Le gouverneur de la Banque centrale chinoise (PBoC) veut le faire savoir : le yuan numérique, ça fonctionne ! La preuve, 4 millions de transactions cumulées depuis le début des tests, pour 300 millions de dollars.

L’optimisme s’affiche sur les avancées du yuan numérique

Le gouverneur de la PBoC, Yi Gang, a dévoilé le 2 novembre 2020 à la conférence Hong Kong Fintech Week, suivie par Bloomberg, les dernières données chiffrées relatives à l’utilisation du yuan numérique. La moisson est bonne comparée à la déclaration antérieure du vice-gouverneur Fan Yifei, qui avait évoqué, arrêtés à fin août 2020, 3,3 millions de transactions pour un total cumulé de 1,1 milliard de yuans, soit environ 162 millions de dollars. Là, le rythme s’accélère : 4 millions de transactions pour 2 milliards de yuans, environ 300 millions de dollars (299,07 précisément), auraient été effectuées depuis le lancement du DCEP (Digital Currency Electronic Payment).

En deux mois, le montant cumulé a donc bondi de 82 %, quand le nombre de transactions ne progressait que de 21 % : le signe de paiements unitaires plus élevés.

L’optimisme s’affiche. Et il y a de quoi pour le responsable de la Banque centrale. Selon ses affirmations, le programme-pilote lancé au printemps 2020 dans quatre villes, Shenzhen, Suzhou, Xiong’an et Chengdu, est un succès. De même, l’opération grand public organisée en octobre à Shenzhen, où 50 000 habitants tirés au sort ont reçu 200 RMB numériques chacun. Une loterie qui a permis d’évaluer l’efficacité du système, qui n’a a priori connu aucun raté.

Ces tests grandeur nature promettent d’améliorer les services financiers, y compris dans les régions les plus reculées, notamment en facilitant l’accès au micro-crédit. Le couplet sur la nécessité d’étendre une infrastructure de paiement numérique en temps de pandémie est venu ponctuer l’intervention.

Un yuan numérique en attente d’un cadre juridique

Quoi qu’il en soit des pas de géant accomplis par le DCEP dans sa phase expérimentale, Yi Gang a soutenu que le projet n’en était qu’à ses débuts. Il a réfuté, selon Reuters, toute perspective imminente de lancement face à ses homologues de la BRI (Banque des règlements internationaux) et de la Banque centrale des Pays-Bas. La Banque des banques prenant désormais fait et cause pour les CBDCs (Central Bank Digital Currency) en leur consacrant notamment une cellule dédiée, le Bis Innovation Hub. Et la DNB (De Nederlandsche Bank), qui a surpris son monde en se portant candidate pour tester un euro numérique.

Dans cet environnement de connaisseurs, le gouverneur a fait part de ses préoccupations quant à la protection des données personnelles. Entendons-le à la mode pékinoise, c’est à dire pour reprendre l’expression d’un autre responsable de la PBoC, comment faire pour mettre en place « un anonymat contrôlable ». Apparemment, la question n’est pas vite répondue. La Chine doit encore développer un «cadre juridique assez compliqué et assez complet» particulièrement autour de la transparence, a affirmé sans rire le haut dignitaire.

La suite a donné raison à cette prudence : le yuan numérique reste en phase pilote, sans lancement national officiel. Les volumes, eux, ont changé d’échelle : 16 700 milliards de yuans de transactions cumulées à fin novembre 2025 selon la PBoC, qui a inauguré le 25 septembre 2025 à Shanghai le centre opérationnel international de l’e-CNY, dédié aux usages transfrontaliers.

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