L’Ouzbékistan vient d’inaugurer sa première zone franche dédiée au minage de cryptomonnaies, baptisée Besqala Mining Valley. Le site offre une exonération totale d’impôts valable jusqu’en 2035, assortie d’une redevance de 1 % sur les recettes des mineurs et d’un tarif électrique doublé par rapport au prix standard local. Ce modèle s’inspire en partie de l’expérience du Kazakhstan, qui a structuré son propre secteur minier ces dernières années.

Au programme

  • Exonération fiscale jusqu’en 2035 avec 1 % de taxe sur le chiffre d’affaires (source : PANews, 29 juillet 2026)
  • Un statut de zone pilote pour tester la régulation et le verdissement énergétique du minage
  • Les mineurs doivent payer un tarif électrique deux fois supérieur au prix résidentiel

Pourquoi l’Ouzbékistan lance-t-il une zone de minage sans impôt ?

Tachkent cherche à attirer les capitaux étrangers vers un secteur qui a déjà séduit le Kazakhstan voisin. En 2024, le gouvernement ouzbek a légalisé l’activité minière et mis en place un cadre réglementaire supervisé par l’Agence nationale pour la prospective numérique, le NAPP. La Besqala Mining Valley constitue la première matérialisation concrète de cette stratégie, rappelant l’approche structurée que MARA Holdings a adoptée à grande échelle en Amérique du Nord.

Le projet, signé en avril dernier par décret présidentiel, instaure un régime pilote jusqu’à fin 2035. L’objectif affiché : évaluer l’impact du minage institutionnel sur le réseau électrique national avant d’envisager une généralisation.

« Le régime Besqala doit servir de bac à sable pour jauger la consommation électrique réelle et tester des mécanismes d’incitation à l’énergie verte », résume un proche du dossier cité par PANews.

Quelles conditions économiques pour les mineurs présents ?

Contrairement à ce qu’un « hub sans taxes » pourrait laisser penser, le modèle Besqala n’est pas totalement gratuit. Les opérateurs installés sur le site versent 1 % de leur chiffre d’affaires brut à l’État ouzbek. Surtout, le prix de l’électricité y est facturé au double du tarif résidentiel.

Ce surcoût s’explique par la volonté de ne pas subventionner indirectement une activité énergivore alors que le pays modernise son réseau. Avec un coût de production de 76 000 $ par bitcoin, selon nos analyses récentes sur le coût de production du minage, la rentabilité reste très sensible au prix spot. Les mineurs qui entrent dans cette zone devront donc optimiser leur efficacité énergétique pour rester profitables après 2035, une équation que des géants comme MARA Holdings maîtrisent déjà à l’échelle industrielle.

En pratique, la durée du dispositif incite aux investissements lourds. Un opérateur qui déploie des ASIC dernière génération en 2026 peut espérer amortir son matériel sur une décennie sans être exposé à un changement brutal de fiscalité, un peu à l’image des mineurs français qui valorisent l’énergie perdue.

Quelle place pour l’Ouzbékistan dans le paysage minier centre-asiatique ?

La zone Besqala s’inscrit dans une recomposition du minage asiatique amorcée depuis l’interdiction chinoise de 2021. Le Kazakhstan a absorbé une large part des exilés, mais ses tarifs électriques et sa pression réglementaire croissante poussent les acteurs à chercher des alternatives.

L’Ouzbékistan, avec près de 35 millions d’habitants et une capacité électrique excédentaire en été grâce à ses barrages hydroélectriques, se positionne comme un point de bascule potentiel. La Besqala Mining Valley offre un cadre juridique stable et lisible, là où d’autres juridictions ont créé de l’incertitude en modifiant leurs taux de taxe rétroactivement. Cette stabilité fiscale contraste avec des situations comme la Corée du Sud, où la fiscalité crypto reste régulièrement débattue.

Reste à savoir si les mineurs accepteront un tarif électrique doublé en échange d’une stabilité fiscale. Pour l’instant, le signal envoyé au marché est clair : l’Asie centrale ne veut plus être une simple variable d’ajustement du hashrate mondial, mais un hub structuré et régulé, à l’image de ce que tente également le Bhoutan avec sa stratégie de réserve nationale.

À retenir

L’Ouzbékistan inaugure une zone de minage à fiscalité zéro jusqu’en 2035, avec une redevance de 1 % et un tarif électrique doublé. Un équilibre inédit entre attractivité réglementaire et réalisme énergétique, qui pourrait servir de test à d’autres pays de la région.

Questions fréquentes

Quels avantages fiscaux offre la zone Besqala aux mineurs ?

La Besqala Mining Valley exonère les mineurs de tout impôt sur les sociétés, TVA et taxes foncières jusqu’en 2035. Seule une redevance de 1 % sur le chiffre d’affaires brut est prélevée. Ce cadre est garanti par décret présidentiel, offrant une visibilité décennale rare dans le secteur.

Le tarif électrique doublé rend-il le minage rentable en Ouzbékistan ?

Avec un coût de production dépassant 76 000 $ par bitcoin, un tarif doublé exige une électricité de base très bon marché et des ASIC de dernière génération. La rentabilité dépend du prix spot du bitcoin, mais l’exonération fiscale compense partiellement le surcoût énergétique sur une décennie.

L’Ouzbékistan peut-il rivaliser avec le Kazakhstan pour le minage ?

Le Kazakhstan reste le leader centre-asiatique, mais la pression réglementaire y augmente. L’Ouzbékistan mise sur la stabilité juridique et l’hydroélectricité estivale. La zone Besqala sert de test : si le modèle fonctionne, il pourrait attirer les mineurs cherchant une alternative au cadre kazakh.

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