La Banque d’Angleterre (BoE) vient de publier son cadre réglementaire final pour les stablecoins, assouplissant plusieurs propositions de sa consultation de l’an dernier. Les émetteurs devront conserver 30 % de leurs réserves auprès de la banque centrale, et les premiers jetons régulés au Royaume-Uni sont attendus pour 2027, selon plusieurs éléments concordants.

L’institution a abandonné son projet de plafonnement individuel des avoirs en stablecoins. À la place, elle propose une limite d’émission totale par jeton, fixée dans un premier temps à 40 milliards de livres sterling. La BoE a également légèrement assoupli les exigences concernant les actifs de réserves, ouvrant la voie à un cadre plus pragmatique pour les émetteurs.

Stablecoins UK : réserves et plafond d'émission La Banque d'Angleterre impose 30 % de réserves obligatoires à la banque centrale et un plafond d'émission de 40 milliards de livres sterling par stablecoin systémique, avec une finalisation attendue fin 2026. Règles finales BoE — Stablecoins systémiques 30 % + 40 Md£ Réserves à la BoE · Plafond par émetteur Cadre finalisé d'ici fin 2026 — premiers jetons régulés en 2027 Source : Bank of England, final policy framework for systemic stablecoins

Pourquoi la Banque d’Angleterre assouplit-elle ses exigences ?

La décision de la BoE reflète une volonté d’équilibre entre stabilité financière et innovation. Le superviseur avait initialement envisagé un plafonnement individuel des avoirs en stablecoins, une mesure jugée trop restrictive par les acteurs du marché lors de la consultation. Le remplacement par une limite d’émission totale de 40 milliards de livres par jeton constitue un signal d’ouverture.

Cette approche rappelle les travaux menés par d’autres banques centrales. En mai 2026, la Fed américaine plaidait déjà pour des règles technologiquement neutres applicables à tous les jetons de paiement, y compris les stablecoins. Le compromis britannique consiste à verrouiller une partie de la liquidité tout en laissant aux émetteurs une marge de manœuvre sur la composition du reste des réserves.

Les actifs de réserves adossés aux stablecoins, généralement des bons du Trésor et équivalents, bénéficient désormais de critères « légèrement assouplis » selon la BoE. Un choix qui pourrait accélérer l’arrivée d’émetteurs majeurs sur le marché britannique.

Quels changements concrets pour les stablecoins au Royaume-Uni ?

Le nouveau cadre introduit trois modifications substantielles. D’abord, l’obligation de conserver 30 % des réserves directement à la banque centrale : un filet de sécurité pour les détenteurs en cas de ruée sur un stablecoin. Ce ratio dépasse les exigences standards pour la monnaie électronique traditionnelle, mais reste inférieur à ce qui avait été évoqué durant la consultation.

Ensuite, l’abandon du plafond individuel par porteur. La BoE s’était inquiétée d’une concentration excessive de stablecoins chez quelques grands détenteurs. Les retours de l’industrie ont convaincu l’institution de privilégier un contrôle au niveau de l’offre : un plafond de 40 milliards de livres par jeton, seuil qui pourra être révisé à mesure que le marché mûrit.

Enfin, le calendrier : la BoE vise une finalisation des règles d’ici fin 2026, avec les premiers stablecoins régulés opérationnels courant 2027. Ce tempo place le Royaume-Uni dans un alignement relatif avec l’Union européenne, où le règlement MiCA encadre déjà les émetteurs de jetons de monnaie électronique depuis le 30 juin 2024.

Quel impact pour les émetteurs comme Circle ou Tether ?

Pour les grands émetteurs, l’assouplissement est réel mais pas inconditionnel. Circle, qui opère l’USDC et réclame régulièrement des règles strictes pour les stablecoins, pourrait trouver dans ce cadre britannique un terrain d’expansion. Cependant, l’exigence de 30 % de réserves à la BoE représente un coût d’opportunité : ces fonds ne génèrent pas de rendement.

Tether, leader du marché avec des bénéfices records : 1,04 milliard de dollars au T1 2026 selon nos informations : , devra également arbitrer entre conformité et rentabilité. Le modèle économique des stablecoins repose largement sur les intérêts générés par les réserves, et toute immobilisation réglementaire pèse mécaniquement sur les marges.

L’enjeu dépasse les frontières britanniques. Si ce cadre s’avère fonctionnel, il pourrait servir de modèle à d’autres juridictions. Plusieurs banques centrales, de l’Uruguay à la Malaisie, observent ces développements avant de finaliser leurs propres régimes.

Lecture CryptoActu Le cadre final de la BoE illustre la maturation réglementaire des stablecoins : des exigences de réserves strictes, mais calibrées pour ne pas étouffer l’innovation. Le Royaume-Uni se positionne comme une place de choix pour les émetteurs cherchant un ancrage dans une économie majeure du G7, sans les contraintes post-Brexit.

À retenir

La Banque d’Angleterre finalise son régime pour les stablecoins avec un double garde-fou : 30 % de réserves obligatoires et un plafond d’émission de 40 milliards de livres. Ce compromis, plus pragmatique que les propositions initiales, vise à accueillir les premiers jetons régulés dès 2027. Les émetteurs internationaux vont maintenant devoir chiffrer précisément l’impact de cette immobilisation de capitaux sur leur rentabilité : un calcul déterminant pour l’adoption de ce nouveau cadre.

Signal Haussier
Impact Modéré
Nous ajouter à vos sources préférées sur Google