Le département de la Justice américain (DOJ) abandonne les poursuites contre Matthew Goettsche, le fondateur présumé du système de Ponzi BitClub Network. Le parquet a notifié le tribunal le 8 juillet 2026 qu’un accord de principe avait été trouvé entre les parties, selon des éléments judiciaires relayés par Bloomberg. Cette décision clôt près de 7 ans de procédure après l’inculpation de décembre 2019.

Au programme

  • 722 millions de dollars escroqués et un procès qui n’aura jamais lieu : le parquet américain jette l’éponge (PANews, 2026)
  • Une équipe d’avocats proches de l’administration Trump en coulisses : le volet lobbying de l’affaire
  • Trois co-accusés déjà condamnés ; Goettsche seul relaxé : un traitement à deux vitesses

Le schéma de Ponzi BitClub Network promettait des rendements miniers en Bitcoin inexistants. L’affaire a marqué les premières grandes fraudes crypto de l’ère post-bull run 2017. Le parquet d’origine parlait de milliers d’investisseurs floués à travers le monde.

Pourquoi le DOJ lâche-t-il une affaire de 722 millions de dollars ?

Le parquet new-jersiais n’a pas motivé sa décision de manière détaillée. L’élément le plus frappant reste l’équipe juridique que Matthew Goettsche a constituée pour sa défense.

Selon des informations obtenues par Bloomberg et reprises par PANews, les avocats Bradford Cohen et Brett Tolman ont mené les négociations avec le DOJ. Bradford Cohen s’est fait connaître auprès de Donald Trump en participant à l’émission The Apprentice. Brett Tolman a déjà aidé des clients à obtenir des grâces présidentielles sous l’administration Trump. Cette proximité avec le pouvoir exécutif suscite des interrogations légitimes. Un abandon de charges dans une fraude de cette ampleur est suffisamment rare pour être scruté avec attention.

Trois co-accusés condamnés, un seul relaxé : comment l’expliquer ?

Le décalage entre les co-accusés est saisissant. Si Goettsche voit ses charges abandonnées, trois personnes impliquées dans BitClub Network ont plaidé coupable.

Le schéma BitClub reposait sur une promesse de rendements générés par des fermes de minage. En réalité, l’argent des nouveaux entrants servait à rémunérer les plus anciens, un mécanisme classique que l’on a vu exploser avec Celsius Network. Les autorités américaines avaient saisi des communications internes où Goettsche traitait les investisseurs de « moutons » et se vantait de les « plumer ».

La décision du DOJ soulève des questions sur l’application différenciée de la justice dans les affaires crypto. Un traitement à deux vitesses qui pourrait créer un précédent dans les futures poursuites pour fraude aux cryptomonnaies.

Quels risques persistent pour les investisseurs de BitClub ?

L’abandon des charges pénales ne signifie pas la restitution des fonds aux victimes. 722 millions de dollars ont été siphonnés, et la voie civile pourrait rester ouverte.

Les investisseurs floués devront probablement se tourner vers des recours individuels, une procédure complexe pour des victimes dispersées sur plusieurs continents. L’affaire BitClub rappelle que les mécanismes de fraude crypto prospèrent là où la régulation tarde à s’appliquer de manière uniforme.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que BitClub Network ?

BitClub Network était un système de Ponzi présenté comme un pool de minage de cryptomonnaies. Lancé en 2014, il promettait des rendements en Bitcoin mais distribuait en réalité l’argent des nouveaux entrants aux investisseurs plus anciens, sans activité minière réelle.

Pourquoi le DOJ abandonne-t-il les charges après 7 ans ?

Le parquet américain n’a pas publié de motivation officielle. L’équipe de défense de Goettsche, composée d’avocats proches de Donald Trump, a annoncé le 8 juillet 2026 un accord de principe pour résoudre l’ensemble des charges pénales.

Les investisseurs peuvent-ils récupérer leur argent ?

L’abandon des charges pénales ne prévoit pas de mécanisme automatique de restitution. Les victimes devront explorer des recours individuels devant les juridictions civiles, sans garantie de résultat.

À retenir

Le DOJ ferme un dossier de 722 millions de dollars d’escroquerie sans condamner son principal accusé. Matthew Goettsche bénéficie d’un abandon de charges négocié par une équipe juridique bien connectée, tandis que trois co-accusés ont plaidé coupable. Le précédent BitClub interroge sur l’égalité d’application de la justice dans les fraudes crypto de grande envergure.

Sources

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