En France, toute cession de cryptomonnaie contre de la monnaie fiduciaire (ou contre un bien ou service) déclenche une imposition sur la plus-value réalisée. Depuis le 1er janvier 2026, le taux du prélèvement forfaitaire unique (PFU) s’établit à 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux après la hausse CSG/CRDS via la LFSS 2026), selon la DGFiP. Le calcul repose sur la méthode du Prix Moyen Pondéré (PMP), codifiée à l’article 150 VH bis du CGI.

Au programme

  • Le PFU passe à 31,4 % au 1er janvier 2026 : 12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux (DGFiP)
  • La méthode PMP s’applique à chaque cession imposable contre euro ou bien, pas aux échanges crypto-to-crypto
  • Staking, airdrops et yield DeFi obéissent à des régimes distincts (BNC voire BIC) et ne se déclarent pas sur le formulaire 2086

Quels événements sont imposables en France ?

Depuis la loi de finances 2019, codifiée à l’article 150 VH bis CGI, seules les cessions contre de la monnaie fiduciaire ou contre un bien ou service sont imposables. Les échanges crypto-to-crypto (vendre du Bitcoin pour acheter de l’Ether, par exemple) restent exonérés d’imposition en France, contrairement aux États-Unis ou à l’Australie où chaque swap constitue un fait générateur.

Les événements qui déclenchent une imposition en 2026 :

  • Vente de crypto contre euros (ou autre monnaie fiat)
  • Paiement d’un bien ou service en crypto
  • Conversion vers un stablecoin adossé à un euro (EURC, EURT, etc.)

Les événements qui n’en déclenchent pas :

  • Swap BTC/ETH, ETH/SOL ou tout autre échange entre cryptomonnaies
  • Transfert d’un wallet vers un autre que vous contrôlez
  • Réception de staking rewards (imposés différemment, voir plus bas)

Si vous êtes actif depuis 2018 ou avant, notez qu’avant 2019 les échanges crypto-to-crypto étaient imposables. Un avocat fiscaliste reste conseillé pour régulariser ces historiques anciens.

Comment calculer sa plus-value : la méthode PMP officielle

La DGFiP impose la méthode du Prix Moyen Pondéré (PMP) pour toutes les cessions d’actifs numériques. La formule officielle, issue du BOFiP (BOI-RPPM-PVBMC-10), est la suivante :

Plus-value = Prix de cession - (PMP × quantité vendue)

Le PMP se calcule ainsi :

PMP = Somme des (quantités achetées × prix d’achat) / Somme des quantités achetées

Les frais de transaction (frais de plateforme, gas fees Ethereum) viennent en déduction du prix de cession net. Ils réduisent donc la plus-value imposable.

Calcul PMP : exemple chiffré de plus-value crypto Illustration pas-à-pas du calcul officiel DGFiP : achat initial 2000 euros, portefeuille valorisé 8000 euros, cession de 4000 euros, plus-value nette = 3000 euros après déduction du ratio de coût d'acquisition. Achat initial 2 000 € PMP = 2 000 € ×4 Portefeuille 8 000 € Valeur totale Cession Vente 4 000 € 50 % du portef. Calcul officiel DGFiP 4 000 - (2 000 × 4 000 / 8 000) Plus-value nette : 3 000 € Imposition : 3 000 × 31,4 % = 942 € Source : DGFiP, art. 150 VH bis CGI, 2026

Prenons un exemple concret. Vous avez acheté 2 000 € de Bitcoin. Sa valeur a été multipliée par 4 : votre portefeuille vaut désormais 8 000 €. Vous revendez pour 4 000 € (la moitié). Voici le calcul :

PV = 4 000 - (2 000 × 4 000 / 8 000) = 4 000 - 1 000 = 3 000 €

La plus-value imposable est de 3 000 €, et non 2 000 €. L’erreur fréquente consiste à ne déduire que le capital investi proportionnellement, sans appliquer la formule officielle. Avec le PFU à 31,4 %, l’impôt dû s’élève à 942 € dans cet exemple.

Quels formulaires remplir pour sa déclaration 2026 ?

La déclaration des plus-values crypto mobilise 3 formulaires distincts, selon service-public.fr :

  • Formulaire 2086 : détail de chaque cession imposable (date, prix de vente, PMP, plus ou moins-value)
  • Formulaire 2042 C : report du solde net en ligne 3AN (plus-values) ou 3BN (moins-values)
  • Formulaire 3916-bis : déclaration de chaque compte détenu sur une plateforme étrangère (Binance, Coinbase, Kraken, etc.), 1 formulaire par compte par plateforme

Les moins-values sont imputables sur les plus-values de la même année civile, mais ne se reportent pas sur les années suivantes. Ce point est souvent méconnu et peut réduire significativement la facture fiscale si vous avez subi des pertes en cours d’année.

Attention aux sanctions : 750 € par compte non déclaré (1 500 € si le solde dépasse 50 000 €), selon le BOFiP. La DGFiP a accès aux données transmises par les plateformes européennes sous le régime DAC8 depuis 2026.

