Hal Finney (1956-2014) est le destinataire de la première transaction bitcoin de l’histoire : 10 BTC envoyés par Satoshi Nakamoto le 12 janvier 2009. Cryptographe reconnu, développeur de PGP, il fut aussi le premier contributeur au code Bitcoin après son créateur. Décédé en 2014 à 58 ans de la maladie de Charcot, il reste la figure morale de l’écosystème, et l’un des éternels suspects de l’affaire Satoshi, un rôle qu’il a toujours démenti.
Au programme
- Développeur de PGP 2.0 dès 1992 aux côtés de Phil Zimmermann, Hal Finney était un pionnier de la cryptographie appliquée bien avant Bitcoin.
- Le 12 janvier 2009, il reçoit les 10 premiers BTC jamais transférés, au lendemain de son tweet fondateur « Running bitcoin » (source : CoinDesk).
- Diagnostiqué de la SLA en 2009 et décédé le 28 août 2014, il est cryogénisé chez Alcor, dont il est devenu le 128e patient.
Un cryptographe engagé bien avant Bitcoin
Harold Thomas Finney II naît le 4 mai 1956 à Coalinga, en Californie. Diplômé en ingénierie du California Institute of Technology (Caltech) en 1979, il débute sa carrière dans le jeu vidéo, où il programme des titres console comme Adventures of Tron ou Astrosmash, avant de se consacrer à sa vraie passion : la cryptographie.
Au début des années 1990, il rejoint Phil Zimmermann sur PGP, le premier logiciel grand public de chiffrement à clé privée et publique. Finney contribue de manière décisive à PGP 2.0, publié en 1992, puis devient l’un des premiers salariés de PGP Corporation, où il travaille jusqu’à sa retraite en 2011.
Membre actif de la liste de diffusion cypherpunks dès sa création, il fait tourner deux des premiers remailers anonymes, des serveurs qui permettent d’envoyer des emails intraçables. Sa conviction tient en une phrase, restée célèbre dans le mouvement.
« L’ordinateur peut être utilisé comme un outil pour libérer et protéger les gens, plutôt que pour les contrôler. » : Hal Finney, liste de diffusion cypherpunks, 1992 (traduit de l’anglais : « The computer can be used as a tool to liberate and protect people, rather than to control them. »)
Pourquoi est-il le premier bitcoiner après Satoshi ?
En 2004, Finney conçoit RPOW (Reusable Proofs of Work), un système de jetons adossés à une preuve de travail réutilisable. Le projet démontre pour la première fois qu’une rareté numérique vérifiable est possible, quatre ans avant Bitcoin, selon le Satoshi Nakamoto Institute qui archive ses travaux.
Quand Satoshi Nakamoto publie son white paper fin 2008, la plupart des cryptographes restent sceptiques. Finney, lui, répond avec enthousiasme sur la liste de diffusion. Le 11 janvier 2009, il télécharge le logiciel et publie sur Twitter deux mots devenus légendaires : « Running bitcoin ».
Le lendemain, 12 janvier 2009, Satoshi lui envoie 10 BTC au bloc 170 de la blockchain : la première transaction bitcoin de l’histoire, homologuée depuis par le Guinness World Records. Finney signale ensuite les premiers bugs, propose des optimisations et devient le premier contributeur au code après Satoshi, comme le rappelle CoinDesk. Une trajectoire fondatrice pour comprendre l’histoire complète du bitcoin.
Hal Finney était-il Satoshi Nakamoto ?
La question poursuit Finney depuis 2011. Elle explose en mars 2014, quand Forbes révèle une coïncidence troublante : Finney a vécu une dizaine d’années à Temple City, en Californie, à quelques rues du domicile de Dorian Satoshi Nakamoto, l’homme identifié à tort par Newsweek comme le créateur de Bitcoin.
