Le Sénat américain a adopté à l’unanimité une résolution déclarant que Sam Bankman-Fried, fondateur de FTX, ne devrait « en aucune circonstance » bénéficier d’une grâce ou d’une commutation de peine présidentielle. Condamné en novembre 2023 à 25 ans de prison pour sept chefs d’accusation liés à l’effondrement de la plateforme, il ne devrait pas être libéré avant 2044.
Au programme
- Résolution S. Res. 772 adoptée sans opposition, portée par Cynthia Lummis (Crypto Times, 2026)
- Plus de 8 milliards de dollars de pertes pour les clients américains après l’effondrement de FTX
- Un contraste marqué avec les grâces accordées à CZ et Ross Ulbricht par Donald Trump
Pourquoi le Sénat a-t-il bloqué toute grâce pour Sam Bankman-Fried ?
La résolution S. Res. 772, déposée par la sénatrice républicaine du Wyoming Cynthia Lummis et le sénateur démocrate de l’Arizona Ruben Gallego, a été adoptée par consentement unanime le 15 juillet 2026. Aucun élu n’a formulé d’opposition. Le texte, bien que non contraignant, envoie un message clair : la fraude FTX, qui a spolié des millions de clients pour plus de 8 milliards de dollars, ne mérite aucune indulgence exécutive.
Selon nos sources, cette initiative visait à contrer des rumeurs insistantes sur une possible demande de clémence de l’ancien dirigeant de FTX, dont le lobby juridique resterait actif à Washington. La procédure de consentement unanime utilisée est révélatrice : elle permet d’adopter une résolution sans débat ni vote formel, à condition qu’aucun sénateur ne s’y oppose.
En quoi cette résolution marque-t-elle un tournant politique ?
Cette décision illustre un clivage grandissant dans l’écosystème crypto américain. Le président Trump a déjà accordé sa clémence à deux figures du secteur : Changpeng Zhao (Binance) et Ross Ulbricht (Silk Road). Mais SBF incarne une ligne rouge politique. La fraude FTX a touché 1,7 million de créanciers dans le monde, avec un passif de 11,2 milliards de dollars selon le plan de réorganisation approuvé par le tribunal des faillites en 2024.
Le consensus bipartisan autour de cette résolution est suffisamment rare pour être souligné. La position de Cynthia Lummis, pourtant connue pour son soutien à l’industrie crypto, montre que la fraude à grande échelle reste un repoussoir absolu, y compris pour les élus les plus pro-crypto du Congrès. Le Canada a d’ailleurs durci sa propre régulation dans la foulée de l’affaire FTX.
Quel avenir juridique pour Sam Bankman-Fried ?
La date théorique de libération de SBF reste fixée à 2044, avec une possible réduction pour bonne conduite. Son recours en appel, plaidé en 2025, a été rejeté par la Cour d’appel du deuxième circuit en mars 2026. Ses avocats préparent désormais un ultime pourvoi devant la Cour suprême, axé sur les conditions de détention au Metropolitan Detention Center de Brooklyn.
Sa peine pourrait toutefois évoluer si d’anciens cadres de FTX coopèrent avec la justice dans le cadre d’accords de plaider-coupable. Caroline Ellison, Gary Wang et Nishad Singh ont déjà témoigné contre lui lors du procès de 2023. La perspective d’une libération anticipée reste quasi nulle après ce vote sénatorial unanime, qui verrouille politiquement le dossier pour au moins la durée du mandat présidentiel en cours.
À retenir
Le Sénat a parlé d’une seule voix le 15 juillet 2026 : Sam Bankman-Fried ne sera pas gracié. Cette résolution, bien que symbolique, clôt provisoirement le débat sur une possible clémence présidentielle. Reste à savoir si FTX parviendra à rembourser ses créanciers : le plan de réorganisation prévoit un remboursement de 118 % à 142 % des créances en dollars, un fait inédit dans l’histoire des faillites crypto.
Sources
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ÉCONOMIE & MACROPCE : l'inflation core stagne à 3,3 %, la Fed attendue