Moscou, sa région et une partie de l’oblast de Koursk interdisent désormais le minage de cryptomonnaies et la participation aux pools de minage toute l’année, jusqu’au 31 décembre 2032. Le décret n°936 du gouvernement russe, entré en vigueur le 16 août 2026, vise à soulager un réseau électrique sous tension : la charge minière y atteint déjà 1 GW, alors que les centres de données pourraient grimper à 3,6 GW d’ici 2032, soit 17 % de la demande de pointe à Moscou.

Au programme

  • Le décret russe n°936 interdit le minage à Moscou et dans l’oblast de Koursk toute l’année jusqu’au 31 décembre 2032.
  • La charge minière de la capitale atteint déjà 1 GW, avec une projection à 3,6 GW pour les centres de données d’ici 2032.
  • La Russie maintient l’usage des cryptomonnaies pour le commerce extérieur, malgré les restrictions géographiques sur son réseau électrique.

Pourquoi Moscou interdit-elle le minage crypto jusqu’en 2032 ?

La décision répond à un risque de pénurie électrique. Selon le décret gouvernemental n°936, Moscou et sa région appliquent une interdiction permanente de minage, doublée d’une restriction dans plusieurs zones de l’oblast de Koursk. Le ministère russe de l’Énergie justifie cette mesure par l’incapacité des infrastructures à absorber de nouveaux entrants énergivores.

Le déséquilibre est déjà mesurable : la charge minière moscovite approche 1 GW, ce qui équivaut à la consommation annuelle d’environ 800 000 foyers. Les projections du ministère, relayées par CoinDesk, tablent sur un doublement des besoins des centres de données à 3,6 GW avant 2032. Cette trajectoire rendrait Moscou deuxième consommateur mondial de capacités data center, juste derrière les États-Unis. La Russie a déjà montré sa volonté de reprendre la main sur ce secteur, comme l’illustre l’interdiction du minage étendue à d’autres zones du pays.

Quelles régions russes sont touchées par cette interdiction ?

Le décret cible 3 entités géographiques précises : la ville de Moscou, l’oblast de Moscou et certaines zones de l’oblast de Koursk. Ces territoires rejoignent une liste plus large de régions soumises à des restrictions saisonnières ou permanentes, que la Russie a commencé à déployer dès 2024 dans le cadre de sa régulation minière nationale.

Les restrictions ne sont pas uniformes dans le pays. Certaines républiques comme l’Ouzbékistan voisin ont choisi l’approche inverse en exonérant fiscalement le minage pour attirer les opérateurs. Moscou privilégie au contraire la mise à l’écart des mineurs de son réseau, quitte à les laisser migrer vers d’autres régions. La Thaïlande a adopté une logique comparable d’attractivité fiscale avec ses plus-values crypto exonérées d’impôt jusqu’à fin 2029.

« Nous réduisons la pression sur nos infrastructures électriques, mais ne renonçons pas aux usages économiques des cryptomonnaies. » : Ministère russe de l’Énergie, selon CoinDesk

Oui, le décret maintient l’encadrement du minage sur le reste du territoire, avec une exception notable : les transactions crypto pour le commerce extérieur restent autorisées sous conditions, dans la lignée des mesures de contournement des sanctions adoptées par Moscou. Le pays autorise l’utilisation d’actifs numériques minés localement pour régler des échanges internationaux, un outil que le Kremlin perçoit comme stratégique face aux restrictions occidentales. Cette stratégie s’appuie sur le cadre législatif adopté par la Douma, détaillé dans la réforme fiscale crypto russe.

Les opérateurs de minage restent néanmoins encadrés : obligation de déclaration et surveillance des transactions fiscales au-delà de certains seuils. Cette dichotomie entre interdiction géographique à Moscou et tolérance fonctionnelle pour l’international résume la position russe : limiter la pression sur le réseau, sans sacrifier un canal de paiement alternatif. Les exchanges offshore restent dans le viseur des régulateurs occidentaux, comme en témoignent les sanctions britanniques contre les plateformes liées à la Russie.

Mise en perspective

Mise en perspective : La Russie traite le minage crypto comme une variable d’ajustement énergétique : on l’accepte là où l’électricité est abondante, on l’interdit là où le réseau est saturé. Le choix de Moscou, centre politique et économique du pays, envoie un signal fort aux opérateurs. La zone est trop stratégique pour laisser des fermes minières concurrencer les besoins industriels et résidentiels. Reste à savoir si les mineurs déplaceront leurs infrastructures vers des régions plus permissives comme l’Ouzbékistan, ou s’ils quitteront purement le territoire.

Ce durcissement s’inscrit dans une tendance plus large de contrôle étatique des flux crypto. L’Union européenne surveille de près les acteurs qui facilitent les échanges avec Moscou : onze plateformes crypto sont déjà dans le viseur des sanctions européennes. La question énergétique devient ainsi un levier géopolitique, au même titre que la surveillance des transactions au-delà de 60 000 roubles.

À retenir

Moscou applique désormais une interdiction de minage toute l’année jusqu’en 2032, conséquence directe d’une charge de 1 GW sur son réseau électrique. La Russie maintient en parallèle son dispositif d’encadrement national du minage et l’usage des cryptomonnaies pour le commerce extérieur. La prochaine étape à surveiller : les décrets régionaux de 2027, qui pourraient étendre ce modèle à d’autres métropoles russes.

Questions fréquentes

Pourquoi la Russie interdit-elle le minage crypto à Moscou jusqu’en 2032 ?

Le réseau électrique moscovite est saturé : la charge minière atteint déjà 1 GW, et les centres de données pourraient consommer 3,6 GW d’ici 2032. Le décret n°936 vise à préserver l’électricité pour les besoins résidentiels et industriels de la capitale.

Le minage est-il totalement interdit en Russie ?

Non. L’interdiction permanente concerne uniquement Moscou, sa région et certaines zones de l’oblast de Koursk. Le reste du territoire reste ouvert au minage sous conditions, notamment pour les transactions destinées au commerce extérieur.

Que risquent les mineurs qui poursuivent leurs activités à Moscou ?

Les opérateurs qui maintiennent des fermes de minage dans les zones interdites s’exposent à des sanctions administratives et à la coupure de leur raccordement électrique. La Russie a déjà déployé des mécanismes de surveillance des transactions au-dessus de 60 000 roubles pour détecter les contrevenants.

Signal Neutre
Impact Mineur
Nous ajouter à vos sources préférées sur Google