MARA a gagé 18 750 bitcoins, soit plus de la moitié de ses réserves, pour obtenir 600 M$ de nouveaux prêts le 4 août. Selon nos informations, les 2 facilités, fournies par Coinbase (450 M$) et Two Prime (300 M$), servent à financer le projet d’intelligence artificielle Long Ridge.

Au programme

  • 18 750 BTC nantis pour 600 M$ de prêts : un collatéral inédit pour un mineur coté.
  • Liquidation record de 91 % de la production trimestrielle : entre nécessité financière et pari stratégique.
  • Une acquisition sous condition réglementaire : l’avenir de la centrale Long Ridge suspendu à l’aval de la FERC.

Les comptes du T2 montrent un chiffre d’affaires de 174,9 M$ et une perte nette de 611,3 M$, dont une moins-value latente de 342,7 M$ liée à la baisse du bitcoin. MARA a vendu 2 213 BTC sur la période, soit 91 % de sa production minière. L’opération de financement laisse planer un doute : le seuil de liquidation de ce collatéral reste inconnu, créant une situation inédite dans l’industrie.

Pourquoi MARA liquide sa production tout en empruntant massivement ?

Le mineur a vendu 2 213 BTC au T2, soit une écrasante majorité des 2 422 bitcoins minés. Couplée à une perte trimestrielle abyssale, cette stratégie vise à sécuriser des liquidités en dollars pour couvrir les coûts opérationnels et l’acquisition de Long Ridge. L’opération est risquée : la vente massive de bitcoins par un acteur comme MARA peut peser sur le marché, surtout lorsqu’elle se conjugue à une baisse du cours. Cette stratégie de liquidation de la trésorerie bitcoin n’est pas sans rappeler les choix difficiles opérés par d’autres mineurs lors des précédents marchés baissiers, illustrant une tension entre conservation du patrimoine et besoin de liquidités immédiates.

En parallèle, la société a monté un financement colossal de 600 M$ en nantissant 18 750 BTC supplémentaires. Ce double mouvement de vente et de mise en gage semble indiquer une volonté de dégager un maximum de capital en dollars sans pour autant diluer l’actionnariat, quitte à réduire drastiquement son exposition directe au bitcoin. Cette course à la liquidité rappelle certaines tensions où un déblocage massif de tokens peut redessiner l’équilibre d’un actif.

Le risque de liquidation : une inconnue majeure pour les créanciers

Les termes exacts des emprunts restent opaques. Le dépôt trimestriel ne divulgue pas le ratio de maintenance du collatéral, ni le prix du bitcoin qui déclencherait un appel de marge. Concrètement, il est impossible de calculer le seuil de liquidation pour ce montage de dette.

Le prêt Coinbase, gagé sur les bitcoins, porte un taux d’intérêt basé sur le taux des fonds fédéraux plus 3,875 %, à échéance août 2028. Le prêt Two Prime est à taux fixe de 7,65 %, même échéance. Si une chute brutale du bitcoin forçait MARA à renforcer son collatéral ou à liquider des actifs, cela créerait une pression vendeuse supplémentaire. Ce montant de 18 750 BTC représente une part significative du marché, introduisant un risque systémique ponctuel. L’absence de visibilité sur ce mécanisme de liquidation est d’autant plus préoccupante que le mineur a déjà montré sa volonté de ne pas conserver ses bitcoins minés. Pour les régulateurs, ce genre de montage pourrait devenir une nouvelle étude de cas, comme l’affaire FTX l’a été pour les exchanges.

Lecture CryptoActu L’empilement de dettes de MARA révèle une course à la conversion du bitcoin en capital physique : les datacenters. Un pari où la volatilité devient un risque de crédit.

Quid de l’acquisition de Long Ridge ?

L’avenir de l’opération repose encore sur l’acquisition de Long Ridge, une centrale électrique destinée à être convertie pour l’intelligence artificielle et le calcul haute performance. Si la période d’attente antitrust a été levée par la Federal Trade Commission le 16 juin, l’autorisation de la Federal Energy Regulatory Commission (FERC) se fait toujours attendre.

MARA s’expose par ailleurs à une indemnité de résiliation de 75 M$ si les conditions réglementaires ne sont toujours pas remplies au 30 juin 2027. La direction vise la signature d’un locataire pour son parc informatique d’ici la fin de l’année. Ce virage stratégique vers l’IA, financé par de la dette gagée sur bitcoin, est un pari risqué si le régulateur américain de l’énergie bloque l’opération. L’annonce intervient alors que l’écosystème crypto, de l’aveu même de créateurs comme Vitalik Buterin, a encore besoin de temps pour mûrir ses fondations avant de soutenir des paris industriels d’une telle envergure.

À retenir

MARA a gagé 18 750 BTC pour sécuriser 600 M$ destinés à un virage vers l’IA, quelques heures après avoir vendu la quasi-totalité de sa production. La perte nette grimpe à 611 M$, creusée par une dépréciation latente de ses bitcoins. Le seuil de liquidation de ce collatéral massif reste l’inconnue principale, pouvant fragiliser le marché en cas de forte baisse du bitcoin.

Questions fréquentes

Pourquoi MARA a-t-il gagé 18 750 bitcoins au lieu de les vendre ?

MARA utilise ses bitcoins comme collatéral pour obtenir des liquidités sans vendre directement l’actif. Cette stratégie permet de financer l’acquisition du datacenter de Long Ridge sans impacter immédiatement le marché par une vente massive de 18 750 BTC, qui aurait pu faire chuter les cours.

Quel est le seuil de liquidation pour les 600 M$ de prêts de MARA ?

Le seuil précis reste confidentiel. Le dépôt réglementaire ne divulgue pas le ratio de maintenance du collatéral. Une chute du bitcoin en dessous d’un certain niveau de prix, encore inconnu, forcerait MARA à renforcer son dépôt de garantie ou à liquider des actifs, créant une pression vendeuse supplémentaire sur le marché.

Quel est le lien entre cette opération de prêt et l’activité de minage ?

MARA a vendu 91% de sa production minière au T2, soit 2 213 BTC. Les 600 M$ empruntés et la liquidation de la production servent un objectif commun : financer la transformation du site de Long Ridge pour l’IA. Cette double opération illustre un repositionnement stratégique du mineur, qui troque son exposition au bitcoin contre des actifs physiques de calcul.

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