

Dossier Statut déclaré Prochaine étape
Réserve Bitcoin fédérale En cours, rythme « délibéré » Décret Trump (mars 2025) à concrétiser
CLARITY Act Soutenu par Bessent Vote sénatorial à obtenir cet été
Opposition bancaire Jamie Dimon (JPMorgan) hostile Lobbying actif contre le texte

Pourquoi le CLARITY Act peine à passer au Sénat ?

La chambre haute bloque le texte pour au moins 3 raisons documentées. La première porte sur le traitement fiscal des récompenses de staking. La deuxième concerne les protections accordées aux développeurs de logiciels open source. La troisième, politiquement sensible, touche aux conflits d’intérêts potentiels liés aux activités crypto de Donald Trump lui-même.

La Chambre des représentants avait pourtant adopté une première version du texte en 2025. Ce serait la première loi fédérale encadrant l’ensemble du secteur des actifs numériques aux États-Unis. Bessent y voit un moyen d’exporter les « meilleures pratiques américaines » à l’étranger. Le calendrier se resserre : le Congrès basculera vers le budget fédéral d’ici l’automne, réduisant la fenêtre législative à quelques semaines.

Ironiquement, c’est l’opposition d’un acteur bancaire qui cristallise le débat. Jamie Dimon, PDG de JPMorgan, a déclaré ouvertement vouloir « combattre » le CLARITY Act tout en avouant une certaine admiration pour la néobanque Revolut. Sa posture illustre la tension entre établissements financiers traditionnels et une industrie crypto qui gagne du terrain réglementaire. Cette confrontation entre grandes banques et innovation crypto n’est pas nouvelle, mais elle prend une dimension inédite avec un texte de loi cadre.

Quel avancement pour la réserve Bitcoin fédérale ?

Bessent a confirmé que le Trésor américain travaille à la mise en œuvre du décret présidentiel signé par Trump en mars 2025, sans préciser de calendrier chiffré. L’expression « avec toute la célérité voulue » (« with all deliberate speed ») est une formulation juridique américaine qui signale un travail actif sans engagement de date.

Le décret prévoyait deux volets distincts : une réserve stratégique Bitcoin constituée des bitcoins déjà saisis par la justice fédérale, et un stock distinct pour d’autres actifs numériques. La Maison-Blanche avait annoncé une mise à jour imminente il y a plusieurs semaines, sans qu’une publication officielle n’ait suivi depuis. Selon nos informations, le chiffre souvent avancé de 200 000 BTC en possession fédérale reste à confirmer par une attestation officielle du Trésor.

Le contexte macroéconomique renforce l’urgence politique. Avec un bitcoin qui résiste à la pression de la Fed sur les taux, la réserve stratégique représente un signal géopolitique autant qu’un investissement. La décision controversée d’abandonner l’acquisition active de nouveaux BTC sur le marché avait suscité des critiques au printemps.

Comment le Sénat pourrait encore bloquer le texte ?

Le vote estival reste incertain pour 3 raisons structurelles. D’abord, les sénateurs républicains modérés restent sensibles aux arguments bancaires de Dimon. Ensuite, les questions de conflit d’intérêts autour des activités crypto de Trump (dont le meme coin TRUMP) alimentent une résistance bipartisane discrète. Enfin, le CLARITY Act devra rivaliser avec le projet de budget fédéral pour l’attention du Sénat à partir de septembre.

L’enjeu dépasse les frontières américaines. Une loi fédérale US sur les actifs numériques modifierait le rapport de force mondial avec les cadres européens comme MiCA, entré pleinement en vigueur depuis décembre 2024. Plusieurs grandes plateformes d’échange attendent ce texte pour clarifier leur statut juridique outre-Atlantique, à l’image des mouvements observés autour des ETF institutionnels.

Notre regard L’audition Bessent révèle une fenêtre politique étroite mais réelle. Le CLARITY Act a toutes les chances de passer si le Sénat vote avant septembre : ensuite, le budget fédéral absorbera l’agenda législatif. L’opposition de Dimon est un calcul de survie bancaire face à des néobanques comme Revolut, mais elle risque surtout de retarder un cadre que même JPMorgan devra respecter tôt ou tard.

À retenir

Scott Bessent pousse fort pour une adoption du CLARITY Act avant l’été 2026 et confirme l’avancement de la réserve Bitcoin fédérale. La fenêtre législative se ferme à l’automne. À surveiller : le vote sénatorial dans les prochaines semaines et une éventuelle publication officielle du Trésor sur le stock de BTC fédéraux.

Sources

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