Il y a des signes qui ne trompent pas, et des conséquences qui semblent inévitables. Un constat qui s’applique tout particulièrement au fameux taux de hashrate du réseau du Bitcoin. Cela suite à ce que l’on peut définir sans trop de risque comme la crise chinoise historique de l’industrie du minage de BTC. Un effondrement qui posait alors une question simple. Où allait migrer cette activité décidément pas comme les autres ? Bienvenue dans la grande migration des mineurs du Bitcoin.
Au programme
- Pourquoi le hashrate du Bitcoin a perdu près de 50 % en quelques semaines en 2021
- Le rôle de l’interdiction chinoise dans le Xinjiang et le Sichuan
- La redistribution géographique du minage vers les États-Unis et le Kazakhstan
- Où en est la puissance de calcul du réseau en 2026
La Chine avait annoncé sa volonté de légiférer de façon plus sévère l’industrie du minage de Bitcoin fortement implantée sur son territoire. Une situation géopolitique qui posait un problème de centralisation évident associé à une relation très compliquée avec le gouvernement chinois. Selon le Cambridge Centre for Alternative Finance, le pays concentrait encore environ 65 % de la puissance de calcul mondiale en 2020. Mais en 2021, la Chine n’était définitivement plus cet eldorado électrique pour la reine des cryptomonnaies.
Un fait devenu réalité suite à de nombreuses coupures de courant à l’encontre de fermes de minage. Et dont l’association presque parfaitement synchronisée avec la chute du cours du Bitcoin laissait perplexe. Avec comme conséquence directe un véritable effondrement du taux de hachage (hashrate) de son réseau. C’est-à-dire la capacité de calcul disponible pour en assurer la sécurité et le bon fonctionnement. Une puissance presque divisée par deux en l’espace d’à peine un mois.
Le hashrate du Bitcoin s’effondre
Un effondrement qui a certainement débuté par la décision de certains mineurs de débrancher leurs machines suite à l’importante baisse du prix du Bitcoin. Mais qui a fortement accéléré suite à la décision de la Chine d’interdire cette activité dans les régions du Xinjiang et du Sichuan. Deux zones qui pesaient lourd dans cette capacité de calcul, alimentées respectivement par le charbon et l’hydroélectricité saisonnière.

Une baisse historique qui résultait donc à n’en pas douter de l’addition de ces deux facteurs. Le minage repose sur le mécanisme de preuve de travail, où des machines spécialisées rivalisent pour valider les blocs. Quand près de la moitié de ces machines se débranchent simultanément, c’est toute la sécurité de la blockchain qui semble exposée. Le réseau a tenu, mais l’évènement reste l’un des plus marquants de la courte histoire du Bitcoin.
La grande migration vers de nouveaux territoires
Cette crise a poussé les mineurs chinois à exporter leur activité vers d’autres territoires plus favorables. Les destinations privilégiées furent le Kazakhstan, la Russie et surtout les États-Unis. Selon les données du Cambridge Centre for Alternative Finance, les États-Unis sont devenus dès la fin 2021 le premier pôle mondial du minage, avec environ 35 % de la puissance de calcul.
Le Kazakhstan a un temps absorbé près de 18 % du hashrate, séduit par une électricité bon marché issue du charbon. Mais des coupures et un durcissement réglementaire ont depuis rebattu les cartes. Cette redistribution a profondément redessiné la géographie de cette industrie liée au Bitcoin. La concentration chinoise, longtemps perçue comme un risque systémique, a laissé place à une répartition plus diffuse entre plusieurs juridictions.
Un réseau qui a tout effacé
L’effondrement de 2021 n’aura été qu’une parenthèse. Le hashrate a retrouvé son niveau d’avant-crise dès la fin 2021, atteignant un nouveau record en décembre de cette année-là. Le mécanisme d’ajustement de la difficulté de minage y a contribué. Quand la puissance chute, l’extraction devient mécaniquement plus rentable pour les mineurs restants, ce qui les incite à rester ou à étendre leurs parcs.
Depuis, la trajectoire n’a fait que monter, ponctuée par le halving de 2024 qui a réduit de moitié la récompense par bloc sans freiner durablement l’expansion. L’industrialisation du secteur, dopée par l’arrivée des ETF Bitcoin au comptant et l’afflux de capitaux institutionnels, a entretenu cette course à la puissance.
Le hashrate du Bitcoin en 2026
En 2026, la situation est sans commune mesure avec celle de 2021. La puissance de calcul du réseau a franchi le seuil symbolique du zettahash par seconde (ZH/s), soit plus de 1 000 EH/s, au premier trimestre. Un niveau record qui illustre la résilience du modèle de proof-of-work face aux chocs.
Les États-Unis dominent toujours le secteur, avec une part estimée autour de 37 % de la puissance mondiale selon Hashrate Index. Fait notable, des données ont mis en évidence un retour discret de l’activité minière en Chine, malgré une interdiction toujours en vigueur. Le pays n’a pas retrouvé sa domination passée, mais l’exode de 2021 n’aura pas tout effacé sur le terrain.
Cette montée en puissance n’est pas sans contrepartie. Une vague de froid hivernale aux États-Unis a forcé fin 2025 et début 2026 la mise hors ligne temporaire de plusieurs centaines d’EH/s, le temps de soulager les réseaux électriques. Un rappel que le hashrate, aussi élevé soit-il, reste tributaire de la disponibilité de l’énergie.
Que retenir de cet épisode
La crise chinoise de 2021 restera comme un cas d’école. Un choc géopolitique brutal, une chute du hashrate proche de 50 %, puis une réorganisation complète de la carte du minage. Loin d’avoir affaibli durablement le Bitcoin, l’évènement a renforcé sa décentralisation géographique. Aucune juridiction ne concentre aujourd’hui une part assez dominante pour reproduire ce que la Chine a tenté.
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Sources
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