Le cabinet d’avocats Fenwick & West et le cabinet d’audit Prager Metis ont accepté de verser au total 66,17 millions de dollars pour clore des poursuites collectives liées à l’effondrement de FTX en 2022. Ces accords constituent la deuxième vague de règlements amiables dans cette saga judiciaire, qui continue de rattraper les prestataires externes ayant accompagné l’empire de Sam Bankman-Fried.

Au programme

  • Fenwick & West, principal conseil externe de FTX US, paie 54 M$ pour solder les accusations d’avoir facilité la fraude (PANews, 2026)
  • L’auditeur Prager Metis règle pour 11,75 M$ et l’ex-joueur NBA Udonis Haslem pour 420 000 $
  • Ce deuxième lot de règlements porte à plus de 66 M$ les sommes récupérées hors procédure pénale contre SBF

Pourquoi Fenwick & West est-il au cœur de l’accord ?

Le cabinet Fenwick & West occupait une position centrale dans l’écosystème FTX. Basé en Californie, il agissait comme principal conseiller juridique externe de FTX US avant l’effondrement de la plateforme en novembre 2022. Les plaignants lui reprochaient d’avoir, par ses conseils et sa validation juridique, contribué à permettre la fraude orchestrée par Sam Bankman-Fried.

Le montant de 54 millions de dollars que le cabinet accepte de verser constitue l’essentiel de ce deuxième lot. Sans reconnaissance de culpabilité de la part du cabinet, l’accord amiable permet d’éviter un procès long et incertain. Ce type de règlement est courant dans les affaires de fraude financière complexe : les prestataires professionnels préfèrent payer plutôt que de voir leur réputation durablement entachée par des années de contentieux.

Ce mécanisme avait déjà été utilisé dans la gestion des crises financières liées aux cryptomonnaies, où les cabinets d’audit et de conseil sont souvent mis en cause a posteriori.

Quel rôle a joué Prager Metis dans l’affaire FTX ?

Prager Metis s’est retrouvé sous le feu des critiques pour avoir certifié les comptes de FTX sans détecter - ou sans signaler - les irrégularités massives qui allaient provoquer l’un des plus grands krachs de l’histoire de la crypto. Le cabinet d’audit, peu connu avant l’affaire, avait même ouvert un bureau dans le métaverse, ce qui avait attiré l’attention lors des premières enquêtes.

Son accord à 11,75 millions de dollars paraît modeste face à l’ampleur du scandale. La fraude FTX a lésé des centaines de milliers de clients pour un montant estimé à plusieurs milliards de dollars. Les régulateurs américains avaient pointé du doigt la qualité des audits produits, qui n’avaient pas reflété la situation réelle des réserves de la plateforme.

La question de la responsabilité des auditeurs dans les faillites crypto rappelle les débats sur le rôle d’EY dans l’adoption de nouvelles normes blockchain pour limiter ce type de risque systémique.

Deuxième lot de règlements FTX : 66,17 M$ Répartition des 66,17 millions de dollars entre Fenwick et West (54 M$), Prager Metis (11,75 M$) et Udonis Haslem (0,42 M$). Deuxième vague de règlements FTX (2026) 66,17 M$ Fenwick & West 54 M$ · Prager Metis 11,75 M$ · U. Haslem 0,42 M$ Règlements amiables, sans reconnaissance de culpabilité Source : PANews, mai 2026

Comment s’inscrit cet accord dans la procédure globale FTX ?

Ces 66 millions s’ajoutent à une première vague de règlements. La liquidation de FTX, pilotée par John J. Ray III depuis novembre 2022, a permis de récupérer des actifs bien au-delà des prévisions initiales : les administrateurs ont annoncé pouvoir rembourser l’intégralité des créanciers retail, avec des intérêts, grâce notamment à la revalorisation des portefeuilles crypto et à des poursuites judiciaires agressives contre les prestataires impliqués.

L’inclusion d’Udonis Haslem, ancien joueur NBA, pour 420 000 dollars est anecdotique en volume mais symbolique : l’ex-athlète avait participé à des campagnes promotionnelles pour FTX, mettant en lumière la responsabilité des ambassadeurs de marque dans les opérations de marketing crypto. Ce sujet touche directement aux enjeux juridiques des conseils financiers implicites via des personnalités publiques.

Les accords de la deuxième vague doivent encore être homologués par le tribunal compétent avant d’être définitifs. La procédure pénale contre Sam Bankman-Fried, lui, est close depuis sa condamnation à 25 ans de prison en mars 2024.

La saga FTX continue d’alimenter les réflexions sur la nécessité d’une intégration plus robuste des standards de settlement dans l’écosystème, y compris pour les opérateurs crypto traditionnels.

Et pour la France ?

L’affaire FTX a directement touché des utilisateurs français qui détenaient des actifs sur la plateforme au moment de sa faillite. Ces clients sont éligibles au plan de remboursement supervisé par le tribunal américain, sous réserve d’avoir déposé une réclamation dans les délais. L’AMF avait retiré FTX de sa liste blanche dès novembre 2022 et rappelé l’absence de protection des déposants hors cadre réglementaire européen. Le cadre MiCA, applicable aux CASP depuis le 30 décembre 2024, impose désormais des exigences de ségrégation des actifs clients qui auraient pu limiter ce type de sinistre.

À retenir

Les 66 millions de dollars de la deuxième vague de règlements FTX montrent que la justice américaine continue de remonter la chaîne des responsabilités au-delà de SBF lui-même. À surveiller : l’homologation judiciaire de ces accords et l’éventuelle troisième vague visant d’autres prestataires encore impliqués dans la procédure.

Sources

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