La banque JPMorgan estime que le principal risque structurel pour le Bitcoin n’est pas la stratégie de vente de l’entreprise de Michael Saylor. Dans un rapport signé par son directeur général Nikolaos Panigirtzoglou, l’établissement de 4 700 milliards de dollars d’actifs pointe un danger plus systémique : une adoption de la blockchain par la finance traditionnelle qui contourne massivement les réseaux publics.
Au programme
- JPMorgan identifie les blockchains privées comme le risque structurel n°1 pour Bitcoin
- La finance traditionnelle privilégie des réseaux permissionnés pour leur conformité et leur gouvernance
- La tokenisation des actifs réels pourrait réduire la liquidité et l’activité sur les chaînes publiques
Pourquoi JPMorgan écarte-t-elle Strategy comme menace pour Bitcoin ?
Les analystes de JPMorgan considèrent que les récentes ventes de bitcoins par Strategy et son programme de monétisation ne constituent pas une menace structurelle pour l’actif. Ils reconnaissent un effet de pression vendeuse ponctuel, mais largement insuffisant pour déstabiliser le marché. Le véritable risque est ailleurs.
Selon nos informations, le danger n’est pas une offre excédentaire temporaire de bitcoins, mais une érosion lente de l’intérêt institutionnel pour les blockchains publiques. « Nous ne voyons pas Strategy comme la principale menace structurelle pour Bitcoin », affirment les analystes. Le problème est plus profond.
Comment les blockchains privées menacent-elles l’écosystème crypto ?
Si la tokenisation d’actifs, les paiements et le règlement-livraison s’opèrent de plus en plus en dehors des réseaux publics, l’ensemble de l’écosystème crypto pourrait subir une « dévalorisation structurelle ». Cela se traduirait par un ralentissement de l’activité, une liquidité en baisse et des flux de capitaux plus faibles, ce qui finirait par peser sur le cours du Bitcoin.
Les institutions financières, selon le rapport, favorisent massivement les réseaux permissionnés. La raison est simple : ces infrastructures offrent une meilleure confidentialité, des contrôles KYC et LCB-FT robustes, une gouvernance claire et une sécurité juridique que les blockchains publiques peinent à garantir. Cela crée une menace concurrentielle directe pour des réseaux comme Ethereum.
« À notre avis, le risque le plus important pour Bitcoin provient de l’écosystème crypto au sens large et du développement de l’adoption de la blockchain au sein de la finance traditionnelle, d’une manière qui contourne les réseaux publics sans permission. » : Analystes de JPMorgan, juillet 2026
La Banque des règlements internationaux a également mis en garde contre l’utilisation de blockchains publiques sans permission pour des infrastructures financières d’importance systémique. Elle promeut plutôt des registres unifiés permissionnés, combinant monnaie de banque centrale tokenisée, dépôts bancaires et actifs tokenisés dans des environnements réglementés.
La tokenisation des actifs réels va-t-elle vraiment quitter les chaînes publiques ?
Le marché de la tokenisation d’actifs réels pèse aujourd’hui environ 50 milliards de dollars. Une part significative est actuellement hébergée sur Ethereum, mais JPMorgan y voit davantage une phase d’expérimentation précoce qu’une structure de marché définitive.
À mesure que l’adoption institutionnelle progressera, l’émission, la conservation et le cycle de vie des actifs pourraient de plus en plus se dérouler sur des infrastructures privées. Les chaînes publiques ne serviraient alors que pour la distribution et une liquidité secondaire limitée. Des acteurs comme la DTCC développent déjà des flux de tokenisation sur des infrastructures permissionnées, tout en expérimentant des connectivités sélectives avec des réseaux comme Stellar.
| Infrastructure | Type | Avantages clés | Exemples |
|---|---|---|---|
| Blockchains publiques | Ethereum, Solana | Transparence, décentralisation | Expérimentations précoces RWA |
| Réseaux permissionnés | Canton, ComposerX | Conformité, gouvernance, vie privée | Pilotes DTCC, Securitize |
| Initiatives interbancaires | SWIFT, projets CBDC | Interopérabilité régulée, dépôts tokenisés | Euro numérique, yuan numérique |
Le projet d’infrastructure blockchain de SWIFT et les initiatives de monnaies numériques de banque centrale, comme l’euro numérique, pourraient renforcer ces alternatives régulées et réduire la nécessité des stablecoins dans les paiements institutionnels. L’adoption de blockchains privées par les banques centrales et les géants bancaires américains menace directement l’utilité des réseaux décentralisés.
Lecture CryptoActu Le constat de JPMorgan est un miroir tendu à l’industrie crypto : la proposition de valeur des blockchains publiques, au-delà du seul Bitcoin comme « or numérique », n’a pas encore convaincu la finance réglementée. Sans cas d’usage massif dans le règlement d’actifs tokenisés, la liquidité et les flux de capitaux resteront captifs des circuits traditionnels. Ce risque structurel est, à long terme, bien plus corrosif qu’une vague de ventes ponctuelle.
À retenir
JPMorgan identifie un risque existentiel pour les réseaux publics, y compris Bitcoin. La finance traditionnelle construit ses propres circuits blockchain, conformes et contrôlés. Si les actifs tokenisés migrent massivement vers ces infrastructures, la liquidité du marché crypto pourrait se contracter durablement. À surveiller : l’évolution du Clarity Act américain, qui pourrait accélérer cette bascule en légitimant les dépôts tokenisés bancaires.
Sources
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STABLECOINSPayPal émet PYUSD nativement sur Polygon