Les règles fédérales américaines sur la crypto n’ont jamais été aussi proches d’un aboutissement, estime Brad Garlinghouse, après des réunions à la Maison-Blanche et avec la CFTC. Le secteur compte 67 millions de détenteurs aux États-Unis, selon les éléments cités par Bitcoin.com News. Cette dynamique politique reste toutefois inachevée : le CLARITY Act doit encore franchir le Sénat, tandis que les régulateurs préparent déjà leurs propres dispositifs.
Au programme
- 67 millions d’Américains détiendraient des cryptomonnaies, soit près d’1 adulte sur 4.
- La Maison-Blanche et la CFTC ont réuni acteurs crypto, banques et marchés traditionnels.
- Le CLARITY Act reste bloqué par des désaccords sur la protection des investisseurs.
Pourquoi Washington accélère-t-il sur la régulation crypto ?
Le changement tient d’abord au niveau politique atteint par les actifs numériques. Brad Garlinghouse a participé à une réunion organisée à la Maison-Blanche avec Donald Trump, des responsables fédéraux, des entreprises crypto et des représentants de la finance traditionnelle. La rencontre portait sur la législation, la tokenisation, la formation du capital et la compétitivité technologique américaine.
Le chiffre de 67 millions de détenteurs provient d’une enquête menée auprès de 10 000 personnes entre le 12 février et le 3 mars 2026. Il ne s’agit donc pas d’un recensement de portefeuilles vérifiés. L’estimation mesure une population déclarant détenir des cryptomonnaies. Cette distinction compte dans un débat où les chiffres servent aussi à mesurer le poids électoral du secteur.
La question dépasse désormais les seuls échanges spécialisés. Les banques américaines s’intéressent elles aussi à la conservation et aux services crypto, comme le montre l’évolution de leurs règles prudentielles. Cette évolution est détaillée dans notre analyse des banques américaines et de leur rapprochement avec la crypto.
« Le grand tableau n’a jamais été aussi clair : 67 millions d’Américains détiennent aujourd’hui des cryptomonnaies. La crypto n’est pas une industrie marginale. »
Brad Garlinghouse
Que s’est-il joué lors de la réunion de la CFTC ?
La réunion du 20 août a rapproché l’industrie crypto des infrastructures financières traditionnelles. Le comité consultatif sur l’innovation de la CFTC a réuni notamment Nasdaq, CME Group, Cboe, la Bourse de New York, l’OCC et la DTCC. Les discussions ont porté sur la crypto, l’intelligence artificielle, les marchés prédictifs et les protections destinées aux consommateurs.
Cette instance conseille la CFTC, mais ne vote aucune loi. Elle peut toutefois contribuer à définir les priorités de l’agence. Son ordre du jour souligne surtout les chevauchements de compétences et l’absence d’un cadre fédéral unique pour les marchés d’actifs numériques.
Michael S. Selig, président de la CFTC, a indiqué que l’agence pouvait agir avec les pouvoirs dont elle dispose déjà. Ses équipes préparent ainsi un régime crypto susceptible d’avancer même si le Congrès ne finalise pas le CLARITY Act.
Les sujets identifiés sont les suivants :
- la répartition des compétences entre la CFTC et la SEC ;
- les obligations des plateformes d’échange ;
- la lutte contre les manipulations de marché ;
- la protection des clients et des avoirs déposés.
Cette approche rappelle que le calendrier législatif n’est pas le seul levier à surveiller. L’ESMA surveille déjà la résilience numérique des gardiens crypto, signe que les autorités peuvent avancer par la supervision avant même une réforme complète. La FDIC s’inquiète également de l’activité crypto des banques américaines.
Le CLARITY Act peut-il encore être adopté rapidement ?
Le texte reste confronté à des désaccords au Sénat. Les élus démocrates contestent plusieurs dispositions du cadre actuel, notamment sur les conflits d’intérêts présidentiels, les normes antifraude, les protections des consommateurs et les garanties contre le financement illicite. Aucun accord final n’est donc établi.
Brad Garlinghouse défend pourtant une adoption rapide. Il relie les réunions d’août à une lettre ouverte adressée au Congrès le 30 juillet 2019. Son entreprise réclame depuis 7 ans des règles fédérales distinguant les différents actifs numériques et clarifiant le rôle des régulateurs.
« Les règles écrites pour une autre époque ne suffisent plus. Ni pour les consommateurs, ni pour les entreprises, ni pour l’innovation. »
Brad Garlinghouse
Le dirigeant de Ripple présente cette séquence comme la plus favorable depuis le début de sa campagne. Cette appréciation reste politique. Elle ne signifie pas que les parlementaires ont réglé les désaccords techniques.
Le dossier s’inscrit dans une période de forte activité réglementaire américaine. La SEC prépare des règles crypto sur les exchanges, tandis que les discussions sur le GENIUS Act et les stablecoins avancent sur un autre volet. Le risque, pour les entreprises, serait de voir plusieurs cadres se superposer avant l’adoption d’une loi fédérale unique. Les acteurs doivent donc aussi suivre les règles essentielles de gestion du risque crypto en 2026.
Questions fréquentes
Que prévoit le CLARITY Act ?
Le CLARITY Act doit définir un cadre fédéral pour les marchés d’actifs numériques et préciser les responsabilités de la CFTC et de la SEC. Le texte doit encore franchir le Sénat. Les discussions portent notamment sur la fraude, les conflits d’intérêts et la protection des consommateurs.
La CFTC peut-elle réglementer la crypto sans nouvelle loi ?
La CFTC estime pouvoir agir avec ses pouvoirs actuels, selon les propos de Michael S. Selig lors de la réunion du 20 août 2026. L’agence prépare un régime de marché crypto, mais son champ d’action reste limité par la répartition actuelle des compétences fédérales.
Pourquoi les réunions américaines concernent-elles les exchanges ?
Les plateformes d’échange sont directement concernées par les futures règles de marché, les obligations de protection des clients et la surveillance des manipulations. Cette évolution rejoint les questions abordées dans notre dossier sur la gestion du risque crypto en 2026.
À retenir
Brad Garlinghouse juge les États-Unis proches d’un tournant réglementaire après 7 ans de campagne. Les réunions de la Maison-Blanche et de la CFTC montrent un dialogue élargi à la finance traditionnelle. Le point décisif reste le Sénat : tant que le CLARITY Act n’est pas voté, le calendrier américain demeure ouvert.
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