Taj Tarsha, 34 ans, a été inculpé ce mercredi 5 août pour fraude boursière et fraude électronique. Le fondateur de la place de marché NFT Few and Far Limited aurait levé plus de 10 M$ auprès de 70 investisseurs avant de détourner l’essentiel des fonds, selon l’acte d’accusation fédéral. Son équipe, réduite à un seul contractant, simulait le développement du projet depuis plus d’un an.

Au programme

  • 10 millions de dollars levés via des accords SAFT pour une plateforme NFT qui n’a jamais vu le jour.
  • 70 investisseurs floués, des fonds dilapidés entre paris en ligne, immobilier de luxe et une carrière de DJ.
  • Jusqu’à 20 ans de prison encourus pour fraude boursière et électronique, devant le juge de l’affaire FTX.

Few and Far se présentait comme une place de marché décentralisée pour tokens non fongibles. Via des accords SAFT, 95 millions de tokens FAR ont été vendus entre 2023 et début 2025. Un audit interne a révélé le détournement massif en avril 2026. L’affaire rappelle d’autres dossiers de fraude aux tokens où les promesses technologiques masquaient un pillage pur et simple des levées de fonds.

Comment Tarsha a-t-il utilisé les 10 M$ ?

Les fonds levés n’ont jamais servi à construire la plateforme. Les procureurs détaillent trois postes de dépenses : des paris en ligne, l’achat d’actifs numériques spéculatifs, et un prêt immobilier pour un condo à Miami avec décoration intérieure. Le solde a financé sa carrière de DJ.

Tarsha aurait menti aux investisseurs en affirmant que les bonus versés étaient liés à des objectifs de prévente de tokens FAR. En réalité, le personnel avait été presque intégralement licencié. Le seul contractant restant exécutait des tâches destinées à donner l’apparence d’un développement continu de la marketplace, selon les procureurs. Une stratégie de façade qui évoque d’autres dossiers où des responsables ont risqué 20 ans de prison pour opacité financière, ou encore l’affaire BitClub Network dont le DOJ a abandonné les poursuites après des années de procédure.

Quel est le cadre judiciaire ?

Chaque chef d’accusation : fraude boursière et fraude électronique : expose Tarsha à une peine maximale de 20 ans. Le dossier a été attribué au juge de district Lewis Kaplan, qui a présidé la condamnation de l’ex-PDG de FTX Sam Bankman-Fried dans l’une des plus grandes fraudes crypto de l’histoire récente.

L’affaire Few and Far s’inscrit dans un schéma désormais classique dans l’écosystème : lever des fonds sur un narratif NFT ou Web3, détourner la trésorerie, et entretenir l’illusion d’une activité jusqu’à l’audit. Les procureurs soulignent que Tarsha aurait utilisé un argument de « cibles de prévente » pour justifier ses dépenses, alors que les comptes étaient vidés. Un mode opératoire comparable à celui du Ponzi de Misam Abidi au Tennessee, où 1,9 M$ avaient été détournés sous couvert de promesses de rendement, tandis qu’au Nigeria un présumé escroc crypto a été arrêté pour une fraude de 9,2 M$.

Quel impact pour les investisseurs SAFT ?

Les 70 investisseurs ayant souscrit aux accords SAFT détiennent désormais des droits sur des tokens FAR qui n’ont jamais été émis sur une blockchain fonctionnelle. La valeur résiduelle de leur placement est proche de zéro. L’audit d’avril 2026, qui a révélé le détournement, n’a pas encore donné lieu à une procédure civile distincte.

Plusieurs questions restent en suspens : les actifs numériques spéculatifs achetés par Tarsha peuvent-ils être gelés ou saisis ? Le parquet ne précise pas encore si des recours sont envisagés pour les investisseurs. Historiquement, les chances de recouvrement dans ce type d’affaire sont minces : le fondateur du DOGE lui-même avait vendu l’intégralité de ses tokens pour 10 000 $ en 2015, un montant qui paraît dérisoire comparé aux levées SAFT d’aujourd’hui.

Lecture CryptoActu L’affaire Few and Far illustre une zone grise persistante des levées SAFT : les investisseurs achètent des droits sur des tokens futurs sans garantie que la contrepartie technique : la plateforme : verra le jour. L’absence de séquestre des fonds levés reste le principal vecteur de détournement.

À retenir

Taj Tarsha risque jusqu’à 20 ans par chef d’accusation pour avoir détourné 10 M$ d’une levée SAFT. Le juge Lewis Kaplan, connu pour sa sévérité dans l’affaire FTX, supervise le dossier. Les 70 investisseurs attendent de savoir si des actifs pourront être recouvrés. L’audience préliminaire n’a pas encore été fixée.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un accord SAFT dans la crypto ?

Un SAFT (Simple Agreement for Future Tokens) est un contrat par lequel un investisseur finance un projet crypto en échange de la promesse de recevoir des tokens une fois le réseau développé. C’est un véhicule d’investissement précoce, souvent utilisé avant le lancement d’une blockchain ou d’une plateforme, mais qui offre peu de garanties si le projet n’aboutit pas.

Comment les investisseurs peuvent-ils récupérer leurs fonds ?

Le recouvrement est extrêmement difficile. Dans les affaires de fraude comme celle de Few and Far, les fonds sont souvent dépensés ou dissimulés. La justice peut tenter de saisir des biens (comme le condo de Tarsha à Miami) pour indemniser les victimes, mais le processus est long et le montant récupéré est rarement intégral.

Que risque Taj Tarsha dans cette affaire ?

Taj Tarsha est inculpé pour fraude boursière et fraude électronique. Chaque chef d’accusation est passible d’une peine maximale de 20 ans de prison fédérale. Le dossier est supervisé par le juge Lewis Kaplan, réputé pour sa sévérité après avoir condamné Sam Bankman-Fried dans le scandale FTX, ce qui écarte la possibilité d’une peine clémente.

Sources

Signal Baissier
Impact Mineur
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