La Banque d’Angleterre s’apprête à assouplir ses projets de réglementation sur les stablecoins, selon nos informations. L’institution a cédé à la pression du secteur crypto, qui jugeait les règles initiales trop contraignantes pour permettre un développement viable de ces actifs au Royaume-Uni.
Au programme
- La Bank of England revoit à la baisse ses exigences prévues pour les émetteurs de stablecoins, sous pression directe de l’industrie
- Ce recul intervient alors que Londres cherche à se positionner comme place forte de la finance numérique post-Brexit
- Pour la France et l’UE, le cadre MiCA reste la référence, avec des exigences de réserves et d’agrément déjà en vigueur depuis juin 2024
Pourquoi la Bank of England recule-t-elle sur les stablecoins ?
Les projets initiaux de la Banque d’Angleterre prévoyaient des exigences jugées très strictes par les acteurs du secteur : obligations de réserves renforcées, contraintes de rachat et encadrement de l’émission. L’industrie crypto britannique avait alerté que ces règles, dans leur version d’origine, risquaient de rendre non compétitifs les stablecoins émis depuis le Royaume-Uni face aux émetteurs américains ou européens.
Les éléments à notre disposition indiquent que la banque centrale ajuste désormais sa copie. Le détail des modifications n’a pas encore été rendu public, mais la direction est claire : moins de contraintes, plus de flexibilité pour les émetteurs.
« La Banque d’Angleterre s’apprête à assouplir sa réglementation sur les stablecoins sous la pression du secteur. » : synthèse cryptoactu, mai 2026
Ce mouvement n’est pas isolé. Aux États-Unis, le GENIUS Act avance au Congrès pour encadrer les stablecoins de paiement, tandis que l’Union européenne applique déjà MiCA depuis juin 2024, avec des obligations précises sur les réserves et l’agrément des émetteurs.
Quel contexte pour le marché des stablecoins en 2026 ?
Le marché des stablecoins a franchi les 230 milliards de dollars de capitalisation totale au printemps 2026, dominé par l’USDT de Tether et l’USDC de Circle. Le Royaume-Uni, qui cherche à attirer des émetteurs depuis le Brexit, ne dispose pour l’instant d’aucun stablecoin de droit britannique pesant plus de quelques dizaines de millions de dollars.
La pression exercée sur la Bank of England reflète une tendance mondiale : les régulateurs qui adoptent des cadres trop restrictifs voient les entreprises s’établir ailleurs. Singapour, les Émirats arabes unis et l’UE attirent davantage d’émetteurs que des juridictions perçues comme hostiles.
La domination de l’USDT reste forte, même si l’USDC gagne du terrain sur certains réseaux. Un assouplissement britannique pourrait encourager l’émergence d’un stablecoin libellé en livres sterling, ce qui n’existe pas aujourd’hui à grande échelle.
Quelles implications pour la régulation internationale des stablecoins ?
Ce revirement de la Bank of England illustre la tension permanente entre prudence réglementaire et attractivité économique. Aucun grand régulateur ne souhaite répéter l’expérience de la France ou de l’Allemagne sur les ICO en 2018, où des règles trop floues avaient alimenté des arnaques massives. Mais une réglementation trop lourde déplace simplement l’activité vers des places plus accueillantes.
La surveillance internationale des stablecoins s’intensifie, notamment depuis les alertes du FMI et du Conseil de stabilité financière sur les risques systémiques que représentent les stablecoins non adossés à des réserves vérifiables. La Bank of England devra donc trouver un équilibre entre souplesse et exigences minimales de transparence.
Lecture CryptoActu L’assouplissement britannique confirme une réalité : les régulateurs subissent une pression croissante des lobbies crypto, et certains cèdent. Ce n’est pas nécessairement négatif si cela aboutit à des règles plus claires plutôt qu’absentes. Mais la concurrence réglementaire entre juridictions risque de tirer les exigences vers le bas, précisément là où les risques pour les épargnants sont les plus élevés.
Et pour la France ?
En France, les émetteurs de stablecoins sont soumis à MiCA depuis le 30 juin 2024, avec des obligations de réserves à 100 %, un agrément auprès de l’AMF et des règles de rachat strictes. L’ACPR supervise la conformité prudentielle. Un assouplissement britannique ne modifie pas ce cadre européen, mais pourrait pousser certains émetteurs à privilégier Londres si les règles MiCA s’avèrent plus contraignantes dans la durée. La période transitoire PSAN vers CASP se termine le 1er juillet 2026 pour les acteurs français.
À retenir
La Bank of England recule sur son projet de réglementation stricte des stablecoins, sous pression directe du secteur. Ce revirement illustre la concurrence réglementaire mondiale, à l’heure où les États-Unis et l’UE avancent chacun leur propre cadre. Les prochains mois diront jusqu’où Londres assouplit réellement ses exigences.
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