BitFuFu a dépensé l’équivalent de 357 BTC, soit 21 % de ses réserves, en juillet 2026 pour prépayer 330 jours de capacité de calcul future sans en dévoiler les termes financiers exacts, selon un document officiel. La société fait face à une chute de sa production mensuelle, de 125 à 112 BTC, et de son hashrate géré. Ces indicateurs en baisse contrastent avec une stratégie de rentabilité stricte que des acteurs comme BitFuFu martèlent dans un marché où l’arbitrage entre expansion et trésorerie est devenu central.
Quelle est la raison de cette dépense atypique de 357 BTC ?
La somme, l’équivalent de 21 % des réserves au prix de clôture de juillet, finance à l’avance 330 jours de hashrate additionnel. La direction indique acquérir un bloc de capacité de calcul auprès de prestataires externes. Pourtant, le document ne détaille ni le prix au téra-hash par seconde, ni l’apport concret en EH/s de ce nouveau contrat.
Cette stratégie d’« achat à terme de hashrate », où un mineur utilise son capital-plomb Bitcoin pour sécuriser de la puissance qu’il ne possède pas encore, rappelle l’amorce de juin, avec 5,3 EH/s réservés sur 270 jours. Mais en avril, la même entreprise avait rejeté toute croissance qui pèserait sur les marges. Sans comparatif public, la nouvelle commande échappe à tout critère de rentabilité, creusant un flou inhabituel pour une société cotée.
Comment la production minière et le hashrate ont-ils évolué ?
Le recul est net. La production mensuelle est passée de 125 à 112 BTC, la quotidienne de 4,2 à 3,6 BTC. Le hashrate géré a dévissé de 15,3 à 14,2 EH/s. Cette érosion est entièrement imputable aux fournisseurs tiers, dont l’apport a chuté de 11,8 à 10,6 EH/s. La capacité auto-détente par BitFuFu, en revanche, a légèrement progressé (3,5 à 3,6 EH/s).
Le document fixe un objectif de 20 EH/s mi-août, soit +41 % par rapport au niveau de fin juillet. Le marché guette cette échéance, qui avait été envisagée dans les précédents dépôts réglementaires relatifs à l’expansion du minage, et qui conditionne le succès du pari à un an de hashrate prépayé.
L’opacité des termes est-elle un risque pour les investisseurs ?
Le flou est total : pas de prix unitaire, de fournisseur identifié, de coûts électriques, ni de clauses d’annulation. Cette opacité pose deux problèmes concrets. D’abord, la sortie de 357 BTC des réserves ne peut pas être lue comme une vente de marché classique, elle est comptablement une charge prépayée, mais sans qu’on en mesure l’impact sur la trésorerie à moyen terme. Ensuite, aucune comparaison possible avec le seuil de rentabilité que BitFuFu disait appliquer en avril.
La situation est aggravée par la partie des réserves mobilisée en garantie : 44 BTC nantis fin juillet, en légère baisse depuis les 54 BTC de juin, mais sans justification publique. Une situation qui suscite des questions sur la stratégie d’entreprise, alors que d’autres mineurs cherchent à réduire leurs coûts opérationnels énergétiques.
Lecture CryptoActu BitFuFu joue une carte risquée : dépenser du capital Bitcoin déjà rare dans un marché baissier pour sécuriser de la capacité future sans transparence sur le prix. L’opération sera jugée à deux aunes : le retour effectif à 20 EH/s mi-août, puis la publication des termes financiers qui dira si le mineur a préservé ou sacrifié ses marges.
Questions fréquentes
Pourquoi BitFuFu a-t-il vu ses réserves Bitcoin fondre de 357 BTC ?
Ces 357 BTC (21 % des réserves de fin juin) ont servi à prépayer 330 jours de hashrate additionnel via des fournisseurs de minage tiers, selon le dernier dépôt de la société.
La baisse de production et de hashrate est-elle liée à un incident technique ?
Non. La chute de 125 à 112 BTC s’explique exclusivement par l’effritement de la contribution des partenaires externes, passée de 11,8 à 10,6 EH/s.
Quel est le prochain jalon décisif pour BitFuFu ?
La direction maintient l’objectif d’atteindre 20 EH/s au total d’ici mi-août. L’atteinte ou non de ce chiffre déclenchera une réévaluation complète du contrat opaque de juillet.
À retenir
BitFuFu a sacrifié 357 BTC pour de la capacité future sans transparence, tandis que sa production et son hashrate dérivent. Le rendez-vous de la mi-août et une éventuelle publication des termes du contrat restent les deux seuls faits tangibles pour juger de la pertinence de cette décision stratégique.
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