Kalshi a franchi les 5,5 milliards de dollars de volume sur ses nouveaux contrats perpétuels en à peine deux semaines d’existence, selon des informations relayées par Bloomberg. La plateforme américaine, qui propose jusqu’ici des contrats sur événements, vient d’ouvrir un front entièrement nouveau : des produits dérivés adossés à des cryptomonnaies, premiers du genre à bénéficier d’un agrément de la CFTC.
Comment Kalshi a-t-il atteint 5,5 Md$ aussi vite ?
L’accélération s’explique par deux catalyseurs sportifs majeurs. La Coupe du monde 2026 et les finales NBA ont généré, à eux seuls, trois journées consécutives dépassant chacune 1 milliard de dollars de volume quotidien sur la plateforme. Ce pic illustre l’appétit des traders pour les marchés de prédiction à fort levier sur des événements à date fixe, un segment longtemps resté en dehors des produits réglementés aux États-Unis.
Kalshi commercialise pour l’heure 11 contrats perpétuels, tous adossés à des jetons cryptographiques. À la différence d’un contrat à terme classique, le perpétuel n’a pas d’échéance : il reste ouvert tant que le trader maintient sa position, avec un mécanisme de taux de financement périodique. Ce format, popularisé par Binance et BitMEX sur le marché offshore, fait ici son entrée sur une plateforme supervisée par un régulateur fédéral américain, ce qui constitue une première.
Pourquoi la CFTC a-t-elle validé ces produits en premier ?
Kalshi opère depuis 2021 comme exchange de contrats sur événements agréé par la CFTC, la principale autorité américaine sur les produits dérivés. La plateforme a longtemps axé son développement sur des paris binaires : une élection aura-t-elle lieu ? Un indicateur économique dépassera-t-il un seuil donné ? L’extension vers les perpétuels crypto s’inscrit dans cette logique de diversification progressive, validée au fil des échanges réglementaires.
Cette approbation contraste avec le traitement réservé à d’autres acteurs. Polymarket, son principal concurrent sur les marchés de prédiction décentralisés, a cherché à s’enregistrer auprès de la CFTC sans aboutir à ce stade. L’avantage compétitif de Kalshi repose précisément sur cette légitimité institutionnelle, qui lui ouvre l’accès à une clientèle d’investisseurs professionnels et de fonds réticents à traiter sur des plateformes non réglementées.
« La société discute avec les régulateurs de l’ajout de nouveaux contrats, avec pour objectif à long terme d’étendre les produits à d’autres classes d’actifs. » : Tarek Mansour, cofondateur de Kalshi (traduit de l’anglais)
Vers quels actifs Kalshi veut-il s’étendre ?
Tarek Mansour, cofondateur de la plateforme, a précisé que les discussions avec les régulateurs portent sur une extension à d’autres classes d’actifs, au-delà des 11 perpétuels crypto actuels. Aucune date ni catégorie n’a été confirmée, mais le mouvement logique pointerait vers les matières premières, les taux d’intérêt ou les indices actions, segments naturels pour un exchange dérivés sous supervision CFTC.
Ce positionnement rappelle l’ambition de plateformes comme EDX Markets, portée par des acteurs de Wall Street pour capter les flux institutionnels sur les actifs numériques. La différence : Kalshi cible une clientèle plus large, y compris retail, grâce à ses interfaces simplifiées et ses marchés événementiels accessibles. L’essor des marchés de prédiction en 2026 témoigne d’une demande structurelle que les plateformes traditionnelles n’avaient pas su satisfaire.
L’enjeu réglementaire reste central. Toute extension vers de nouveaux actifs nécessitera un dialogue approfondi avec la CFTC, et potentiellement la SEC si les produits envisagés croisent la définition de valeur mobilière. Le précédent des perpétuels crypto montre que le régulateur peut valider des produits innovants, à condition que le cadre opérationnel soit solide. Les investisseurs suivant la fiscalité de leurs positions sur dérivés devront par ailleurs veiller aux implications de ces nouveaux contrats, notamment si la plateforme ouvre à des résidents européens.
Le dynamisme autour de la Coupe du monde illustre aussi un phénomène plus large : les événements sportifs majeurs deviennent des accélérateurs de liquidité pour les marchés de prédiction, au même titre que les élections ou les annonces des banques centrales. Kraken et Chainlink ont d’ailleurs misé sur le même vecteur pour développer leur activité grand public cet été.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un contrat perpétuel sur une plateforme réglementée ?
Un contrat perpétuel est un dérivé sans date d’expiration : le trader maintient sa position ouverte indéfiniment, moyennant un taux de financement périodique. Kalshi est la première plateforme américaine agréée par la CFTC à proposer ce type de produit sur des cryptomonnaies.
Kalshi est-il accessible aux investisseurs européens ?
Kalshi opère sous agrément américain (CFTC). L’accès depuis l’Union européenne dépend du statut réglementaire local de la plateforme. Sous le cadre MiCA en vigueur depuis fin 2024, un agrément CASP européen serait nécessaire pour commercialiser ces produits dans l’UE. Aucune annonce en ce sens n’a été faite.
En quoi Kalshi se distingue-t-il de Polymarket ?
Kalshi opère sous supervision directe de la CFTC et cible aussi bien les traders institutionnels que le grand public. Polymarket repose sur une infrastructure décentralisée (blockchain Polygon) sans agrément fédéral américain. Pour une comparaison approfondie des marchés de prédiction décentralisés, les différences de risque et de liquidité sont significatives.
À retenir
En deux semaines, Kalshi a imposé ses contrats perpétuels crypto comme un produit liquide sur le marché réglementé américain, avec 5,5 Md$ de volume. L’extension à d’autres classes d’actifs, si elle se confirme, pourrait repositionner la plateforme comme un concurrent direct des grandes bourses dérivées traditionnelles. Le calendrier dépendra des discussions en cours avec la CFTC.
Sources
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