L’interdiction des CBDC aux États-Unis sera effective au plus tard le samedi 11 juillet, sans que Donald Trump n’ait à signer le texte. Le président américain a confirmé sur les réseaux sociaux qu’il ne parapherait pas le 21st Century ROAD to Housing Act, un projet de loi immobilier auquel les parlementaires ont greffé une clause anti-dollar numérique.
Au programme
- Le Housing Act bloque toute CBDC de détail américaine jusqu’au 31 décembre 2030
- Trump choisit le « pocket veto » implicite : la loi s’applique quand même
- Une victoire symbolique pour les Républicains qui durcissent le clivage avec la Chine sur la monnaie numérique
Pourquoi Trump laisse-t-il passer cette interdiction des CBDC sans la signer ?
Le mécanisme constitutionnel est simple. Lorsque le Congrès transmet un texte au président, ce dernier dispose de 10 jours pour le signer ou y opposer son véto. Passé ce délai, si le Congrès est toujours en session, le projet devient automatiquement loi, sans signature présidentielle. Trump a confirmé qu’il ne signerait pas, mais qu’il n’opposerait pas non plus de véto formel.
Cette posture illustre une décision politique. Le président républicain a toujours qualifié les CBDC de « menace pour la liberté financière ». En janvier 2026, il avait déjà interdit le dollar numérique par décret, bloquant tout projet de la Réserve fédérale. Le Housing Act grave cette position dans le marbre législatif : aucune CBDC de détail ne pourra être émise aux États-Unis avant 2031.
La loi immobilière elle-même est un texte technique sur le logement abordable. L’amendement anti-CBDC, porté par des élus républicains, s’y est greffé tardivement. Le choix de Trump évite un affrontement public avec l’aile dure du parti tout en laissant le Congrès assumer l’interdiction.
Quels sont les États américains qui anticipaient déjà cette interdiction ?
La Caroline du Nord et la Floride avaient déjà pris les devants. La Caroline du Nord a banni les CBDC dès janvier 2026, suivie par la Floride en mars 2026. Ces lois locales interdisent aux agences d’État d’accepter des paiements en monnaie numérique de banque centrale.
La Nouvelle-Zélande explore prudemment le sujet sans franchir le pas, tandis qu’à l’inverse, la Chine accélère avec son yuan digital : plus de 260 millions de portefeuilles actifs et des tests de règlement transfrontaliers avec Hong Kong, la Thaïlande et les Émirats arabes unis. Le Brésil finalise son Drex, et la Banque centrale européenne poursuit le développement de l’euro numérique malgré les résistances politiques.
Cette dynamique crée un clivage réglementaire transatlantique. Les stablecoins privés libellés en dollars comblent déjà le vide laissé par l’absence de CBDC américaine.
Quel impact sur les stablecoins et le secteur crypto américain ?
L’interdiction législative des CBDC bénéficie directement aux émetteurs de stablecoins. Circle (USDC), Tether (USDT) et Paxos (USDP) voient leur position renforcée : ils deviennent les fournisseurs de facto d’une « monnaie numérique en dollars ». Le décret Trump facilitant l’accès des acteurs crypto au système bancaire amplifie cette tendance.
Le marché des stablecoins pèse désormais plus de 230 milliards de dollars de capitalisation, dont 95 % en dollars américains. Le Housing Act supprime tout risque de concurrence publique directe jusqu’en 2031. Cette fenêtre de 5 ans offre une certitude réglementaire inhabituelle dans l’univers crypto.
Lecture CryptoActu L’interdiction législative des CBDC américaines verrouille le modèle dollar numérique privé pour au moins 5 ans. Circle et Tether consolident leur rente de seigneuriage sur les réserves en bons du Trésor, pendant que la Chine teste l’interopérabilité cross-border du yuan digital. Le fossé transatlantique se creuse, mais ce sont les stablecoins qui en sortent gagnants à court terme.
À retenir
L’interdiction des CBDC de détail entre en vigueur sans heurt politique. La loi bloque toute émission jusqu’en 2031 et conforte les stablecoins privés comme infrastructure de paiement numérique en dollars. Face à une Chine qui teste activement le yuan digital, Washington parie sur le dollar privé comme alternative géopolitique.