Ripple a frôlé la dissolution plutôt que d’affronter la SEC, a révélé son PDG Brad Garlinghouse le 12 juillet 2026. Le choix s’est posé en décembre 2020, alors que les dirigeants estimaient que le gouvernement disposait d’un pouvoir sans limites face à une entreprise de la taille de Ripple.
Pourquoi Ripple a-t-il failli cesser ses activités en 2020 ?
Fin 2020, la SEC a poursuivi Ripple en affirmant que la société vendait du XRP comme une valeur mobilière non enregistrée. Les fondateurs Brad Garlinghouse et Chris Larsen étaient personnellement visés. Lors d’une intervention à l’Université du Kansas, le CEO a confié avoir envisagé la dissolution pure et simple : l’entreprise détenait un trésor de guerre massif en XRP, qu’elle aurait pu distribuer à ses actionnaires avant de s’éteindre.
David Schwartz, directeur technique de Ripple, a confirmé ce calcul funeste. Selon lui, la direction a pesé le pour et le contre d’un arrêt total plutôt que d’engager une procédure qu’elle imaginait perdue d’avance. Dissoudre l’entreprise et solder le litige en même temps était perçu comme la voie la plus simple, mais la pire, selon les mots du CEO.
Une pression personnelle face à un vide réglementaire
Garlinghouse a rencontré la SEC à quatre reprises entre 2017 et 2019, sans jamais être accompagné d’un avocat. Il n’a, selon ses dires, jamais été informé que le XRP risquait d’être traité comme un titre financier. Ce silence a nourri un sentiment d’insécurité juridique qui a pesé lourd dans la balance au moment de choisir entre se battre ou renoncer.
Les accusations personnelles n’avaient rien d’un hasard procédural. Schwartz a estimé que l’autorité boursière avait ciblé les deux dirigeants pour briser leur détermination et forcer un règlement rapide, une analyse qui fait écho aux controverses récentes autour de la « gag rule » de la SEC, abrogée après avoir muselé des accusés durant des décennies.
Une issue favorable après trois ans de combat
Le combat a payé. En juillet 2023, la juge Analisa Torres a statué que le XRP n’est pas un titre financier, un tournant décisif. L’accord final est intervenu en mai 2025, accéléré par l’arrivée d’une nouvelle direction à la SEC. Les volumes de transactions de Ripple ont depuis nettement progressé.
L’ex-CTO a également évoqué une hypothèse controversée : des projets crypto concurrents auraient-ils contribué à déclencher l’action de la SEC ? Il a toutefois précisé qu’aucune preuve concrète n’étaye cette théorie, une simple intuition personnelle qui illustre les rivalités du secteur au moment des faits.
| Étape | Date | Impact |
|---|---|---|
| Poursuite de la SEC | Décembre 2020 | XRP délisté de nombreux exchanges |
| Jugement partiel (Torres) | Juillet 2023 | XRP déclaré non-titre financier |
| Accord final | Mai 2025 | Fin des poursuites, reprise des activités |
Lecture CryptoActu L’affaire Ripple illustre le coût existentiel de l’incertitude réglementaire pour les entreprises crypto. Le cas a créé un précédent juridique majeur, renforcé par l’abrogation de la « gag rule » et un CLARITY Act toujours en suspens au Congrès.
Questions fréquentes
Pourquoi Ripple a-t-il failli fermer en 2020 ?
La SEC a poursuivi Ripple fin 2020 pour vente présumée de titres non enregistrés via le XRP. Face à une procédure que l’équipe dirigeante estimait perdue d’avance, la dissolution avec distribution du trésor de XRP aux actionnaires a été sérieusement envisagée.
Quel a été le tournant du procès contre la SEC ?
Le 13 juillet 2023, la juge Analisa Torres a statué que le XRP n’est pas un titre financier. Cette décision partielle, intervenue après plus de deux ans de procédure, a affaibli la position de la SEC et ouvert la voie à un accord final en mai 2025.
Comment la régulation crypto a-t-elle évolué depuis l’affaire Ripple ?
La pression politique s’est accrue. Le CLARITY Act a été proposé au Congrès pour clarifier le cadre légal. La SEC a également abrogé sa « gag rule » en 2026, renforçant les droits des entreprises accusées.
À retenir
Ripple a pesé l’arrêt total de ses activités en 2020. La victoire judiciaire de juillet 2023 et l’accord de mai 2025 ont non seulement sauvé l’entreprise, mais créé un précédent majeur pour l’ensemble de l’industrie crypto face à l’incertitude réglementaire.
-
GUIDESQu'est-ce qu'Anthropic ?