Le journaliste Andy Greenberg, qui l’a rencontré, a fait analyser ses écrits et consulté ses échanges d’emails avec Satoshi : il conclut que Finney n’est pas le créateur de Bitcoin. L’intéressé a toujours démenti, montrant notamment la correspondance reçue de Satoshi et l’historique de son portefeuille.
En octobre 2023, le développeur Jameson Lopp apporte l’élément le plus convaincant : le 18 avril 2009, Finney courait une course de 10 miles à Santa Barbara pendant que Satoshi échangeait des emails avec le développeur Mike Hearn. Un message de Satoshi part deux minutes avant que Finney franchisse la ligne d’arrivée, photos et classement officiel à l’appui. Deux personnes distinctes, donc, même si le mystère complet de l’identité de Satoshi reste entier.
Quel héritage pour l’écosystème en 2026 ?
En août 2009, Finney apprend qu’il est atteint de sclérose latérale amyotrophique (SLA), la maladie de Charcot. Progressivement paralysé, il continue pourtant de coder : en 2013, il travaille encore sur bcflick, un logiciel de sécurisation de portefeuilles, en pilotant son ordinateur avec les yeux, comme il le raconte dans son essai « Bitcoin and me » publié sur BitcoinTalk en mars 2013.
Il meurt le 28 août 2014 à Scottsdale, dans l’Arizona, à 58 ans. Conformément à ses volontés, son corps est cryogénisé par la fondation Alcor, dont il devient le 128e patient, une procédure financée en partie par des bitcoins donnés par la communauté, selon Alcor. Sa famille avait vendu une partie de ses BTC, conservés en cold wallet, pour financer ses soins.
Son héritage moral domine toujours l’écosystème. Chaque année en janvier, la communauté célèbre l’anniversaire du tweet « Running bitcoin », et sa veuve Fran Finney organise depuis 2022 le Running Bitcoin Challenge, une course caritative annuelle au profit de la recherche contre la SLA, selon l’ALS Network. Le contraste est saisissant : l’actif confidentiel qu’il fut le premier à recevoir est désormais détenu par des sociétés cotées comme Strategy et adossé à des ETF spot.
Chiffres clés
Quelques repères chiffrés sur la trajectoire de Hal Finney :
- 1956 : naissance le 4 mai à Coalinga, en Californie.
- 1979 : diplôme d’ingénierie du Caltech.
- 1992 : publication de PGP 2.0, co-développé avec Phil Zimmermann.
- 2004 : lancement de RPOW, première preuve de travail réutilisable.
- 2009 : tweet « Running bitcoin » le 11 janvier ; réception des 10 BTC de Satoshi le 12 janvier au bloc 170 ; diagnostic de la SLA en août.
- 2011 : retraite de PGP Corporation.
- 2014 : décès le 28 août à 58 ans ; cryogénisation chez Alcor comme 128e patient.
Questions fréquentes
Hal Finney a-t-il créé le Bitcoin ?
Non, selon toutes les preuves disponibles. Il a démenti jusqu’à sa mort, et l’analyse publiée par Jameson Lopp en 2023 montre que Satoshi envoyait des emails pendant que Finney disputait une course à Santa Barbara en avril 2009. Ses échanges de correspondance avec Satoshi, examinés par Forbes en 2014, confirment deux personnes distinctes.
Combien de bitcoins possédait Hal Finney ?
Le montant exact n’a jamais été rendu public. Finney a miné de nombreux blocs dans les premières semaines du réseau, à une époque où chaque bloc rapportait 50 BTC. Dans son essai de 2013, il explique avoir vendu une partie de ses bitcoins pour financer ses soins et placé le reste en lieu sûr pour ses héritiers.
Pourquoi Hal Finney a-t-il été cryogénisé ?
Convaincu de longue date par le mouvement extropien, Finney avait souscrit un contrat de cryogénisation auprès d’Alcor plus de vingt ans avant sa mort, selon la fondation. Son corps est conservé à -196 °C dans l’espoir que la médecine future puisse traiter la SLA. Il est officiellement le 128e patient d’Alcor depuis le 28 août 2014.
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