Pour les stratégies de trading avancées et leur impact fiscal, l’accumulation de nombreuses transactions peut rendre la déclaration manuelle très complexe.

Comment sont imposés le staking, les airdrops et la DeFi ?

Ces revenus ne relèvent pas du régime des plus-values (article 150 VH bis CGI) mais de catégories distinctes, souvent moins connues des investisseurs crypto.

Staking rewards : les récompenses de staking sont qualifiées de bénéfices non commerciaux (BNC) par la DGFiP. Elles sont imposées au moment de leur réception, à leur valeur en euros ce jour-là, via le formulaire 2042-C-Pro. Le taux applicable est celui du barème progressif IR ou, sur option, le PFU. La base de calcul de la plus-value future prend comme prix d’acquisition cette valeur déclarée.

Airdrops : même traitement BNC, valeur au jour de réception. Si la valeur est nulle ou incertaine (token non coté), la DGFiP admet une déclaration à 0 € sous réserve de bonne foi documentée.

Mining : revenus BIC (bénéfices industriels et commerciaux) si l’activité est régulière et organisée. Un mineur occasionnel peut basculer en BNC.

DeFi (yield farming, liquidité Uniswap, Curve, Aave) : la zone reste grise en 2026. L’ADAN recommande de déclarer ces revenus en BNC pour se placer sous le régime de la bonne foi. Aucune instruction fiscale spécifique n’a encore été publiée sur les positions de liquidité (LP tokens).

Lecture CryptoActu La multiplicité des régimes (BNC, BIC, PFU) est le principal piège fiscal de 2026. Un investisseur qui déclare ses rewards de staking en plus-value sur le formulaire 2086 commet une erreur de catégorie que la DGFiP peut requalifier. À l’inverse, déclarer une plus-value de cession en BNC allonge inutilement la procédure. Deux minutes de vérification sur le site de la DGFiP suffisent pour éviter ces confusions.

Quels outils pour automatiser le calcul en 2026 ?

Calculer manuellement le PMP sur des dizaines ou des centaines de transactions est fastidieux et source d’erreurs. Plusieurs outils de gestion fiscale crypto permettent d’automatiser ce travail.

Les principales solutions disponibles en France :

  • Waltio : solution française avec agrément AMF, connecteurs API vers les principales plateformes, génère les formulaires 2086 et 3916-bis pré-remplis
  • Koinly : solution internationale, reconnue par de nombreux cabinets comptables, supporte plus de 700 plateformes
  • Bitsave : solution française orientée particuliers, interface en français, prix accessible
  • CoinTracking : solution allemande avec historique depuis 2013, export compatible DGFiP

Ces outils importent automatiquement vos historiques via API ou CSV, calculent le PMP à chaque transaction et produisent un rapport annuel directement exploitable pour la déclaration. Leur coût (entre 30 € et 150 € par an selon les cas) est déductible des frais si vous êtes déclarant professionnel.

Si vous utilisez un hardware wallet Ledger ou Trezor, vérifiez que l’outil choisi supporte l’import depuis les explorateurs on-chain (Etherscan, Blockchain.info) pour les transactions hors plateforme.

Questions fréquentes

Dois-je déclarer mes cryptos si je n’ai pas vendu contre euros en 2025 ?

Non. Si vous avez uniquement conservé vos actifs (HODL) ou réalisé des échanges crypto-to-crypto, aucune plus-value imposable n’est à déclarer pour l’année fiscale 2025. Seules les cessions contre de la monnaie fiat ou contre un bien ou service déclenchent l’imposition selon l’article 150 VH bis CGI.

Quel est le taux d’imposition des plus-values crypto en 2026 ?

Le PFU s’établit à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG/CRDS) après la hausse prévue par la LFSS 2026. Une option pour le barème progressif de l’IR reste possible si elle est plus avantageuse, notamment pour les foyers faiblement imposés.

Comment éviter les erreurs sur le formulaire 2086 ?

Renseignez chaque cession ligne par ligne avec la date, le montant brut en euros, le PMP calculé selon la méthode officielle et les frais déduits. Un outil comme Waltio ou Koinly génère ce formulaire automatiquement. Gardez tous vos relevés de plateformes : la DGFiP peut demander les justificatifs en cas de contrôle. Consultez notre guide complet sur la déclaration des comptes crypto à l’étranger pour le formulaire 3916-bis.

Les échanges crypto-to-crypto sont-ils imposables en France ?

Non. Depuis la loi de finances 2019, les échanges entre cryptomonnaies (BTC contre ETH, par exemple) ne constituent pas un fait générateur d’imposition en France. C’est une différence majeure avec le régime américain ou australien, où chaque swap est un événement taxable. Seule la sortie vers de la monnaie fiduciaire ou un bien déclenche le calcul de plus-value.

À retenir

Le calcul des plus-values crypto en 2026 repose sur la méthode PMP officialisée par le BOFiP, un PFU de 31,4 % et 3 formulaires distincts (2086, 2042 C, 3916-bis). Staking et DeFi obéissent à des régimes séparés (BNC). À surveiller : la mise à jour de la doctrine DGFiP sur les positions LP et le déploiement de DAC8 pour les échanges européens.

Sources