La Hellenic Capital Market Commission (HCMC) s’apprête à rejeter la demande de licence MiCA de Binance en Grèce, selon des informations de Reuters datées du 16 juin 2026. Sans cet agrément, le premier exchange mondial par volumes perdrait le droit de servir ses clients européens à partir du 1er juillet 2026, date de fin de la période transitoire dans l’Union européenne.
Pourquoi la Grèce est-elle devenue un point de blocage ?
Dans l’architecture réglementaire du règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets, règlement 2023/1114), un prestataire de services sur crypto-actifs obtient un passeport européen unique via une seule autorité nationale compétente. Binance avait choisi la Grèce comme État membre d’attache pour déposer sa demande de statut CASP (Crypto-Asset Service Provider).
Ce mécanisme de passeportage - identique à celui utilisé par les banques et fintechs sous MiFID II - permet d’opérer dans les 27 pays de l’UE depuis un seul agrément. C’est précisément ce verrou que la HCMC s’apprête à actionner. La Commission hellénique indique ne pouvoir s’exprimer publiquement en raison des règles de confidentialité applicables aux procédures d’agrément en cours.
Binance n’est pas seule à avoir emprunté cette voie. Plusieurs acteurs ont déjà obtenu leur passeport MiCA : Keyrock a décroché sa licence MiCA pour l’UE, tandis que Coinbase Luxembourg, Bitpanda, Bybit EU et OKX Europe opèrent désormais sous agrément complet depuis décembre 2024.
Quelle est la position officielle de Binance ?
L’exchange maintient une position ferme. Ses équipes affirment avoir conduit 18 mois de dialogue “constructif” avec les régulateurs, avoir soumis un dossier complet auprès de la HCMC, et être convaincues de satisfaire aux exigences MiCA. Selon des informations rapportées par PANews, Binance indique même avoir appris de la part des autorités grecques que son dossier avait été examiné et jugé conforme avant d’être transmis à l’ESMA pour évaluation.
Ce point crée une divergence notable : d’un côté Reuters rapporte un rejet imminent, de l’autre Binance affirme ne pas avoir reçu d’opposition formelle de la HCMC. La société s’est engagée à communiquer aux utilisateurs européens les prochaines étapes et solutions alternatives avant le 30 juin 2026.
| Acteur | Statut MiCA | Couverture UE |
|---|---|---|
| Coinbase Luxembourg | Agréé CASP | 27 États membres |
| Bybit EU | Agréé CASP | 27 États membres |
| Bitpanda | Agréé CASP | 27 États membres |
| Binance | Demande en attente (Grèce) | Incertain post-1er juillet |
| OKX Europe | Agréé CASP | 27 États membres |
Quelles conséquences concrètes pour les utilisateurs européens ?
Le scénario d’un rejet définitif obligerait Binance à cesser toute activité commerciale auprès de clients domiciliés dans l’UE à compter du 1er juillet 2026. Cela concerne les résidents français, allemands, italiens et l’ensemble des 27 pays membres.
L’exchange a historiquement fait l’objet de tensions réglementaires significatives. En France, Binance opère via une structure enregistrée (Binance France, ex-PSAN) dont la situation sous le nouveau cadre CASP reste à préciser au vu de l’évolution du dossier grec. Pour comprendre les implications pratiques de ce statut Binance pour les utilisateurs français, la période transitoire PSAN vers CASP s’étend jusqu’au 1er juillet 2026 - soit exactement la même échéance.
Si la sanction est confirmée, les utilisateurs européens devraient migrer vers des plateformes agréées. Ce type de blocage réglementaire n’est pas inédit : en 2022-2023, Binance avait déjà subi des restrictions similaires aux Pays-Bas et en Allemagne avant de régulariser sa situation. L’exchange avait alors renforcé ses partenariats dans le secteur, notamment en renforçant son engagement dans les hardware wallets avec Ngrave pour crédibiliser son positionnement grand public.
L’enjeu financier est considérable : l’Europe représente une part substantielle du volume traité par Binance, dans un contexte où la plateforme a déjà traversé des épisodes de retraits bloqués qui avaient ébranlé la confiance des utilisateurs.
Lecture CryptoActu Le refus grec illustre la limite du mécanisme de passeportage MiCA pour les exchanges de grande taille. Quand une seule autorité nationale peut bloquer l’accès au marché unique, le choix de l’État d’attache devient stratégique - et risqué. Les concurrents directs de Binance, déjà agréés, ont 2 semaines pour capter une clientèle européenne en attente de visibilité.
À retenir
La HCMC grecque s’apprête à rejeter la licence MiCA de Binance, ce qui priverait l’exchange de l’accès au marché européen dès le 1er juillet 2026. Binance conteste cette lecture et promet une mise à jour avant fin juin. Les utilisateurs européens doivent surveiller les annonces de la plateforme dans les prochains jours. Après le bras de fer judiciaire de Grayscale contre la SEC aux États-Unis, c’est en Europe que se joue désormais la prochaine bataille réglementaire majeure du secteur.
Sources
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HACKS & SÉCURITÉPamStealer vole mots de passe, keychains et wallets crypto
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HACKS & SÉCURITÉStep Finance : un hack de 21,4 M$ blanchis via Tornado Cash