À partir du 1er août 2026, Moscou et sa région seront interdites de minage de cryptoactifs pendant les mois d’hiver, selon nos informations. La mesure, officialisée par le gouvernement russe, s’inscrit dans le cadre de la loi fédérale adoptée durant l’été 2024. Cette extension retire une part des 1,5 GW de capacité de minage russe pendant la saison froide, accentuant la pression sur les opérateurs du deuxième plus grand marché de Bitcoin au monde.

L’objectif affiché est de prévenir les pénuries d’électricité, dans un contexte où la consommation de la capitale bondit de 30 à 40 % en hiver en raison du chauffage. Koursk, le Caucase du Nord et plusieurs territoires ukrainiens occupés étaient déjà soumis à des restrictions similaires. Moscou, qui concentre des fermes de minage importantes grâce à une connectivité électrique de premier ordre, était jusqu’ici épargnée. Ce nouveau coup de frein réglementaire s’aligne sur le modèle de zonage énergétique adopté par le Kazakhstan, qui avait restreint le minage dès 2022.

Comment la loi de 2024 permet-elle cette interdiction ?

La Douma a posé, dès l’été 2024, les fondations d’une réforme fiscale couplée à un encadrement strict du minage de cryptomonnaies. Le texte donne au gouvernement le pouvoir de délimiter des zones et des calendriers d’interdiction. Selon nos informations, les autorités justifient ce zonage par un risque de surconsommation énergétique hivernale, qui dépasse de 40 % les niveaux estivaux dans la région moscovite.

Cette approche rejoint celle du Kazakhstan, qui avait subi une vague de coupures de courant en 2021 attribuée aux mineurs. La Russie adapte ce modèle en y ajoutant une dimension saisonnière, plus flexible qu’une interdiction pure et simple. Le cadre législatif de 2024, en toile de fond, offre aux régulateurs une marge de manœuvre considérable pour étendre ces mesures à d’autres métropoles sans avoir à repasser par le Parlement.

Pourquoi Moscou rejoint-elle la liste des régions interdites ?

Le réseau électrique de la région moscovite, qui dessert plus de 13 millions d’habitants, subit une pression croissante en hiver. La consommation d’énergie liée au chauffage peut dépasser de 30 à 40 % la demande estivale, selon les données rapportées. L’ajout des fermes de minage, dont l’appétit électrique est continu et massif, crée un risque de délestage que les autorités ne veulent plus assumer.

L’interdiction suit la même logique qu’au Kazakhstan : protéger le réseau domestique avant de satisfaire une industrie énergivore. Les mineurs moscovites ont désormais deux choix : délocaliser leurs équipements vers des zones autorisées, notamment en Sibérie, ou suspendre leurs activités durant les mois critiques. Cette migration forcée accélère la concentration du taux de hachage dans quelques régions stratégiques comme l’oblast d’Irkoutsk, où l’hydroélectricité abonde et où le froid réduit naturellement les coûts de refroidissement.

Quel est l’impact réel sur le minage russe et le marché ?

La Russie reste le deuxième acteur mondial du minage de Bitcoin, avec environ 1,5 GW de capacité installée. L’extension à Moscou retire temporairement une part significative de cette puissance. Les mineurs russes avaient anticipé ce durcissement, à l’image de MARA Holdings aux États-Unis, dont les stratégies de délocalisation énergétique vers des zones à surplus servent de modèle.

Conséquence directe : les opérateurs qui ne se délocaliseront pas assez vite verront leurs revenus amputés pendant la période d’interdiction. L’arrivée de l’hiver 2026-2027 dira si cette perte de capacité affecte le hashrate global du réseau, ou si elle est simplement absorbée par la migration interne. Reste que la Russie, tout en légalisant le minage et en créant une fiscalité dédiée, en limite vigoureusement l’exercice avec une approche duale : capter les revenus fiscaux sans subir les externalités négatives sur les infrastructures critiques.

Vers une extension à d’autres métropoles ?

La mesure sur Moscou n’est qu’une première étape. Le cadre législatif de 2024 permet au gouvernement de réviser la liste des territoires concernés sans nouveau vote. Saint-Pétersbourg, dont la consommation hivernale est comparable à celle de Moscou, figure en tête des candidats probables pour les prochaines vagues de restrictions.

Cette logique de zonage, qui associe légalisation et restriction géographique, est en train de devenir la norme. La Russie, le Kazakhstan, et peut-être demain certains États des États-Unis, adoptent ce modèle. Les mineurs qui misaient sur une implantation en zone urbaine dense pour bénéficier de la connectivité et de la main-d’œuvre voient leur modèle mis à mal. La prochaine rentrée d’hiver, en 2027, apportera un test grandeur nature de la résilience de cette industrie face aux réglementations saisonnières.

Questions fréquentes

Pourquoi la Russie interdit-elle le minage à Moscou en 2026 ?

La Russie cherche à éviter les pénuries électriques hivernales. La consommation de Moscou bondit de 30 à 40 % en hiver pour le chauffage, et les fermes de minage aggravent la pression sur un réseau déjà sous tension. L’interdiction saisonnière, du 1er août 2026 à la fin de l’hiver, libère de la capacité pour les usages résidentiels prioritaires.

Quel est l’impact pour les mineurs russes ?

Les mineurs moscovites doivent délocaliser leurs équipements vers des régions autorisées comme Irkoutsk ou suspendre leurs activités. La Russie compte environ 1,5 GW de capacité de minage, et le retrait saisonnier de Moscou réduit cette puissance disponible, ce qui peut influencer temporairement le hashrate global du réseau Bitcoin.

D’autres villes russes pourraient-elles être concernées ?

Oui, le cadre législatif de 2024 permet au gouvernement d’ajuster la liste des territoires interdits. Saint-Pétersbourg est un candidat logique, car sa consommation hivernale est comparable à celle de Moscou. Les autorités pourraient annoncer de nouvelles restrictions avant l’hiver 2026-2027.

À retenir

L’interdiction saisonnière du minage à Moscou réduit la capacité disponible pour les mineurs russes pendant les mois d’hiver. Elle s’inscrit dans une stratégie de zonage énergétique que la Russie affine depuis 2024. La prochaine échéance à surveiller est l’hiver 2026-2027, qui testera l’impact réel de ces restrictions sur le hashrate global du réseau Bitcoin.

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