Alors que les jetons de la DeFi mènent bille en tête la reprise du marché en ce mois de mai 2021, la prestigieuse Wharton School of Business publie une étude sur la finance décentralisée et son potentiel à transformer le paysage financier mondial.

La DeFi à l’examen

L’école de commerce de l’Université de Pennsylvanie, la Wharton School of Business, connue notamment pour avoir compté en ses rangs des élèves comme Donald Trump, Elon Musk ou encore Warren Buffett, vient de publier son évaluation du secteur de la finance décentralisée (DeFi). Intitulé «DeFi Beyond the Hype», ce rapport a été produit par le Wharton Blockchain and Digital Asset Project en collaboration avec le Forum économique mondial.

A partir de six segments du secteur préalablement définis, pièces stables, échanges, crédit, dérivés, assurance et gestion d’actifs -, l’équipe à l’oeuvre analyse tous les éléments clés de la machine DeFi, y compris ses services auxiliaires tels que les portefeuilles et les oracles. Elle retient également quatre caractéristiques déterminantes : l’engagement avec les services financiers, l’exploitation et le règlement minimisés par la confiance (c’est-à-dire l’intégration de la blockchain publique sans autorisation), la conception non dépositaire et l’architecture ouverte, programmable et composable.

Selon le rapport, les principaux avantages du secteur sont la réduction des frictions et des coûts de transaction pour le commerce et la distribution des actifs financiers, mais aussi une transparence accrue, un meilleur accès au marché et un règlement plus rapide, autant d’atouts face aux marchés financiers traditionnels.

Les difficultés d’une croissance massive

Mais ce nouveau secteur en croissance explosive n’est pas à l’abri de difficultés qui pourraient s’avérer rédhibitoires. Wharton s’appuie sur DeFiPulse, qui mesure alors la capitalisation verrouillée : moins de 1 milliard de dollars en 2019, plus de 80 milliards en mai 2021. DeFiPulse a fermé son tableau de bord fin 2022 ; la référence est depuis DefiLlama, au périmètre plus large et aux chiffres non comparables.

Graphique de la valeur totale verrouillée en DeFi selon DeFiPulse *Total Value Locked in DeFi,DefiPulse*

Parmi elles, selon le rapport, les problèmes de scalabilité (un débit de transactions souvent congestionné), l’interopérabilité entre blockchains et avec les services financiers classiques, et les questions réglementaires.

Comme la technologie blockchain plus généralement, DeFi a une base enthousiaste d’évangélistes, qui promeuvent son potentiel d’efficacité, de transparence, d’innovation et d’inclusion financière. Mais il a également ses critiques, ses risques et ses inconnus. »

DeFi Beyond the Hype

Le plus gros écueil étant une technologie jugée encore trop immature qui facilite les fraudes et les manipulations en tout genre dont on rend régulièrement compte en ces pages. Autre problème souligné par le rapport, le risque d’un contrôle centralisé caché, où certains acteurs prennent un pouvoir disproportionné sur le marché.

Les jetons DeFi prennent le lead de l’élan haussier

Quoi qu’il en soit, la DeFi continue d’attirer spéculateurs et investisseurs. Le rebond des prix observé après la capitulation de la mi-mai 2021, qui a vu environ 1 300 milliards de dollars de capitalisation s’évaporer, est en grande partie lié aux jetons de la DeFi. Ainsi la solution de deuxième couche d’Ethereum, Polygon (MATIC), a tenu la dragée haute aux autres tokens pendant la traversée.

D’autres plus abîmés ont connu des redressements spectaculaires. Maker (MKR) a bondi de 91% du jour au lendemain, au-dessus de 4000 dollars. Yearn.finance (YFI) a progressé de 72% et se négocie près des 50 000 dollars. Quant à Uniswap (UNI) et Aave (AAVE), leur jeton a gagné plus de 50%.

Mise à jour du 10 août 2026. La suite a démenti cet optimisme. Selon DefiLlama, la valeur verrouillée a culminé à 177,5 milliards de dollars le 9 novembre 2021, un record jamais rejoint depuis. L’effondrement du stablecoin algorithmique UST et de Terra a fait tomber le total de 126 milliards le 9 mai 2022 à 78,5 milliards le 13 mai. La contagion a ensuite emporté la finance centralisée : Three Arrows Capital liquidé en juin 2022, Celsius et Voyager en faillite en juillet, FTX en novembre. Le point bas, 37,8 milliards, date du 1er janvier 2023.

La reprise est restée partielle : 75,4 milliards de dollars le 10 août 2026, moins de la moitié du pic de 2021. Les protocoles cités ont connu des sorts contrastés : Aave reste le premier acteur du crédit décentralisé avec 14,1 milliards verrouillés sur sa version 3, Maker a été rebaptisé Sky en août 2024, MATIC a laissé place à POL en septembre 2024, Yearn.finance est retombé sous les 200 millions. Cinq ans plus tard, la transformation de la finance mondiale reste une promesse.

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