Le minage de Bitcoin a franchi un cap énergétique en 2025 : l’hydroélectricité est devenue la première source d’énergie du réseau, dépassant le gaz naturel, selon les données préliminaires du Cambridge Centre for Alternative Finance (CCAF). La consommation électrique annualisée atteint environ 190 TWh fin 2025, en hausse de 38 % par rapport à juin 2024, tandis que la part des énergies bas carbone grimpe à 59,4 %.
Cette évolution intervient alors que la difficulté de minage Bitcoin a atteint un record à 145 T en 2026, poussant les mineurs à optimiser leurs coûts énergétiques.
Au programme
- Le mix électrique du minage Bitcoin passe de 52,4 % à 59,4 % de bas carbone en 18 mois, avec l’hydroélectricité comme source principale selon le CCAF.
- Les émissions absolues augmentent de 20 % malgré cette transition, atteignant 48 millions de tonnes d’équivalent CO₂ par an.
- La flexibilité du minage séduit les gestionnaires de réseau : des projets de valorisation énergétique émergent en France, en Norvège et au Salvador.
Les données du CCAF, présentées par le chercheur Alexander Neumueller lors d’un forum sur l’énergie, montrent une transformation rapide du mix électrique du minage. La part bas carbone est passée de 52,4 % à 59,4 % en 18 mois, effaçant l’image d’une industrie dépendante aux énergies fossiles. Le gaz naturel recule au deuxième rang pour la première fois depuis le début des mesures, tandis que la difficulté de minage continue sa progression.
Comment l’hydroélectricité a-t-elle dépassé le gaz naturel ?
L’hydroélectricité représente désormais la source unique la plus importante du mix de minage, détrônant le gaz naturel. Cette bascule s’explique par trois facteurs convergents. D’abord, la migration des mineurs chinois vers des régions riches en barrages après l’interdiction de 2021 continue de produire ses effets : le hashrate du Bitcoin avait alors plongé avant de se redéployer vers l’Amérique du Nord et l’Asie centrale hydraulique. Ensuite, plusieurs juridictions comme le Salvador misent sur l’énergie des volcans et les barrages pour attirer les capitaux miniers. Enfin, Tether a investi dans Volcano Energy pour développer des fermes alimentées par des sources renouvelables locales.
Quel impact sur les émissions de gaz à effet de serre ?
La progression du bas carbone ne suffit pas à contenir les émissions absolues. Le CCAF estime que les rejets annuels de gaz à effet de serre du minage ont augmenté de 20 %, passant d’environ 40 millions de tonnes d’équivalent CO₂ à 48 millions, en lien direct avec la hausse de la consommation totale. La puissance de calcul déployée continue sa course, et le coût de production dépasse désormais 76 000 $ par bitcoin, ce qui exerce une pression constante sur les marges. Cette réalité met en lumière un paradoxe que le minage clandestin et ses détournements électriques illustrent crûment : la quête d’électricité bon marché reste le moteur premier.
Notre lecture La domination de l’hydroélectricité constitue un levier de communication majeur pour l’industrie, mais elle masque une réalité physique : même renouvelable, une consommation de 190 TWh par an équivaut à celle d’un pays comme la Pologne. Le débat ne porte plus sur la couleur de l’électricité, mais sur l’opportunité d’allouer une telle capacité à la sécurisation d’un registre décentralisé.
Cette tension se retrouve en Europe, où la Suède a envisagé d’interdire le minage pour des raisons écologiques, illustrant la fracture entre les juridictions pro-minage et celles qui privilégient d’autres usages du réseau.
Les mineurs peuvent-ils stabiliser les réseaux électriques ?
L’argument de la flexibilité gagne du terrain chez les opérateurs. Le minage peut absorber les surplus de production hydraulique en période de crue et s’effacer lors des pics de demande. En Norvège, un magnat de l’énergie s’est engagé dans Bitcoin pour valoriser l’électricité excédentaire des fjords. En France, des mineurs valorisent l’énergie perdue issue de sites industriels ou de data centers, transformant un déchet thermique en puissance de calcul. Les transactions en attente sont au plus bas depuis trois mois, signe que la capacité du réseau absorbe efficacement la demande.
Aux États-Unis, la reconversion de sites miniers vers l’intelligence artificielle illustre cette dualité. Helios a achevé sa mue avec 133 MW pour CoreWeave, abandonnant le minage Bitcoin au profit de charges de calcul plus rémunératrices. Le coût de production dépassant 76 000 $ accélère ces arbitrages économiques.
À retenir
Le minage Bitcoin consomme 190 TWh par an, dont 59,4 % provenant de sources bas carbone. L’hydroélectricité a dépassé le gaz naturel comme première source, mais les émissions absolues continuent d’augmenter. La prochaine étape réglementaire pourrait venir de la finance traditionnelle : alors que Bitcoin et Ether sont désormais négociés à la bourse de Paris, les exigences ESG des investisseurs institutionnels pèseront autant que les données du CCAF. Donald Trump lui-même a évoqué le Bitcoin comme actif stratégique, un signal politique qui pourrait influencer les futures régulations énergétiques du minage.
Questions fréquentes
Pourquoi l’hydroélectricité est-elle devenue la première source d’énergie du minage Bitcoin ?
La migration post-interdiction chinoise de 2021 a redéployé le hashrate vers des régions riches en barrages. La part bas carbone est passée de 52,4 % à 59,4 % en 18 mois, selon les données du CCAF, tandis que le gaz naturel recule au deuxième rang pour la première fois.
Le minage Bitcoin est-il véritablement écologique avec 59,4 % d’énergie bas carbone ?
La progression du mix bas carbone est réelle, mais les émissions absolues augmentent de 20 % (48 millions de tonnes de CO₂). Une consommation annualisée de 190 TWh, même majoritairement renouvelable, équivaut à celle de la Pologne et pose la question de l’allocation des ressources électriques.
Comment les mineurs contribuent-ils à la stabilité des réseaux électriques ?
Les fermes de minage peuvent absorber les surplus de production hydraulique et s’effacer en période de pointe. En France, des mineurs valorisent déjà l’énergie perdue de sites industriels, tandis que la Norvège exploite l’électricité excédentaire de ses fjords via des investissements privés.
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