La justice argentine a ordonné le gel de 25 portefeuilles crypto liés au scandale LIBRA et exige de 6 exchanges qu’ils révèlent l’identité des détenteurs. Selon le juge fédéral Marcelo Martínez de Giorgi, les fonds proviennent des « Team Libra Wallets » et ont transité par plusieurs blockchains et plateformes centralisées. L’enquête remonte à la promotion du token par le président Javier Milei en février 2025.
Quel est le contexte de l’affaire LIBRA ?
Le token LIBRA a été promu en février 2025 par le président argentin Javier Milei sur X, provoquant une flambée spéculative suivie d’un effondrement brutal. Un scam crypto classique où des initiés auraient liquidé leurs positions alors que les investisseurs particuliers subissaient des pertes massives. L’enquête fédérale argentine s’est intensifiée au cours des derniers mois, mobilisant des experts on-chain.
La police fédérale a retracé les flux depuis les « Team Libra Wallets » vers plusieurs blockchains et exchanges centralisés. Les enquêteurs affirment que les suspects ont délibérément fragmenté les transactions pour compliquer le traçage, une technique classique de blanchiment. Ce phénomène n’est pas isolé : les hardware wallets restent la meilleure protection individuelle contre ce type de manipulations.
Pourquoi 6 exchanges sont-ils directement visés ?
Le juge Martínez de Giorgi exige de Binance, Bybit, OKX, CoinEx, FixedFloat et Bitfinex qu’ils transmettent les dossiers KYC, les historiques d’IP, les comptes bancaires liés et l’intégralité des historiques de transactions. Au moins 10 transactions ont transité par des plateformes appliquant des contrôles d’identité, selon les enquêteurs.
La demande est inédite par son ampleur : elle couvre 25 wallets simultanément et contraint des acteurs majeurs comme Binance à coopérer. Ce type d’injonction rappelle les procédures de l’OFAC contre Tether pour des wallets liés à l’Iran, mais ici le cadre est pénal argentin, pas extraterritorial américain. Les exchanges qui ne coopèrent pas risquent des sanctions sur le sol argentin.
Comment les fonds ont-ils été déplacés ?
Les enquêteurs décrivent un schéma de transferts fragmentés depuis les « Team Libra Wallets » vers plusieurs blockchains, puis vers des exchanges centralisés. La police évoque des transactions délibérément structurées pour échapper à la surveillance, une pratique qui complique le travail des analystes on-chain mais laisse paradoxalement des traces exploitables une fois les KYC activés.
Les plateformes sans KYC comme FixedFloat sont particulièrement scrutées : elles permettent des échanges anonymes, mais dès que les fonds rebasculent vers un exchange régulé, l’identification redevient possible. C’est tout l’enjeu des récents gels de fonds opérés par Circle sur 12,6 M$ d’USDC ou Tether sur des wallets suspects. La coopération des émetteurs de stablecoins avec la justice devient systématique.
Lecture CryptoActu L’affaire LIBRA marque un précédent pour la justice argentine : c’est la première fois qu’un juge fédéral ordonne le gel simultané de 25 wallets sur 6 exchanges différents dans une enquête liée à un token promu par le président en exercice. Le signal envoyé aux plateformes est clair : le simple fait que des fonds transitent par vos services vous rend comptable de l’identification des bénéficiaires.
À retenir
25 wallets LIBRA gelés, 6 exchanges sommés de livrer leurs données KYC : l’enquête argentine franchit un cap répressif inédit sous l’autorité du juge Martínez de Giorgi. La coopération des plateformes déterminera si les instigateurs de ce scandale vieux de 17 mois sont identifiés. Prochaine étape clé : la réponse de Binance et des autres exchanges à l’injonction judiciaire.
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