MARA Holdings a vendu 23 093 bitcoins pour un total de 1,63 milliard de dollars au cours du premier semestre 2026, selon un communiqué officiel relayé le 10 août. Le prix moyen de cession s’est établi à 70 631 $ par unité. Malgré cette liquidation massive, l’entreprise conserve une réserve de 35 577 BTC, valorisée à plus de 2 milliards de dollars au 30 juin.
| Métrique | Valeur |
|---|---|
| BTC vendus au S1 2026 | 23 093 |
| Produit total des ventes | 1,63 milliard de dollars |
| Prix moyen de vente | 70 631 $ |
| Réserve restante au 30 juin | 35 577 BTC |
| Taux d’écoulement de la trésorerie | ~39,4 % |
Pourquoi MARA a-t-elle cédé autant de bitcoins en six mois ?
Le produit des ventes finance les opérations courantes et les opportunités de croissance du mineur coté au Nasdaq. La stratégie contraste avec celle de Tesla, qui a drastiquement réduit son exposition en 2022 tout en maintenant 11 509 BTC comme couverture de bilan. Dans le minage, la conversion régulière en dollars est une nécessité opérationnelle : les factures d’électricité, l’amortissement des ASIC et les salaires sont libellés en monnaie fiat.
Les mineurs institutionnels adaptent leur rythme de cession au prix du marché. En 2025, MARA avait déjà essuyé une perte nette de 1,3 milliard de dollars au premier trimestre, plombée par la dépréciation comptable de ses avoirs numériques. La fenêtre du premier semestre 2026, avec un bitcoin oscillant au-dessus des 70 000 $, a permis de dégager des liquidités tout en conservant une part significative de la production.
L’opération s’inscrit dans un mouvement plus large : le Bhoutan a vendu 230 millions de dollars de BTC durant la même période. Les détenteurs institutionnels exploitent méthodiquement les phases de prix favorables pour sécuriser des marges sans attendre un hypothétique sommet de cycle.
Comment le prêt de 600 millions de dollars est-il structuré ?
Le 4 août 2026, MARA a sécurisé un financement de 600 millions de dollars auprès de Coinbase et Two Prime, garanti par 18 750 BTC. Ce montage permet de lever des capitaux frais sans liquider la totalité de sa trésorerie. Une partie des fonds a immédiatement été dirigée vers l’acquisition de Long Ridge, un actif d’infrastructure énergétique.
La logique est proche de celle que Tether avait appliquée en 2022 pour rassurer sur ses réserves : un collatéral en bitcoins apporte des liquidités sans pression vendeuse supplémentaire sur le marché. Pour un mineur, emprunter contre ses actifs plutôt que de les vendre préserve le potentiel d’appréciation futur tout en finançant l’expansion.
MARA redirige-t-elle ses capitaux vers l’intelligence artificielle ?
L’acquisition de Long Ridge avec des fonds empruntés signale un élargissement du périmètre bien au-delà du minage. La perte de 1,3 milliard de dollars au T1 2026 a mis en évidence l’urgence de diversifier les revenus. L’entreprise cible désormais l’hébergement de calcul pour l’IA, un segment où la demande en datacenters connaît une croissance de plus de 40 % par an selon les estimations sectorielles.
Ce virage n’est pas isolé. Blockchain.com, qui a déployé sa carte Visa en Europe, illustre la même tendance : les acteurs crypto historiques élargissent leur modèle économique au-delà du cœur de métier. Plusieurs juridictions à électricité abondante proposent désormais des tarifs préférentiels pour les infrastructures hybrides capables de basculer entre minage et calcul IA selon la profitabilité relative.
MARA applique une logique comparable à celle de Tesla : le bitcoin reste un actif de réserve stratégique, mais la croissance opérationnelle future dépend de segments à marge plus prévisible. Avec l’évolution de la régulation crypto au Japon, d’autres mineurs pourraient officialiser des stratégies de diversification similaires dans les trimestres à venir.
Notre lecture Le mouvement de MARA reflète une évolution structurelle du minage institutionnel : les réserves en bitcoins deviennent un outil de financement autant qu’un actif de trésorerie. En empruntant contre ses BTC plutôt qu’en les cédant, l’entreprise maximise sa flexibilité financière tout en réduisant la pression vendeuse immédiate sur le marché.
À retenir
MARA Holdings a cédé 23 093 bitcoins pour 1,63 milliard de dollars au premier semestre 2026 tout en conservant 35 577 BTC. Le prêt de 600 millions de dollars garanti par 18 750 bitcoins confirme le pivot vers l’infrastructure de calcul, notamment via l’acquisition de Long Ridge. La publication des résultats du troisième trimestre devrait préciser l’allocation des capitaux entre minage résiduel et datacenters pour l’IA.
Questions fréquentes
Pourquoi MARA vend-elle ses bitcoins au lieu de les conserver ?
Le minage de bitcoin est une activité à forte intensité capitalistique. Les factures d’électricité, l’amortissement des machines et les charges salariales sont libellés en dollars. Convertir une partie de la production en monnaie fiat est une nécessité opérationnelle, pas un choix spéculatif. En 2025, MARA avait déjà perdu 1,3 milliard de dollars au T1, en partie à cause de la dépréciation comptable de ses réserves.
Comment fonctionne un prêt garanti par des bitcoins ?
L’emprunteur dépose une quantité de bitcoins (ici 18 750 BTC) comme collatéral auprès d’un prêteur institutionnel. En échange, il reçoit des dollars ou des stablecoins, sans avoir à vendre ses actifs. Ce mécanisme permet à MARA de financer sa croissance tout en conservant son exposition au bitcoin, un schéma comparable aux prêts garantis utilisés par Tether en 2022.
Quel est le lien entre le minage de bitcoin et l’intelligence artificielle ?
Les deux activités partagent un besoin critique en électricité abondante et en puissance de calcul. Plusieurs mineurs, comme MARA avec l’acquisition de Long Ridge, reconvertissent ou étendent leurs infrastructures pour héberger du calcul IA. Cette diversification répond à la cyclicité du minage : quand la rentabilité baisse, la capacité de calcul peut être redirigée vers des secteurs à marge plus prévisible.
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