Le gouvernement du Bhoutan a liquidé plus de 230 millions de dollars de bitcoin depuis le début de 2026, selon les données on-chain compilées par Arkham Intelligence. Un rythme de vente de 50 millions de dollars par mois environ, alors que le pays himalayan conserve encore 252 millions de dollars en BTC. La stratégie d’accumulation silencieuse amorcée via le minage géothermal laisse place à une sortie progressive.

Au programme

  • Plus de 230 M$ de BTC vendus depuis janvier 2026 (données Arkham) : une liquidation sans précédent pour un État détenteur souverain
  • Il reste 252 M$ en réserves, mais une sortie totale est jugée possible d’ici septembre 2026
  • En parallèle, Gelephu Mindfulness City ouvre un couloir fintech avec licence accélérée et compte bancaire garanti pour attirer les entreprises crypto

Comment le Bhoutan vend-il ses bitcoins ?

Les transactions sont visibles on-chain. Arkham Intelligence suit les adresses attribuées au gouvernement bhoutanais depuis plusieurs mois. Le dernier mouvement identifié portait sur 100 BTC supplémentaires, soit environ 9 à 10 millions de dollars au cours actuel.

Le rythme moyen atteint 50 millions de dollars par mois depuis janvier. À ce cadence, les éléments à notre disposition indiquent que les réserves restantes de 252 millions de dollars pourraient être intégralement liquidées d’ici septembre 2026. Aucune communication officielle de Thimphou n’a confirmé ni démenti cette trajectoire.

Le Bhoutan avait commencé à accumuler du bitcoin via le minage hydroélectrique et géothermal, une activité peu visible à l’international jusqu’aux révélations de 2023. Le pays figure parmi les rares États à avoir miné du BTC directement avec des excédents d’énergie renouvelable, aux côtés du Salvador et de certaines entités liées à des gouvernements du Golfe.

Pourquoi cette liquidation intervient-elle maintenant ?

Aucun motif officiel n’a été avancé. Deux hypothèses circulent parmi les analystes. La première : le Bhoutan convertit ses gains en monnaie fiduciaire pour financer des projets d’infrastructure, notamment la construction de la Gelephu Mindfulness City (GMC), une zone économique spéciale ambitieuse. La seconde : le gouvernement sécurise ses plus-values après le rebond de BTC au-dessus des 90 000 dollars au premier trimestre 2026.

La plus-value potentielle est significative. Les estimations font état d’un bénéfice latent de 767 millions de dollars sur l’ensemble des positions accumulées. Ce chiffre ne peut être vérifié indépendamment faute d’accès au coût d’acquisition moyen des BTC minés.

La vente ne signifie pas pour autant un abandon de la stratégie crypto. Les projets en cours à Gelephu vont dans le sens inverse.

Gelephu attire les entreprises crypto avec zéro impôt sur les sociétés

Pendant que le gouvernement central vend du BTC, la région administrative spéciale de Gelephu Mindfulness City déploie un dispositif d’accueil agressif pour les acteurs fintech et crypto. Depuis le 13 mai 2026, selon les éléments à notre disposition, les entreprises déjà régulées à Singapour, Abu Dhabi Global Market ou Hong Kong peuvent obtenir une licence opérationnelle complète sur une voie accélérée.

L’offre comprend un compte bancaire garanti auprès de DK Bank pour chaque entreprise licenciée. L’impôt sur les sociétés est fixé à 0 %. L’accès au système bancaire local est inclus dès l’obtention de la licence, sans délai supplémentaire.

Plusieurs éléments concordants indiquent également que la GMC cherche à attirer des entreprises prêtes à s’implanter durablement, plutôt que des structures légères orientées vers l’arbitrage réglementaire. Le cadre vise une concurrence directe avec les zones franches de Dubaï (DIFC, ADGM) et de Singapour (MAS).

Ce double mouvement, vendre du BTC au niveau national tout en créant une zone d’attraction pour l’industrie crypto, illustre une stratégie à deux vitesses. L’État réalise ses bénéfices, tandis que la GMC mise sur les recettes fiscales et les emplois liés à l’écosystème à moyen terme. Un schéma qui n’est pas sans rappeler l’adoption du Bitcoin dans certains pays émergents, où la réalité économique impose des choix pragmatiques avant toute conviction idéologique.

Le cas bhoutanais pose une question plus large sur la durabilité des réserves souveraines en BTC. El Salvador, qui avait intégré le bitcoin comme monnaie légale, a lui aussi allégé ses positions sous pression du FMI en 2024. Pour les États qui ont miné ou accumulé tôt, la tentation de monétiser avant une éventuelle correction est forte. Les indicateurs de top de cycle Bitcoin 2025-2026 restent surveillés de près par les détenteurs institutionnels et souverains.

Les 252 millions de dollars restants constituent encore un portefeuille souverain non négligeable. À surveiller : les prochains mouvements on-chain des adresses Arkham attribuées au Bhoutan, qui fourniront le signal le plus fiable sur le calendrier de sortie. Pour comprendre les outils de traçage utilisés par Arkham sur ces adresses, les mécanismes de mixage et d’anonymat du BTC éclairent aussi pourquoi certains transferts souverains restent partiellement opaques.

À retenir

Le Bhoutan a vendu 230 M$ de BTC en 5 mois, à raison de 50 M$ par mois. Il reste 252 M$ en portefeuille, une sortie totale étant envisageable d’ici septembre. En parallèle, la zone économique de Gelephu courtise l’industrie crypto avec zéro impôt et licences express.

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