Binance déposera sa demande d’autorisation auprès de la Financial Conduct Authority (FCA) britannique dès le 30 septembre 2026, selon The Telegraph. La fenêtre de candidature s’étend jusqu’au 28 février 2027. Cinq ans après l’interdiction de sa filiale locale, l’exchange tente un retour sur un marché qu’il dessert depuis l’étranger.
La FCA impose 3 dates : ouverture des candidatures le 30 septembre 2026, clôture le 28 février 2027, entrée en vigueur du régime complet le 25 octobre 2027. Le régulateur a approuvé seulement 35 demandes sur 273 reçues entre janvier 2020 et mai 2022, soit 12,8 %. Binance doit convaincre malgré un historique d’interdiction et un plaidoyer de culpabilité de 4,3 milliards de dollars aux États-Unis.
Quel calendrier la FCA impose-t-elle aux plateformes crypto ?
Les candidatures ouvrent le 30 septembre 2026, se clôturent le 28 février 2027, et le régime complet entre en vigueur le 25 octobre 2027. Les anciens enregistrements anti-blanchiment ne seront pas convertis automatiquement. Chaque plateforme doit repartir de zéro sous le Financial Services and Markets Act 2000. Cette approche contraste avec le régime MiCA européen, que des juridictions comme la Grèce appliquent déjà strictement aux demandes de Binance.
La sélectivité du régulateur est connue. Entre janvier 2020 et mai 2022, la FCA a reçu 273 demandes d’enregistrement crypto. Elle en a approuvé 35, tandis que 139 entreprises se sont retirées avant toute décision. Ce taux d’approbation de 12,8 % illustre la difficulté. En comparaison, l’Espagne ne prévoit aucune prolongation pour les plateformes sans licence MiCA, ce qui confirme la pression réglementaire croissante sur les exchanges en Europe.
Pourquoi l’interdiction de 2021 pèse-t-elle encore sur Binance ?
Le 25 juin 2021, l’avis de supervision de la FCA était sans ambiguïté : « la société n’est pas en mesure d’être supervisée efficacement ». Binance Markets Limited a rendu ses autorisations britanniques en mai 2023. Depuis, aucune entité Binance n’est autorisée en Grande-Bretagne.
La présence s’est encore réduite en octobre 2023. La FCA a restreint Rebuildingsociety.com, partenaire publicitaire de Binance. L’exchange a cessé d’accepter de nouveaux utilisateurs britanniques le 16 octobre 2023 à 17h. Un contentieux de 200 millions de dollars lié au trading à effet de levier reste pendant devant les tribunaux britanniques, un dossier qui rappelle celui des investisseurs britanniques réclamant 150 millions de livres à Binance et Changpeng Zhao pour produits dérivés.
Quelles conditions Binance doit-elle remplir pour être autorisée ?
Les candidats doivent établir une présence au Royaume-Uni. Une succursale britannique peut déposer la demande, mais cette voie déclenche une évaluation de l’ensemble du groupe. Toute l’activité internationale de Binance passerait sous les règles anglaises. La création d’un conseil d’administration britannique est attendue. Cette exigence de substance locale évoque la stratégie d’autres acteurs, comme Circle qui a décroché une licence fiduciaire à New York pour renforcer la crédibilité de son stablecoin USDC.
| Condition à remplir | Détail | Échéance |
|---|---|---|
| Présence locale | Succursale britannique obligatoire | Dépôt avant février 2027 |
| Conseil d’administration | Membres basés au Royaume-Uni | Avant autorisation |
| Conformité AML | Historique 2021-2023 à purger | Continu |
| Étendue du contrôle | Tout le groupe Binance examiné | Permanente |
Le dossier de conformité reste le point sensible. Washington a établi un précédent en novembre 2023 : Binance a plaidé coupable pour violations anti-blanchiment et sanctions, payant plus de 4,3 milliards de dollars. Changpeng Zhao a purgé quatre mois de prison en 2024 avant de recevoir une grâce présidentielle en octobre 2025. Des allégations récentes sur des réseaux iraniens sanctionnés compliquent la défense. Binance les nie et poursuit le Wall Street Journal en diffamation. Parallèlement, la société continue d’explorer de nouveaux marchés, comme en témoigne sa tentative d’obtenir une licence CFTC pour lancer des marchés prédictifs aux États-Unis.
Lecture du rédacteur Le retour de Binance au Royaume-Uni constitue un test grandeur nature du nouveau régime FCA. Si l’ancien banni obtient la licence, le régulateur enverra un signal d’ouverture contrôlée. Un refus renforcerait au contraire la thèse d’un accès britannique quasi impossible pour les plateformes à historique chargé.
À retenir
Binance ne pourra pas servir de clients britanniques avant le feu vert de la FCA, attendu au plus tôt en octobre 2027. Le marché reste conséquent : 8 % des adultes britanniques détenaient de la crypto en 2025, contre 12 % en 2024. Si l’exchange franchit cette porte, tous les concurrents mesureront le véritable coût d’entrée d’une licence FCA. D’autres acteurs surveillent, comme Revolut qui a obtenu une licence crypto à Dubaï pour diversifier ses juridictions.
Questions fréquentes
La FCA peut-elle refuser la candidature de Binance en 2026 ?
Oui. La FCA a approuvé seulement 35 des 273 demandes reçues entre 2020 et 2022, soit 12,8 %. L’interdiction de 2021 et le plaidoyer de culpabilité de 2023 aux États-Unis constituent des antécédents que le régulateur britannique examinera attentivement avant toute décision.
Que devient Binance au Royaume-Uni en attendant une décision ?
Binance n’accepte plus de nouveaux utilisateurs britanniques depuis le 16 octobre 2023. Les comptes existants conservent l’accès au trading, mais aucune entité du groupe n’est autorisée par la FCA depuis mai 2023. Le retour complet dépendra de l’obtention de la nouvelle licence.
Pourquoi l’enjeu dépasse-t-il le marché britannique pour Binance ?
Le Royaume-Uni est un marché crypto majeur en Europe, malgré un repli de 12 % à 8 % d’adultes détenteurs entre 2024 et 2025. Une licence FCA renforcerait la crédibilité de Binance face aux régulateurs internationaux et créerait un précédent pour d’autres plateformes visant le marché britannique.
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