Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a qualifié de « sprint final » la dernière ligne droite pour l’adoption du CLARITY Act, exhortant le Congrès à voter le texte avant la trêve estivale. Mais le sénateur républicain Thom Tillis a immédiatement douché les espoirs d’un accord rapide : les clauses éthiques sur la transparence des portefeuilles d’actifs numériques des élus ne sont « pas tout à fait là ». Le blocage menace un calendrier déjà sous tension, le texte accusant un retard de 6 mois sur le planning initial affiché par les leaders du Sénat.
Le CLARITY Act, texte de référence pour doter les États-Unis d’un cadre légal pour les actifs numériques, entre dans une zone de turbulences. Le calendrier législatif se resserre autour du 31 juillet, tandis que les négociations butent sur un volet éthique crucial pour les démocrates. Le soutien explicite du Trésor pèse lourd, mais sans compromis au Sénat, le projet pourrait être repoussé à l’automne, au risque de devenir obsolète. Plus de 200 entreprises crypto, qui avaient formellement exigé un vote avant l’été, pourraient voir l’innovation migrer hors des États-Unis.
Pourquoi l’accord éthique bloque-t-il le texte ?
Le compromis politique bute sur une question simple : comment encadrer les liens financiers entre élus et industrie crypto. Dans le cadre du CLARITY Act, les démocrates exigent que les parlementaires détenant plus de 10 000 dollars d’actifs numériques se récusent des votes réglementaires. Une ligne rouge pour 3 sénateurs républicains, qui y voient un précédent dangereux pour l’exercice de leur mandat.
Après une réunion bipartisane, le sénateur Tillis a reconnu des progrès, mais sans accord finalisé. Ce blocage n’est pas sans rappeler celui qui avait failli faire capoter le vote sur les stablecoins en commission bancaire, où des clauses similaires de transparence financière avaient cristallisé les débats. À deux semaines de la date butoir du 31 juillet, le volet éthique reste le verrou principal, et le temps presse pour débloquer un texte dont les prévisions de succès ne dépassaient pas 50 % en mai dernier.
Quel est le rôle du Trésor dans ce sprint ?
L’intervention musclée de Scott Bessent change la donne politique. Son message est sans ambiguïté : le Trésor considère que le CLARITY Act doit être adopté avant la trêve, qualifiant la phase actuelle de « sprint final ». Cette prise de position publique fait écho à l’urgence exprimée début juin par 200 firmes crypto qui pressaient le Sénat de légiférer sous peine de voir l’innovation migrer définitivement hors des États-Unis.
Bessent, qui avait promis une loi crypto d’ici l’été 2026, utilise désormais le poids de son ministère pour accélérer le calendrier. La pression est maximale sur les sénateurs récalcitrants, alors que la Maison-Blanche a multiplié les réunions avec les forces de l’ordre pour montrer que le texte bénéficie d’un large soutien institutionnel. L’été dernier, Donald Trump avait promis que la crypto ne serait « jamais trahie » : ce sprint parlementaire teste cette promesse.
Quelles conséquences si le texte est repoussé à l’automne ?
Un report au-delà du 31 juillet ferait entrer le CLARITY Act dans une zone dangereuse. Le calendrier du Sénat à l’automne est saturé par les budgets et les nominations, réduisant les fenêtres de vote. Une adoption avant la fin 2026 deviendrait hypothétique, repoussant tout cadre légal à 2027 au minimum. Les prediction markets évaluent désormais ce scénario à 35 % de probabilité.
Les conséquences sont concrètes pour l’écosystème. Sans loi, les plateformes d’échange restent dans une insécurité juridique permanente, et la SEC continue d’agir par enforcement. La promesse du CLARITY Act de clarifier la propriété des cryptos en cas de faillite d’une plateforme est aussi suspendue. Plusieurs acteurs du yield-as-a-service crypto attendent ce cadre pour lancer leurs produits aux États-Unis, tandis que le texte unifié pourrait devenir obsolète si la fenêtre de juillet est manquée.
Lecture CryptoActu Le blocage actuel illustre une tension récurrente : l’industrie exige une clarté réglementaire immédiate, mais le législateur bute sur les garde-fous éthiques. Avec 41 % d’Américains détenteurs de cryptos, la pression des électeurs pourrait forcer un compromis de dernière minute, mais l’histoire récente des textes bipartisans montre que ce type de blocage se résout rarement dans l’urgence.
Questions fréquentes
Pourquoi le CLARITY Act est-il bloqué au Sénat ?
Le blocage porte sur les clauses éthiques exigées par les démocrates. Ils veulent que les parlementaires détenant plus de 10 000 dollars en cryptos se récusent des votes réglementaires. Trois sénateurs républicains refusent cette transparence, estimant qu’elle crée un précédent discriminatoire pour les élus investissant dans les actifs numériques.
Que se passe-t-il si le texte n’est pas voté avant le 31 juillet ?
Le texte serait repoussé à l’automne, où le calendrier du Sénat est déjà saturé. La probabilité d’une adoption avant 2027 chuterait sous les 20 %, selon les analystes. Les 200 entreprises qui ont exigé un cadre légal pourraient accélérer leur migration vers des juridictions plus favorables, comme l’ont déjà fait plusieurs acteurs du yield crypto.
Quel est le poids du Trésor dans ces négociations ?
Le soutien explicite de Scott Bessent est un levier politique majeur. Le secrétaire au Trésor a qualifié cette phase de « sprint final » et mobilisé son ministère pour démontrer l’urgence économique. Cette pression institutionnelle, combinée aux réunions de la Maison-Blanche avec les forces de l’ordre, pourrait forcer un compromis de dernière minute avant la date butoir.
À retenir
Le CLARITY Act vit sa semaine décisive. Le Trésor pousse pour un vote avant le 31 juillet, mais le blocage éthique au Sénat pourrait tout retarder. L’issue dépend désormais du compromis que Thom Tillis et ses collègues parviendront à forger d’ici la trêve parlementaire. Avec 41 % d’Américains détenteurs de cryptos, l’absence de cadre légal devient un risque économique majeur pour les États-Unis.
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