Voilà déjà plusieurs années que le yuan numérique a surgi sur le devant de la scène chinoise. Nombre d’expérimentations ont déjà eu lieu pour tester à grande échelle l’efficience de cette nouvelle infrastructure de paiement. Car, rappelons-le, le RMB numérique (abréviation de « renminbi», l’argent du peuple en mandarin), émanation de la Banque centrale de Chine – la PBoC- ne se réclame pas des CBDC (Central Bank Digital Currency), ou MNBC en français, mais s’affiche comme un DCPE (Digital Currency Electronic Payment).
Pas sûr que la nuance soit d’importance, mais ce qui est sûr en revanche, c’est que la Chine de Xi Jinping a pris une sacrée avance en la matière.
Et qu’elle la maintient en testant tous azimuths son nouveau fleuron monétaire. Ainsi, le nouveau plan pour promouvoir le e-CNY, autre appellation contrôlée de cette version 2.0 du yuan, enclenche une vitesse supplémentaire.
Changshu, ville-laboratoire du yuan numérique pour le paiement des fonctionnaires
A cet effet, Pékin a choisi la ville de Changshu parmi les communes candidates, pour rétribuer les fonctionnaires, ou personnel apparenté, via ce nouveau mode de paiement, comme l’ont annoncé les autorités financières de la ville. Une initiative qui n’est pas inédite, certains employés du secteur public dans d’autres régions perçoivent déjà leur salaire en e-CNY depuis l’année dernière selon le South China Morning Post (SCMP).
Et une continuité pour la commune de plus de 1 million d’habitants qui s’inscrit dans la promotion très active du gouvernement provincial de Jiangsu auquel elle appartient. A titre d’exemple, le yuan numérique y est déjà utilisé comme mode de paiement pour le transport ou les dépenses de logement des employés gouvernementaux. La province prévoit d’étendre d’ici 2025 l’utilisation du RMB numérique aux marchés publics, aux impôts, à l’éducation et aux frais de santé. Une démarche censée le populariser auprès de la population plutôt portée sur les plateformes de paiement numériques telles que WeChat Pay et Alipay.
XuzHou : « La Ceinture et la Route »
Mais le pouvoir central ne limite pas ses ambitions aux frontières du pays. Dans le cadre de son projet pharaonique consistant à revitaliser les anciennes routes de la soie en connectant la Chine au reste du monde par de nouvelles voies maritimes et terrestres, il veut placer le yuan numérique au coeur de ses échanges commerciaux.
Et pour initier le mouvement, il a jeté son dévolu sur Xuzhou, point de départ de nombreux trains de marchandises vers des pays d’Asie et d’Europe. Avec ses 18 liaisons ferroviaires régulières vers 21 pays, la ville est une base de test idéal pour « ce projet du siècle » selon l’expression du président chinois, baptisé « La Ceinture et la Route». Le e-CNY servira d’abord pour régler les services et les frais de stockage des marchandises, première étape du but ultime qui sera de l’utiliser comme système de paiement dans l’immense territoire dessiné par le chantier titanesque en cours.
En plus de Xuzhou, l’Autorité monétaire de Hong Kong (HKMA) a annoncé selon le SCMP, que la Grande Baie Guangdong-Hong Kong-Macao servirait également de terrain d’essai pour les paiements transfrontaliers en yuan numérique.
De bonne augure pour Pékin au moment où les marchés du commerce international cherchent à se distancer du dollar américain. La Chine a d’ailleurs conclu récemment plusieurs traités commerciaux avec la Russie et l’Inde, leurs partenaires de l’alliance BRICS, reposant sur leurs monnaies nationales respectives.
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